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Vendredi, 2 novembre 2001

L'Islamisme contemporain : définition et genèse du " totalitarisme vert "

Source : Quaderni Geopolitici, Milan

Utilisé de plus en plus fréquemment dans le langage courant, le terme islamisme est chargé d'une forte ambiguïté et est sujet à maintes confusions. Tout d'abord, dans la langue française, l'islamisme désignait, jusqu'au début du vingtième siècle, l'islam en tant que civilisation et croyance, de même que le christianisme, le boudhisme, l'hindouisme désignent toujours les systèmes chrétiens boudhistes, hindouistes, etc, sans que le isme n'implique les mouvances radicales ou extrémistes de ces religions. En langue arabe, également, islamisme, qui se traduit par islamiyya, n'a pas forcément une connotation fondamentaliste ou violente, et désigne à la fois l'islamisme et ce qui est islamique en général. Ce sont donc les orientalistes français, principalement le maghrébinologue Bruno Etienne, auteur de L'Islamisme radical, qui ont instauré une dichotomie entre les termes islam et islamisme puis progressivement assimilé la notion d'islamisme à celle d'islam radical, extrême, ou même violent, que d'autres préfèrent nommer islam politique.

Aussi le concept d'islamisme ne doit-il pas être confondu avec la notion toute chrétienne d'intégrisme. En effet, l'intégrisme désigne une mouvance du catholicisme qui revendique le retour à la Tradition et condamne la progression des idées modernes à l'intérieur de l'Eglise. Cette notion apparaît donc impropre pour désigner l'islamisme qui est avant tout une réalité politique, ou plutôt théocratique, puisque qu'il ambitionne de régler tous les problèmes sociaux et politiques par l'application de la loi islamique, la Charià, de même qu'il conditionne toute pratique de l'islam à la construction d'un Etat islamique, seul légitime et garant de l'islamité des dirigés, ou en tout cas à l'application de la Charià. A la différence des intégristes juifs, protestants ou catholiques es religieux, qui développent des revendications confessionnelles, rituelles et sociales, les Islamistes ont l'obligation morale et théologique d'islamiser avant tout le pouvoir politique et la société, garantie de l'islamité du Fidèle, et ceci y compris, à terme, dans les pays « impies » où ils sont amenés à vivre (l'islam classique décrète d'ailleurs partout et en tout lieu « ce qui est licite et ce qui est illicite », exhorte le Coran). L'islamisme est donc une réalité totale, totalitaire, à la fois théocratique, prosélyte, universaliste, conquérante et violente, la conversion de l'humanité passant par la persuasion, à travers l'impératif de la dawaà (« l'appel », « la prédication »), pacifique, comme par la force, le jihad sur le sentier de Dieu (Jihad fi sabill'allah), c'est-à-dire l'effort de guerre contre les « ennemis de l'Islam, lorsque cela est nécessaire (défense) ou possible.

De l'orthodoxie historique et canonique des Islamistes
Théocratique par essence parce que reliant obligatoirement le spirituel et le temporel, le fondamentalisme est à cet égard la fidèle expression de l'islam orthodoxe lui-même, que l'islamologue anglo-saxon Montgomery Watt définissait comme une religion politique. Autre référence majeure dans le domaine de l'islamologie, Bernard Lewis confirme : « l'islam est [non] pas une religion au sens restrictif où l'entend l'Occident, explique l'islamologue américain Bernard Lewis, mais une communauté, une allégeance et un mode de vie (…) l'islam est politique ou n'est rien (...). Dans l'Islam, la religion n'est pas, comme dans le Christianisme, un secteur ou une province de la vie, réglementant certains domaines, tandis que d'autres échappent à son emprise ; la religion islamique intéresse la vie toute entière — exerçant une juridiction non point limitée mais globale » . Dans la société islamique idéale, telle que définie par les Islamistes comme par ceux que l'on nomme les fondamentalistes, qui se prétendent les gardiens de l'orthodoxie, l'idée même d'une séparation de la religion et de l'Etat est dénuée de sens. Le pouvoir politique et le pouvoir religieux ne peuvent faire qu'un. Les Islamistes n'ont d'ailleurs de cesse de rappeler que la religion (dîn), l'Etat (dawla) et la Société (dounya), sont une seule et même chose, cette fusion étant elle-même l'essence profonde de l'islam qui signifie soumission à la Loi de Dieu et dont le dogme premier est l'unité (tawhid), de Dieu comme du monde et de la société. Tawhid est d'ailleurs l'un des noms les plus couramment choisis par les groupes se réclamant de l'islam radical.
Dès lors, le dilemme fondamental de tout débat sur l'islam et l'islamisme, souvent esquivé, d'ailleurs, se pose de la manière suivante : loin d'inventer un « islam politique », extrême, supposé « non conforme », d'après les critères et une lecture « européo-centrés » et « modernes » de la religion, ou d'après certains Musulmans modernistes, les Islamistes les plus radicaux comme les fondamentalistes puisent leurs sources dans le même patrimoine islamique « orthodoxe ». Ils se réfèrent en fin de compte à une scolastique, à un même corpus doctrinal - théologique et jurisprudentiel - hautement porteurs de légitimité. Ce bagage idéologico-religieux commun leur confère la certitude absolue d'être les « vrais Fidèles ». Elle les conforte et les légitime théologiquement et juridiquement dans leur entreprise visant à soumettre la planète entière à la Loi islamique, dans leur obstination à réduire par tous les moyens les « mauvais musulmans » et les régimes politiques musulmans occidentalisés et sécularisés, puis les sociétés « impies », au moyen de la violence du Jihad, légitimée hélas non pas uniquement par les fanatiques du GIA et Oussama Bin Laden, mais surtout par la Tradition, la Loi islamique (Charià) et la scolastique musulmane elles-mêmes. Mais les origines profondes du fascisme islamiste résident dans les fondements mêmes de l'orthodoxie islamique, enseignée dans les grandes Universités musulmanes du monde entier et demeuré immuable depuis le XIème siècle, le Coran et les Hadiths, sources de la Charià, proclamant explicitement la guerre sainte. Car le jihad constitue l'un des moyens d'expansion naturels l'islam, Mahomet ayant lui même participé à près de 80 combats et prélevé les butins de guerre sur les Infidèles. Dans le Coran, le combat armé est appelé le « Sentier d'Allah » et les Moujahidines tombés sont comparés à des « martyrs de la Foi » (IX, 52 ; LVIII, 19). Le Coran regorge de sourates appelant à la guerre contre les Juifs et les Chrétiens insoumis ou les Polythéistes : « Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu, au jour dernier, qui ne considèrent pas comme illicite ce que Dieu et son prophète ont déclaré illicite, ainsi que ceux qui, parmi les gens des Ecritures (Ahl-al Kitab) ne pratiquent pas la religion de la vérité, jusqu'à ce qu'ils paient, humiliés, et de leurs propres mains, le tribut » (9, 29) ; « Le combat vous est prescrit et cependant vous l'avez en aversion... » (2, 216) ; « ...Lorsque tu portes un coup, ce n'est pas toi qui le portes, mais Dieu qui éprouve ainsi les Croyants par une belle épreuve... » (8, 17) ; « Combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de luttes doctrinales et qu'il n'y ait pas d'autre religion que celle de Dieu. S'ils cessent Dieu le verra » (8, 39) ; « Lorsque les mois sacrés seront expirés, tuez les infidèles partout où vous les trouverez. Faites-les prisonniers ! Assiégez-les ! Placez-leur des embuscades ! ... » (9, 5) ; « O Croyants ! Combattez les infidèles qui sont près de vous. Qu'ils trouvent en vous de la rudesse !... ». (9, 123) ; ou encore : « Lors donc que vous rencontrerez ceux qui mécroient, alors frappez aux cols. Puis quand vous avez dominé, alors serrez le garrot » (47, 4). Ainsi, les grands penseurs musulmans orthodoxes et commentateurs des Hadiths, (« dits et faits de Mahomet): El-Bokhari, El-Ghazali (1058-1111), Nawawi, Ibn Taimiyya, Malik, ont théorisé, « la guerre sainte (ou « effort) sur le sentier d'Allah » (jihad fi sabill'illah) et ont réglementé les modalités d'extermination des « Infidèles » : « La loi défend de tuer, dans la guerre contre les Infidèles : des mineurs, des aliénés, des femmes et des hermaphrodites (…) mais on peut tuer légalement : les moines [non reclus], des mercenaires que les Infidèles ont pris dans leur service, des vieillards, et des personnes faibles, etc ... , écrit Nawawi. L'assassinat de sept moines cisterciens de la Trappe de Tibhirine le 21 mai 1996 par un commando du GIA repose donc sur un fondement juridico-théologique légal…
Aussi, la « conformité scolastique », « orthodoxe » et classique, indéniable de l'islamisme constitue-t-elle face à l'« orthodoxie » islamiste, le principal point de vulnérabilité doctrinale et intellectuelle des Musulmans « modérés », « réformistes », lesquels peinent à trouver dans les textes sacrés (Coran, Hadith) et dans les écoles juridiques légales et reconnues (quatre écoles juridiques) les justifications théologiques et jurisprudentielles de leur volonté, bien réelle, de faire concilier leur religion avec les principes démocratiques et laïques modernes et de réduire la légitimité de ceux qui justifient la violence et l'intolérance islamiques. Particulièrement courageux et cohérent, le Grand Mufti de Marseille, l'imam Souheib Bencheikh, explique sans détour l'origine scolastique de la violence islamo-terroriste et déplore le fait que les sources légales canoniques et juridiques, jusqu'à présent jamais dénoncées, du jihad et de la terreur islamiste, demeurent enseignées dans les grandes universités et instances officielles de l'Islam mondial, un Islam « orthodoxe » et officiel qui n'a jamais connu de réformes ou de Vatican II et qui demeure inhérent à la mentalité bédouine du IXème siècle. Certes l'Islam n'est pas l'islamisme, et les Musulmans en sont les premières victimes : «les hommes du GIA (...) agissent de manière très canonique, c'est pourquoi on les voit aussi bien en train de prier que de violer (…), la femme fait partie du butin de guerre dans cette même logique canonique (...). Je dénonce l'hypocrisie des théologiens musulmans qui, certes, dénoncent ces pratiques et tueries, mais ne mettent pas en cause la théologie qui les sous-tend, affirmer Bencheikh. Ils doivent saisir l'occasion pour désacraliser le droit musulman, notamment sur certains points qui offrent un prétexte à ces barbares qui habillent leurs actions criminelles par une certaine canonisation ». C'est en effet parce que le jihad est chargé d'une considérable légitimité islamique que tous les Islamistes contemporains (Mawdoudi, El-Banna, Qotb, Kichk, Farag, Oussama Bin Laden, etc.) en ont fait leur leitmotiv central.
C'est que, pour les Musulmans réfractaires à l'islamisme et à ses sources orthodoxes fondamentalistes, toute la difficulté réside dans la tentative de « réformer » l'islam, opérer une adaptation ou un « aggiornamento » sans être discrédités par les tenants de l'orthodoxie et sans être accusés de développer une conception « occidentale », « laïque » - reproches suprêmes en terre d'islam post-coloniale - voire même dans l'Islam d'Europe, encore marqué et en partie fruit de cette douloureuse époque coloniale. C'est en fait pour combattre les tendances « modernisatrices », laïcisantes, pour mettre fin à un processus en cours de sécularisation du monde islamique, notamment ottoman, au contact de l'Occident, que les mouvements islamistes contemporains sont apparus, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, avec pour leitmotiv de combattre l'occidentalisation et la sécularisation, au motif que celles-ci risquaient de détruire l'islam en séparant le Temporel du Spirituel. Cette puissante dynamique à la fois idéologique et identitaire visant à délégitimer et discréditer durablement tout ce qui rappelle la civilisation, les moeurs, les lois, les idéologies et valeurs fondamentales chères à l'ancien colonisateur et ennemi « infidèle » conduira, par un effet d'entraînement quasiment inévitable à discréditer, dans son mouvement vindicatif, toute velléité de sécularisation de l'islam et jusqu'à l'idée même d'aggiornamento de la « religion parfaite ».

Les origines de l'islamisme contemporain : le rejet total de la sécularisation et des valeurs occidentales
Apparu - certains disent réapparus - vers la fin du XIXe siècle, en réaction à la politique de sécularisation entreprise à partir de 1839 par les derniers souverains ottomans, de plus en plus inféodés aux puissances occidentales, l'islamisme contemporain est avant tout une réaction radicale survenue au sein du monde islamique contre la Modernité politique et sociale, non seulement en tant que telle, mais en tant qu'importée de « l'Occident hégémonique » et rival, issu d'un monde autant hostile qu'« impie ». A l'époque de l'Empire ottoman, les Islamistes (que l'on nommait alors les Panislamistes), reprochaient au Sultan de remettre en question l'essence même de l'Islam : la soumission de la société politique aux lois coraniques. Principales cibles des Panislamistes, les « Tanzimat » désignaient l'ensemble des réformes qui, depuis la charte de Gulhane de 1839 et sous le Sultanat de Mahmoud II, avaient modifié les lois de la Sublime Porte en introduisant la sécularisation du pouvoir en terre musulmane. Elles accordaient aux Juifs et aux Chrétiens l'égalité des droits politiques et juridiques et elles désolidarisaient définitivement le système juridico-politique de la référence coranique. « Contre les réformateurs, écrit Albert Hourani, se dressaient les conservateurs religieux. Ceux-ci souhaitaient préserver la base traditionnelle de l'Etat ottoman conforme à la volonté de Dieu et unique garante de la stabilité » . Le panislamisme du XIXe siècle est par conséquent l'ancêtre direct de l'islamisme actuel. « Dès le début, écrit Bernard Lewis, il y eut deux sortes de panislamisme — un panislamisme officiel, promu par des gouvernements islamiques ; et un autre de tendance radicale, révolutionnaire comme celui de Jamâl El-Dîn El-Afghani (…) la période entre les deux guerres a vu surgir diverses formes d'extrémismes panislamiques » .
La chute définitive de l'Empire ottoman et l'abolition consécutive du Califat par Atatürk en 1924, seront le point de départ d'une nouvelle orientation du mouvement panislamiste, presque entièrement fondée sur la diabolisation de tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à la civilisation occidentale. Aussi l'idéologie nationaliste et laïciste et les idéaux progressistes dont s'inspiraient Atatürk et les Kémalistes, à la suite des jeunes Turcs, furent considérés par les panislamistes héritiers d'Afghani ou Abdoù, comme de simples avatars du « colonialisme occidental » et des « idéologies impies ». Mustapha Kémal sera d'ailleurs toujours accusé par les religieux et les islamo-fondamantalistes d'être un « agent du sionisme et de la maçonnerie européenne », complot qui aurait expliqué, selon eux, la décision de supprimer le Califat, événement traumatique dans la symbolique et l'imaginaire musulmans, ainsi que le remplacement de l'alphabet arabe par l'alphabet latin, puis l'interdiction non seulement du voile islamique et du keffieh dans les lieux publics, mais également de toute référence, sur le plan politique, à l'islam. Aujourd'hui encore, la fracture demeure considérable, entre les partisans de la sécularisation et ceux qui pensent qu'elle n'est que la manifestation du néo-colonialisme et de l'impérialisme des Occidentaux et l'intériorisation d'un « habitus occidental », pour paraphraser Bourdieu.
Héritier des « réformateurs salafistes » Jamal Ed-Din El-Afghani et de Mohamed Abdoù, l'Egyptien Rachid Rida, rédacteur en chef de la revue : Al-Manar, (« le Phare ») créée par Abdoù, poursuivra et développera les théories « salafistes » de ses deux prédécesseurs dans un sens de plus en plus radical et anti-occidental. Fasciné par la figure ultra-rigoriste et conquérante d'Ibn Saoud, précurseur de la monarchie saoudienne et du courant fondamentaliste sunnite hanbalite dit « wahhabite » (voir infra), Rida insufflera un vent fondamentaliste et exclusivement sunnite au mouvement initié par Al-Afghani. Il deviendra progressivement l'avocat du Wahhabisme, en grande partie par réaction anti-européenne et pour dénoncer toute forme de laïcisation de l'Islam, qu'il considérait, contrairement à El-Afghani, comme une occidentalisation de facto et une atteinte profonde à l'islam. Ainsi, c'est dans le sillage de Rida, qu'apparaît quelques années après la mort de ce dernier, l'un des tous premiers et des plus grands mouvements islamistes modernes, connu sous le nom d'« Association des Frères-musulmans » (« El-Ikhwàn El-Muslimûn »). L'organisation des Frères est fondée en Egypte en 1928 par un disciple de Rachid Rida, Hassan El-Banna, professeur de religion la fois influencée par le Wahhabisme saoudien, le soufisme et le panislamisme « réformiste » d'Abdou et de surtout de Rachid Rida. Les cinq commandements des Frères et de la plupart des mouvements qu'ils vont générer sont les suivants : « Dieu est notre but ; le Prophète est notre modèle ; le Coran est notre loi ; le Jihad est notre vie, le martyre est notre voeu ». Comme les premiers panislamistes de l'Empire ottoman, El-Banna s'oppose violemment aux régimes politiques musulmans de son époque qui, sous l'influence ou la domination de l'Occident, ont tendance à se séculariser. Le fondateur, dit le « Guide suprême », envoie des missionnaires prêcher un peu partout en Egypte et ce n'est qu'en 1936, à la suite du traité anglo-égyptien signé cette même année, que les Frères amorcent leur action politique en soutenant tout d'abord la cause palestinienne, allant pour cela jusqu'à entretenir des liens étroits avec les puissances de l'Axe, et qu'ils parviennent à essaimer dans d'autres pays. En 1947, ils rejettent violemment la solution de partage de la Palestine adoptée par l'ONU et entament des préparatifs pour déclencher un jihad armé contre « les Anglais et les Juifs ». C'est à ce moment que le jeune Yasser Arafat , aujourd'hui réputé à tort « laïque », s'engage auprès des Frères musulmans égyptiens. La confrérie est organisée de façon pyramidale : Guide assisté par un conseil consultatif (Majliss choura) et dispose de structures sociales, caritatives, universitaires, et même d'une branche armée. Ils infiltrent le tissu social égyptien dans toutes les régions, investissent tous les secteurs socio-professionnels, et créent même une section féminine pour les Soeurs musulmanes. Le 28 décembre 1948, lorsque les Frères comptent plus d'un million d'adhérents, l'organisation d'Al Banna fait assassiner le Premier Ministre Nuqrachi Pacha. En 1949, elle est dissoute et son leader, Hassan Al-Banna, devenu trop puissant et dérangeant, est assassiné par des agents du roi. Mais l'organisation survivra. En 1951, un nouveau Guide suprême est désigné, Hassan al-Houdaïbi. Les Frères demeurent incontournables dans la vie politique égyptienne. C'est ainsi qu'au début, le jeune Gamal Abdel Nasser tentera d'instrumentaliser la confrérie, sans succès, bien que les « Officiers libres » parvinssent à recruter un nombre non négligeable de partisans parmi les Frères. Suivra dès 1954 une longue période de répression impitoyable (1954-1970), mais l'organisation continuera d'exister sous la forme d'une opposition, souvent clandestine en Egypte, mais également au Soudan et dans de nombreux pays musulmans. Elle poursuivra son but d'instaurer des Etats islamiques par les voies électorales, lorsque cela sera possible, mais souvent aussi par le biais de la violence politique : assassinats, actions terroristes.
C'est pendant ces années noires que Sayyed Qotb (1906-1966), l'un des principaux idéologues islamiste moderne issu de l'organisation des Frères, élaborera sa doctrine de la « souveraineté absolue de Dieu » (hakimiyya), qui influencera considérablement l'ayatollah Khomeiny, puis, depuis sa prison, forgera la « théorie de la rupture islamique avec l'ordre établi » (A l'ombre de Dieu), l'équivalent islamiste du Que Faire de Lénine, où l'on devine d'ailleurs également les idées de l'un des pères de l'islamisme sunnite moderne, Mawdoudi, fondateur du Jamaà-i-islami. « Selon Qotb, l'islam est caractérisé par la souveraineté de Dieu seul : un chef d'Etat n'y exerce légitimement son pouvoir qu'autant qu'il met en œuvre la volonté de Dieu, c'est-à-dire les injonctions de la Charià, explique Gilles Képel. (…). Poussée à son terme, la pensée de Qotb aboutit au renversement du pouvoir par la violence » (assassinat de Mahmoud Nakrachi Bacha en 1948, puis de Sadate en 1981, soulèvement des Frères-musulmans en Syrie en 1982, activisme terroriste du FIS algérien, etc). Arrêté en 1954, torturé Qutb sera d'ailleurs exécuté par Nasser en 1966. En 1965, 20 000 Frères sont derrière les barreaux. Mais en 1970, avec l'arrivée d'Anouar al-Sadate, d'ailleurs ancien membre des Frères musulmans lui-même, et surtout à partir de 1979, dans un contexte de guerre froide, les choses changent : le nouveau raïs, qui a besoin de toutes les forces vives et conservatrices contre au nassérisme, proclame une amnistie générale, et Mohamed Ahmed Aboul Nasr devint Guide Suprême du mouvement. Les frères redeviennent devenu un groupe de pression toléré et fort puissant, capable de faire élire nombre de députés sous les étiquettes de partis politiques autorisés (néo-Wafd, parti du travail, parti Libéral, etc). Sadate permet simultanément le retour de nombreux cadres du mouvement réfugiés en Arabie Saoudite et donne les coudées franches à la Confrérie dans les universités avec pour mission principale de contrer l'opposition nationaliste-nassérienne et les marxistes. L'influence des Frères s'étend sur les différentes organisations syndicales et parvient même à se poser en médiateur privilégié, jusqu'à aujourd'hui, entre les extrémistes dissidents qui lui reprochent sa « respectabilisation » et l'Etat « jahilite ». Quelques années plus tard, en 1978, Sadate n'est pas récompensé pour sa magnanimité envers les islamistes, puisque c'est un membre d'une organisation issue des Frères, le Djihad islamique, qui assassine le « nouveau Pharaon », le « prince impie », inspiré non seulement par la théorie de rupture de Qutb mais également par l'un de ses continuateurs : Abdessalam Faraj, auteur d'un célèbre ouvrage, L'Impératif occulté, qui prône le jihad contre le souverain illégitime. De l'assassinat d'Anouar al-Sadate en 1981, à la tuerie de Louxor (58 touristes étrangers assassinés), en novembre 1997, et jusqu'aux spectaculaires attentats anti-américains de septembre 2001, c'est la postérité des Frères musulmans et des « Salafistes » qui sera à l'origine des principaux phénomènes de violences politiques et de terrorisme islamistes : qu'il s'agisse du Jihad islamique, très présent dans les territoires « occupés » et qui parviendra, aux côtés du Hamas, à islamiser l'intifada, du Gamaà islamiyya en Egypte, ou des GIA et autres mouvements salafistes algériens, tel Takfir Wal Hijra, lui-même héritier du mouvement dissident des Frères égyptiens du même nom, les principaux mouvements islamistes sunnites modernes pratiquant la violence terroriste s'inspirent des enseignements de la confrérie créée par Hassan al-Banna, et puisent tous leur idéologie révolutionnaire et « jihadiste » dans les écrits de Sayyid Qutb, de Faraj ou du penseur pakistanais Mawdoudi. Après la mort de Sadate et l'arrivée aux affaires de Moubarak, Frères (branche « canal-historique », officielle) seront tantôt réprimés tantôt courtisés en Egypte, tandis que des missionnaires de la confrérie ainsi qu'une multitude d'organisations issues de scissions au sein du mouvement iront oeuvrer, tantôt légalement (députés islamistes au Parlement en Jordanie, au Koweït, en Algérie, en Turquie), tantôt par la guérilla (Syrie, Algérie) ou la clandestinité (Tunisie) à la réislamisation de la société et du pouvoir. Aussi, dans le monde arabo-sunnite, une très forte proportion des mouvements islamistes sont directement ou indirectement issus des « Frères ».
Parmi les mouvances islamistes issues des Frères qui parvinrent à accéder au pouvoir, ou le cas de la Jordanie, où les Frères musulmans sont largement représentés au Parlement, tout en étant surveillés et cantonnés par le pouvoir en place, le Front National Islamique (FNI) de Hassan al Tourabbi au Soudan sera l'une des plus spectaculaires réussites de l'Organisation. Dirigeant historique des Frères musulmans soudanais, Hassan al Tourabbi est l'un des principaux idéologues musulmans de l'époque récente sur le plan international, aux côtés de Rachid Ghannouci ou l'ayatollah Khomeyni. Eminence grise du régime militaire du général El Bachir, au pouvoir depuis 1989 au Soudan, Al Tourabbi jouissait, jusqu'à sa mise à l'écart en 2000, d'une liberté d'action quasi totale. Dans la plus pure tradition des Frères, ses adeptes avaient progressivement infiltré la plupart des postes clefs et dirigeaient de facto l'Etat par le biais du Comité des Quarante personnalités. Mais la doctrine islamiste du tyrannicide fera également succès dans des pays musulmans non arabes et non sunnite, à commencer par l'Iran chiite, dont la révolution islamiste de Khomeyni ayant provoqué le départ du « Chah in Chah » en 1979 sera en partie le fruit de l'influence des Frères sur le courant révolutionnaire islamiste perse (l'Ayatollah Khomeiny sera membre de la section iranienne des Frères musulmans, le Fedayané Eslam,, implantée dès les années trente). On sait même que l'Ayatollah Khomeyni bénéficiera, entre 1975 et 1978, du concours précieux de Moujahidines palestiniens proches des frères musulmans pour l'organisation d'attentats spectaculaires visant à déstabiliser le pouvoir déjà chancelant du Chah . Déjà, en mars 1951, les contacts entre les Frères musulmans et une partie du clergé chiite proche de l'opposition (Mossadegh) avaient été mis en lumière, lorsque le général Razmara fut assassiné par un terroriste membre de la section iranienne des Frères. L'attentat avait d'ailleurs été salué par l'Ayatollah Kachani, à la fois proche de Fedayané Eslam et de l'opposition au Chah. De plus, l'idéologie tyrannicide de rupture radicale avec le pouvoir politique « injuste » ou « impie » développée par les Frères musulmans et leur multiple postérité, dont Saiyyid Qutb, très prisé par Khomeiny, correspondait à une tradition typiquement chiite de révolte au nom de la légitimité islamique, d'ailleurs souvent contre des souverains sunnites jugés illégitimes. D'une manière générale, et en dépit des divergences, l'islamisme des Frères musulmans comme celui de l'Ayatollah Khomeyni s'inscrivent dans un courant révolutionnaire panislamiste récurrent dans l'histoire de l'Islam et légitimé depuis le processus de décolonisation, par une dynamique de rejet des idéologies occidentales « importées » et anti-islamiques. L'islamisme se situe dans « un courant permanent de l'histoire, remarque Bat Ye' Or, celui qui soutint au cours des siècles le jihad, la conquête de nouveaux territoires et la dhimmitude des indigènes. Le radicalisme islamique se cristallise sous l'impact de tensions politiques et sociales qui rassemble les masses autour de chefs religieux, parés du charisme de la sainteté » . La force du message de l'Ayatollah Khomeyni fut de réhabiliter et de mener à la victoire ce courant islamiste tyrannicide et révolutionnaire au nom des déshérités, en dépit du fait qu'il échoua dans sa volonté de susciter des conversions massives de Sunnites au Chiisme. Reste que Khomeyni demeure un exemple politique pour nombre d'islamistes dans le monde. « L'opposition musulmane, à travers les siècles, s'est exprimée par la théologie aussi naturellement et aussi spontanément que ses équivalents occidentaux le font par l'idéologie politique sociale, écrit Bernard Lewis. En s'attaquant au vieux régime et en formulant son programme, Khomeiny œuvrait selon les traditions historiques et religieuses de l'Islam. L'ayatollah n'est pas un simple agitateur, c'est un homme de savoir, un théologien et un juriste » . En outre, efforçant de transcender les clivages chiites-sunnites, Khomeyni n'avait nullement l'intention de restreindre son message aux Chiites. Il entendait l'adresser au delà de tout clivage sectaire à l'islam toute entière du Maroc à l'Indonésie. C'est pour relancer la dynamique pan-islamique, après l'impasse de la guerre avec l'Irak, que le 14 février 1989, l'ayatollah mit à prix la tête de l'écrivain anglo-indien Salman Rushdie » , créant une vague d'effervescence islamiste sans précédants dans toute l'Europe. Mais en ce qui concerne la généalogie de l'islamisme mondial, il ne faut pas toutefois surestimer la mouvance khomeinyste, dans la mesure où la très grande majorité des organisations islamistes et fondamentalistes opérant en Europe et dans le monde, ainsi que les mouvements précurseurs qui ont permis leur éclosion et leur expansion, sont sunnites, d'ailleurs très souvent liés aux structures des frères musulmans, mais également deux grands pôles islamistes impliqués dans le financement et le soutien au développement de l'islamisme mondial : le pôle indo-pakistanais et le pôle « wahhabite » saoudien, lequel se réclame d'ailleurs lui aussi du « salafisme », l'islam des origines, la manifestation suprême de la proximité et de la convergence de ces deux pôles étant incarnée par les Talibans d'Afghanistan, originaires du Pakistan, appuyés par les services secrets militaires et partis islamistes pakistanais puis par les Wahhabites d'Arabie saoudite, eux mêmes étroitement liés depuis sa création au mouvement des Frères musulmans.

L'Arabie Saoudite ou le premier Etat islamiste
Le wahhabisme est un mouvement fondamentaliste d'inspiration hanbalite (la plus rigoriste des quatre écoles de l'islam sunnite), créé au XVIIIème siècle par Muhammad Ibn'Abd El-Wahhab (1703-1787) qui proclame que l'islam est avant tout un rejet du polythéisme, c'est-à-dire des « faux Dieux », que le Coran nomme « associationnisme » ou chirk. Le chirk peut aussi bien être « un roi, un prophète, un arbre, une tombe » ou même la doctrine de la Trinité. Pour retrouver l'islam des « pieux précurseurs » (El-Salaf El-Salih, d'où le nom souvent donné à cette mouvance), El-Wahhab proposait de remplacer les coutumes barbares et « impies » par l'application intégrale de la charià. Héritier et continuateur de Ibn Hanbal et Taymiyya, Abdel Wahhab renchérira sur la rigueur puritaine de ses maîtres, condamnant sans cesse les « innovations blâmables », du tabac au chapelet arabe en passant par la danse et la musique, et repoussant même tout ce qui est survenu après la Révélation islamique, tout objet non mentionné par le Prophète étant illicite, ce sur quoi se basent aujourd'hui les autorités wahhabites-saoudiennes pour condamner l'utilisation des télévisions satellites.
Fidèles aux enseignements d'Ibn Taymiyya, dont se réclament tout autant les Frères musulmans et les Islamistes indo-pakistanais, les Wahhabites prescrivent donc la stricte application de la charià dans sa version la plus rigoriste et fondamentaliste, y compris en matière pénale (lapidation pour l'adultère, ablation du poignet pour les voleurs, coups de bâtons pour les femmes relevant trop leur foulard, etc). Ils rejettent violemment toute forme de nationalisme (kawmiyya), invention des « Occidentaux athées », qui risque de réveiller le tribalisme (asabiyya) stigmatisé par le Coran et diviser la Oumma islamique, ainsi que la démocratie, autre « innovation occidentale », la seule législation licite étant la charià. Pour eux, du chef, à la fois calife et roi, dépendent l'exécutif et le pouvoir judiciaire, fondés sur la loi islamique. On retrouve d'ailleurs ce type d'organisation dans la plupart des mouvements islamistes modernes. Aussi la charià tient-elle lieu de constitution au royaume saoudien actuel qui repose, depuis sa création, sur une alliance entre les tribus arabes des Saoud et la confrérie islamiste et fondamentaliste des Wahhabites.
Tout remonte en fait au XVIIIème siècle, lorsque Mohammad Ibn Saoud (ou Saoud 1er), contracta une alliance avec Mohammed Ibn' Abdel Wahhab, pour remettre ses compatriotes sur « le chemin de l'islam authentique », celui des « pieux ancêtres » (Salaf), et jeter ainsi les fondements embryonnaires du futur Etat saoudien. Grâce à cette alliance entre les deux hommes et leurs descendants, le wahhabisme régna une première fois sur le centre de la Péninsule arabique, de 1743 à 1818, date à laquelle le célèbre souverain réformateur égyptien Méhemet Ali, « l'Atatürk du XIXème siècle », créateur de l'Egypte moderne, en qui les Wahhabites voyaient un « apostat », n'envoie, à l'instigation des Ottomans, son fils Ibrahim Pacha à la tête de troupes militaires égyptienne envahir la Péninsule et réduire les saoudo-wahhabites. Au début du XXème siècle, le descendant et héritier, de Saoud Ier, Ibn Saoud, décidera de reconquérir l'Arabie, levant une nouvelle armée de combattants wahhabites, les Ikhwan (frères), ainsi qu'ils se nommaient entre eux. Ibn Saoud, allait s'emparer tour à tour du Nejd, du Hedjaz, du Asir et du Hasa, puis créer, en 1932, le Royaume d'Arabie Saoudite. La prise de la Mecque et de Médine fera des Saoudiens les « Gardiens des deux lieux Saints », titre qu'ils conservent jusqu'à nos jours. Le second foyer de l'islamisme moderne était né, et le panislamisme des imams turc-ottomans et indo-pakistanais, opposés aux réformes de l'Empire de la Sublime Porte finissant, n'aura d'égale que le fondamentalisme wahhabite des Saoud, de surcroît bénéficiaire d'un « miracle d'Allah », la manne de l'or noir. En effet, comme l'écrit l'orientaliste libanais Antoine Basbous, Directeur de l'Observatoire des Pays arabes, le wahhabisme, « qui constitue toujours la seule pensée autorisée en Arabie saoudite, s'est renforcé, à la fin du XXème siècle, grâce au maintien de l'alliance entre les descendants de Abdel Wahab et de Ibn Saoud, à l'abondance du pétrodollar, et enfin à l'instauration , au cœur de l'Arabie, d'un clergé structuré en un « Vatican wahhabite » qui dispose de moyens financiers colossaux ». Ce « Vatican du wahhabisme », outre le contrôle hautement stratégique des lieux saints de La Mecque, mettra en place une multitude de structures et d'organisations islamiques internationales, lesquelles, aux termes d'une véritable « wahhabisation » de l'islam sunnite du monde entier, parviendra tout au long du XXème siècle à contrecarrer partout les musulmans « modernistes », à isoler les tendances modernistes de l'islam désireuses d'entreprendre un « aggiornamento », pour insuffler au contraire le rigorisme fondamentaliste wahhabite, également qualifié de « salafiste », du Proche-Orient au Maghreb en passant par l'Asie et l'Afrique.
Comme on le voit, l'Arabie Saoudite moderne constituera à bien des égards l'antithèse de l'expérience kémaliste, même si elle profitera de la chute de l'Empire ottoman. En conséquence, la place qui revient aux Saoudo-wahhabites dans la généalogie de l'islamisme moderne est considérable. Tout d'abord, les Islamistes sunnites contemporains s'abreuvent aux mêmes références doctrinales hanbalites et salafistes que les Wahhabites saoudiens. Ensuite, le Royaume saoudien a très largement financé (grâce aux plus importantes réserves pétrolières du monde et à une production de plus de 8 millions de barils par jour) les mouvements islamistes radicaux et fondamentalistes de par le monde depuis les années 50. Ils les financent même encore, plus ou moins indirectement, malgré la pierre d'achoppement qui a semblé diviser irréductiblement les deux mouvances lors de la guerre du Golfe à propos de la présence des soldats américains en Arabie saoudite. Ensuite, comme l'explique Antoine Sfeir, non seulement le wahhabisme saoudien inspirera nombre de mouvements islamistes sunnites contemporains, mais l'Arabie Saoudite, inquiète de la montée de cet islam radical risquant de lui couper l'herbe sous le pied et de menacer son pouvoir, décidera de contrôler et récupérer cette mouvance. « Grâce aux pétrodollars, elle mettra au point un système sophistiqué qui constitue aujourd'hui un des principaux réseaux économiques de l'islamisme. D'autant plus qu'il ne fallait pas laisser les coudées franches aux Mollah iraniens » . En fait, et bien que le royaume saoudo-wahhabite soit, depuis la guerre du Golfe surtout, la cible constante des organisations islamistes dites radicales et salafistes, le Wahhabisme saoudien originel demeure la référence suprême de ces mouvements, et l'on ne peut nier que le royaume saoudien wahhabite fut non seulement, historiquement, le premier Etat islamiste, mais a été l'un des précurseurs d'une grande partie des mouvements islamistes sunnites actuels, notamment ceux qui se réclament du hanbalisme et du salafisme. Or, il s'avère que l'utilisation du terme salafiste, lequel peut aussi bien désigner les mouvements réformistes que les Islamistes les plus radicaux, actuellement incarnés par le GIA algérien, Oussama Bin Laden ou les néo-wahhabites, est lourde de confusions mentales et sémantiques et mérite par conséquent, préalablement à la poursuite de la description de la nébuleuse islamiste, une mention particulière.
En fait, le salafisme, dans sa forme récente, est un courant islamiste ultra-radical de type nouveau puisqu'il transcende le clivage traditionnel opposant islamistes révolutionnaires et fondamentalistes. Fondamentalement transnational et souvent violent, voire terroriste, le salafisme traverse nombre de pays musulmans, de l'Algérie à l'Afghanistan en passant par l'Egypte, le Yémen et les territoires occupés. La prédication salafiste trouve même un écho en Grande Bretagne ou en Australie. Il inspire les idéologues du FIS et surtout du GIA algériens, les auteurs des massacres de Louxor, les rebelles islamistes du Daguestan et de Tchétchénie, ou encore le « Front International Islamique » de Bin Laden, dont le représentant en Europe est le très médiatisé Omar Bakri Mohammed, leader du mouvement « Al Mouhajiroun », qui a son quartier général à Londres. Plus qu'une organisation structurée, la salafiyya est plutôt une nébuleuse reliant à travers tous les pays du monde, y compris les Etats-Unis, des réseaux et groupes de toute nature, violents ou non, partageant une même foi et « voulant restaurer un islam chimiquement pur des origines » . Défendant un islam pur sans altération ni innovation (bidaà), la salafiyya se considère comme la seule respectueuse du Coran et de la Sunna. En d'autres termes, tout ce qui apparut après les quatre premiers Califes dits « rachidoun » (« bien guidés »), donc tout ce qui est advenu après le VIIIème siècle, est tenue non seulement pour fausse, mais surtout pour blâmable, en tant qu'« innovation » (bidaà), la lettre du Coran et des Hadith étant les seules sources possibles de juridiction. Comme l'ont conceptualisé Ibn Taymiyya, inspirateur lointain des premiers Wahhabites et « salafiste » sunnite par excellence, et Abdel Wahhab, le but est de revenir aux fondements mêmes de l'Islam : le Coran et les Hadith de la Sunna (Tradition) des Pieux Ancêtres (Salafiyyoun), c'est-à-dire revenir à la lettre même du Coran. Comme le wahhabisme saoudien des origines, donc, la salafiyya sur trois piliers : 1/ Tawhid, l'unicité monothéiste absolue ; 2/ la Tazkiyya : purification constante de l'âme par l'adhésion stricte à la loi divine, l'intégrité parfaite ; 3/ l'Ittiba, ou l'adhésion étroite au modèle transmis par les deux seules vraies sources : le Coran et la Sunna. Les Salafistes veulent en fin de compte rétablir le Califat, détruire les nations qui divisent artificiellement la Oumma islamique mondiale, et appliquer partout la Charià, une fois les sociétés du monde entier réislamisées et islamisées, de gré ou de force, à commencer par les sociétés arabo-musulmanes, y compris l'Arabie Saoudite, injustement « occupée » par des Infidèles occidentaux depuis la Guerre du Golfe, celle-ci ayant opéré une cassure plus politique que doctrinale entre les Salafistes ou néo-wahhabites radicaux et leur ancienne mère-patrie saoudienne.
Outre l'Arabie Saoudite dont elle est originaire, la salafiyya demeure religion officielle en Arabie Saoudite, elle est active au Koweït où elle dispose d'une dizaine de députés depuis 1996 ; au Liban, dans tout le Maghreb, en Libye, au Pakistan, à travers l'armée des disciples du Prophète, Sepah-i-Sahaba (SSP). A travers les réseaux du GIA en France, en Belgique ou en Grande-Bretagne, ou via ceux du Front Islamique Tunisien (FIT), qui publie à Londres le bulletin Ar-Raja'a, les « Salafistes » sont présents partout, des Pays-Bas en Russie, en passant par la Bosnie, la Tchétchénie, la Macédoine et même le Kosovo, où, parallèlement aux bases du Pakistan, ils entraînent leurs nouvelles recrues sous couvert d'associations humanitaires (Islamic Relief Organization, Human Concern International, Al Harameïn, IIRO, voir infra). Or, le Pakistan, et avec lui l'Afghanistan, son « prolongement stratégique », aujourd'hui gouverné par des islamistes ultra-obscurantistes issus des écoles fondamentalistes des Déoband du Pakistan (les Taliban), sont deux Etats qui demeurent profondément marqués, le Pakistan dès sa naissance et l'Afghanistan depuis la guerre froide, par la mouvance islamiste radicale et le fondamentalisme musulman. Le triangle Inde-Pakistan-Afghanistan demeure l'une des zones géopolitiques-clés d'incubation mais aussi d'action de la nébuleuse salafiste, voire même d'une « Internationale islamiste » sunnite dont l'organisation d'Oussama Bin Laden, Al Qaïda (La base ; puis le Front Islamique International) semble être le cœur idéologique et opérationnel.

Du courant indo-pakistanais aux Taliban salafistes

Le monde indien fournira aussi son contingent de théoriciens panislamistes et donnera naissance à des mouvements et associations islamistes dont le rayonnement aura des conséquences politiques et sociales considérables dans tout le sous-continent indien, et même en Afrique et dans le monde arabe, puisque c'est Aboulal'a Al-Mawdoudi (1903-1979), l'un des plus importants théoriciens de l'islamisme indien, qui sera la référence suprême de Sayyed Qutb, lui-même figure centrale des Frères musulmans égyptiens. Deux organisations, que l'on peut qualifier d'islamistes, virent le jour à l'intérieur des communautés musulmanes des Indes britanniques, au cours de la première moitié du XXe siècle : le Tabligh et la Jama'at-i-islami. La première d'entre elles, la Société pour la propagation de l'Islam, (Jama'at al Tabligh ou Tabligh), créée en 1927 par Maulana Muhammad Llyas, propose aux Musulmans qui se retrouvent minoritaires dans l'Etat indien « impie » la voie du repli communautaire comme seule solution permettant de rester fidèle à l'islam. La Jamaà Tabligh, ou Société pour la propagation de la foi, propose schématiquement de recréer la cité idéale de Médine par une imitation scrupuleuse des actes quotidiens du Prophète. Grâce à un prosélytisme particulièrement efficace, le Tabligh est peu à peu devenu l'un des tout premiers mouvements de réislamisation dans le monde, très influent dans tout le sous-continent, mais inspirant également l'Union culturelle musulmane du Sénégal, l'association Foi et Pratique en France, ou la confrérie soufie Nourdjou en Turquie. Souvent, le Tabligh est classé non parmi les mouvances islamistes ou fondamentalistes, mais plutôt dans la catégorie-type d'organisations « piétistes », en raison de l'élan missionnaire privé et de l'accent mis par les Tablighis sur la piété et la pratique quotidienne de l'islam. Il n'empêche que l'islam proposé par le Tabligh est un islam ultra-rigoriste et que les valeurs et positions partagées et inculquées par le mouvement sont directement tournées contre celles des sociétés d'accueil « impies », l'objectif numéro un étant d'empêcher par la réislamisation et le repli communautaire toute forme d'intégration des minorités musulmanes. Les événements du 11 septembre 2001 ainsi que les arrestations, en Europe, de « réseaux islamistes dormants » consécutives aux attentats anti-américains, ont permis de mettre en lumière le rôle crucial joué par le Tabligh dans le recrutement et la fanatisation idéologique de futurs terroristes que l'organisation incite à faire des « pélérinages » au Pakistan qui se transforment souvent sur place, à la frontière afghane, en de véritables entraînements au Jihad. Aussi les spécialistes des questions d'intégration et de l'islamisme radical rechignent-ils à établir une frontière étanche entre les mouvements islamistes radicaux et le fondamentalisme piétiste de type tablighi ou propre à certaines confréries soufies fondamentalistes, car, explique l'islamologue François Burgat, « une large majorité des leaders des mouvements islamistes dits « révolutionnaires », en Egypte, au Maghreb ou ailleurs dans le monde arabe, ont eu, avant de passer à l'action politique, a fortiori révolutionnaire, des ambitions seulement piétistes ou sociales, que ce soit le Tabligh ou même le soufisme, toutes mobilisations non révolutionnaires sinon strictement apolitiques » .
Le second mouvement indien de réislamisation, la Jama'at-i-islami, fondée en 1941 par Aboulal'a Al-Mawdoudi, journaliste de langue ourdou ayant appris l'arabe et l'anglais, prend également acte de la disparition de l'Etat islamique en Inde et de la suprématie politico-démographique des Infidèles (Anglais et Hindous), mais il prône l'instauration, dès que possible, de cet Etat islamique idéal, ce qui signifie à terme une partition de l'Union-Indienne. La Jama'at-i-islami s'apparente beaucoup plus à l'Association des Frères-musulmans, dont il s'est inspiré au départ, et qu'il a inspiré en retour, notamment la doctrine de Sayyed Qutb de « rupture avec l'ordre établi » et d'« anathème ». Développement sa conception du monde, fortement manichéenne, divisée entre « vrais musulmans » et « mécréants » (infidèles et « mauvais » musulmans inclus), Al-Mawdoudi explique que tout gouvernement qui n'est pas islamique, c'est-à-dire qui n'applique pas la charià, est « jahilite » (de l'arabe jahiliyya). Concept également très présent chez Ibn Taimiyya et les Wahhabites, la jahiliyya désigne au départ le « temps de la barbarie et de l'ignorance » qui caractérisa la société arabe avant l'islam et contre laquelle le prophète Muhammad s'est révolté. Par extension, tout pouvoir, toute société et tout individu - même musulman - qui n'applique pas strictement la charià, est assimilé à la jahiliyya. Ainsi, pour Maoudoudi comme pour Qutb, l'objectif premier doit être de restaurer un Etat islamique qui appliquera la Charià. Second concept, selon Mawdoudi, la souveraineté (hakimiyya) ne peut être détenue que par Allah, et non pas par le peuple. Aussi le pouvoir n'est-il légitime que s'il légifère et gouverne selon les commandements de Dieu (bima anzala Allah). Le seul Etat possible est donc l'Etat islamique, rassemblant territorialement la population musulmane et appliquant la Charià. Troisième concept-clé de la pensée de Mawdoudi, le takfir. Littéralement « dénonciation » ou « excommunication » de l'incroyant, le vocable takfir (du mot kufr, en arabe, « mécréance » ou « incroyance »), désigne, comme l'ont théorisé El-Ghazali et Ibn Taimiyya, la mise hors la loi de l'« Incroyant » dans ce monde-ci. Ce dernier est donc privé de tous ses droits juridiques, exclu de toute fonction religieuse et sa vie même, ainsi que ses biens, sont perdus. Concernant le « pouvoir infidèle » hindou hérité de la décolonisation anglaise du sous-continent indien, les théories de Mawdoudi influenceront considérablement les séparatistes musulmans exigeant la création d'un Etat pakistanais spécifiquement islamique pour les Musulmans indiens désireux d'échapper à la jahiliyya hindoue et au takfir. Les vœux de Mawdoudi seront d'ailleurs en grande partie exaucés puisque les revendications de la Jama'at-i-islami seront défendues par la Ligue musulmane et déboucheront, en 1947, sur la sécession du Pakistan. Plus récemment, entre le début des années 80 et la fin du XXème siècle, la Jama'at-i-islami gagnera également l'Afghanistan et l'Indonésie et deviendra très rapidement l'une des composantes essentielles de l'islamisme sunnite international.
Aussi, l'évocation de la création du Pakistan à partir des théories et revendications islamistes prônant un Etat séparé pour les Musulmans comme seule solution pour les Musulmans d'échapper au « pouvoir infidèle » et d'être libres, nous permet de rappeler le contexte de la création de cet Etat, premier et même unique Etat du XXème siècle créé ad hoc par et pour les Musulmans, dans le cadre d'un vaste transfert de populations sans précédants et qui a profondément marqué les consciences et l'imaginaires des peuples du sous-Continent indien. Ce jeune Etat jouera, aux côtés et en collaboration avec l'Arabie Saoudite, un rôle de toute première importance dans la configuration de la mouvance islamiste radicale sunnite internationale et dans le soutien logistique et étatique apporté au terrorisme sunnite international.

Du « Paradigme indo-pakistanais » au « syndrome du Kosovo » : leviers et fondements du terrorisme islamiste en Europe
Du point de vue géopolitique, et dans le cadre de l'étude de la généalogie du phénomène islamiste contemporain, plusieurs leçons peuvent être tirées de la partition indo-pakistanaise. Tout d'abord, « le paradigme indo-pakistanais » peut permettre de comprendre la nature du conflit qui oppose une communauté musulmane minoritaire en terre « infidèle » à son entourage et au « pouvoir impie », dès lors qu'elle est encadrée et instrumentalisée par les mouvances islamistes séparatistes ou hégémonique (suivant les rapports démographiques) qui puisent leur force légitimante dans l'Islam classique, lequel a toujours été pensé comme un islam majoritaire et « dominant », l'idée selon laquelle une minorité musulmane s'installe volontairement en terre infidèle étant inimaginable et même rigoureusement interdite dans la scolastique islamique. Le « paradigme indo-pakistanais » peut servir de grille d'analyse aux responsables politiques et aux stratégistes des Etats occidentaux frontaliers du dar-el-Islam ou qui abritent en leur sein une forte minorité musulmane « travaillée » par les courants islamistes et fondamentalistes, réfractaires à toute forme d'intégration et prônant le repli communautaire volontaire. « C'est le caractère double de cette crise [indo-pakistanaise], explique l'islamologue Gilles Képel, qui lui donna à la fois son ampleur et son caractère exceptionnel, — et qui devait lui conférer sa dimension exemplaire, prémonitoire de la situation de l'islam en Occident un [demi]siècle plus tard et des défis qu'il lui faudrait relever dans un environnement, là encore, non-musulman » . Nous avons appelé ce risque de sécessionnisme communautaire - risque qui caractérise la menace idéologique islamiste lorsqu'elle tend à se diffuser dans les communautés immigrées d'Europe issues de l'immigration - le « paradigme indo-pakistanais » ou « syndrome indo-pakistanais ». Le principe de « refus du pouvoir infidèle » explique par ailleurs la plupart des conflits qui opposent Musulmans et « Impies » au Cachemire, au Soudan, en Arménie, en Tchétchénie ou même au Kosovo et en Macédoine, où les populations musulmanes sont devenues majoritaires, le Coran précisant : « N'appelez point à la paix alors que vous avez la supériorité » (XLVII, 3).
En Europe et en territoire non-musulman en général, l'impératif islamique de fuir ou combattre le « pouvoir infidèle » s'exprime de manière différente, « l'orthodoxie » islamique proposant une doctrine géopolitique divisant le monde en différentes zones ennemies : la « demeure de l'Islam » (dar-el-Islam) - l'ensemble des pays où domine l'islam - et la « demeure de la guerre » - (dar-el-Harb), le monde infidèle. Dans le dar-el-Islam, les non-Musulmans sont « tolérés », moyennant le paiement d'un tribut et la soumission à la Charià, s'ils sont adeptes d'une religion abrahamique, juifs ou chrétiens. Quant au dar-el-Harb, il constitue un espace géopolitique et religieux foncièrement hostile, avec lequel seules des relations de guerre peuvent exister. Toutefois, le Coran prévoit une exception : la « demeure de l'Islam » peut contracter une trêve avec la « demeure de la guerre » si cette « trêve », due au principe de nécessité (darura), permet aux Musulmans, contraints de résider dans le dar al harb, d'y prêcher leur doctrine sans exiger en contrepartie le même droit de prédication non-musulmane en terre d'Islam. Mieux : les Islamistes peuvent s'exprimer plus librement en terre occidentale que dans leurs pays d'origine ! Cette situation intermédiaire est nommée « terre de la conciliation » (dar al Sulh ou dar al Ahd) ou « terre de la prédication » (dar al dawaà), en référence à l'impératif de prosélytisme. C'est ainsi qu'en Europe, les Islamistes et les garants de l'islam « orthodoxe », notamment le très médiatique Tariq Ramadan, actuellement leader incontesté de la mouvance des « frères » en Europe (représentée par l'UOIF en France) et petit-fils de Hassan al-Banna, confirment le caractère licite de la présence musulmane en Europe au titre du dar al daàwa. De ce point de vue, l'Occident semble avoir d'ores et déjà intériorisé le principe de supériorité de l'Islam - phénomène que l'islamologue anglo-égyptienne Bat Yé'Or nomme la « dhimmitude » - en acceptant l'accord de dupes en vertu duquel le prosélytisme d'Etats islamistes comme l'Arabie saoudite, à l'origine en 1994, de la mosquée de Rome, plus grande d'Europe), est officiellement consacré par les Etats occidentaux sans qu'une seule chapelle ne puisse être ouverte en contrepartie en Arabie... C'est que dans l'Islam classique, les relations pacifiques avec les territoires non-musulmans sont conditionnées par le respect de ce principe d'unilatéralité. Ceci explique pourquoi la Grande Bretagne ou la Suède, qui accordent une liberté quasi totale aux Islamistes, ont jusqu'à lors été épargnés par les attentats terroristes, à la différence de la France laïque - coupable d'avoir « persécuté » les filles voilées, ou même de l'Amérique, qui a rompu le contrat du dar al-ahd en occupant le territoire interdit (haram) aux Infidèles d'Arabie, qui abrite les Lieux saints de l'islam. Certains rétorquent que l'Arabie saoudite est un allié de l'Amérique et que les GI's l'ont occupé après avoir secouru le Koweït et la Saoudie contre Saddam. C'est oublier que l'Islam doit toujours dominer et que l'allié infidèle doit se soumettre à ce principe, le Coran précisant : « Vous formez la meilleure communauté suscitée parmi les hommes ; vous ordonnez ce qui est convenable, vous interdisez ce qui est blâmable » ( III, 110).
Encore une fois, la geste de Mahomet - qui remercia les Juifs de Médine - qui l'avaient accueilli après son exil de La Mecque païenne, en les passant au fil de l'épée - et l'invocation d'une scolastique musulmane jamais remise en questions, constituent, tant que l'islam n'aura pas connu de « Vatican II », les sources de légitimation premières de la violence islamistes. Magistrale et terrible leçon pour une Amérique qui persiste à soutenir l'Arabie saoudite fondamentaliste et esclavagiste après avoir soutenu Bin Laden et les Talibans contre le Bloc communiste slavo-orthodoxe (la guerre du Kosovo ayant marqué l'apogée de la stratégie de la « ceinture verte »), mais aussi pour l'Occident dans son ensemble, qui continue d'accueillir les pires fanatiques islamistes au nom de la « liberté d'expression » et du « droit d'asile », les attentats du 11 septembre derniers montrent que la leçon de l'ayatollah Khomeiny, qui remercia ses protecteurs français et américains avec les prises d'otages et les attentats du Drakar, n'a pas encore été retenue ...

Du Pakistan à Oussama Bin Laden...
Ensuite, du point de vue géopolitique mondial, la création du Pakistan est un événement de première importance dans l'histoire de l'islamisme moderne car il prépare et explique en grande partie l'éclosion de la mouvance moderne la plus spectaculairement obscurantiste et violente de l'islamisme sunnite qu'est le mouvement des Taliban afghans, issu du mouvement fondamentaliste sunnite pakistanais des Déoband ,(de la ville pakistanaise du même nom) et instrumentalisé puis épaulé depuis le début de son apparition sur la scène politique afghane par les services secrets militaires pakistanais (ISI= Inter Intelligence Service) et le parti politique islamiste pakistanais Jami'at-i Oulema, allié au Parti du Peuple de Benazir Bhutto. Directement victime de la stratégie islamiste extérieure de l'Armée et des services spéciaux pakistanais, au départ dans un contexte de guerre froide et d'alliance américano-saoudo-pakistanaise aux côtés des moujahidines afghans contre l'Union soviétique, l'Afghanistan connaîtra une recrudescence du fanatisme islamiste, avec l'arrivée au pouvoir des Talibans, et deviendra la plaque tournante, l'un des épicentres de l'islamisme sunnite (salafiste et « jihadiste ») dans le monde, ce qui explique pourquoi le réseau terroriste de Bin Laden est abrité, en échange d'un important soutien financier, par l'Afghanistan, où il dispose de plusieurs camps d'entraînements terroristes, notamment à Kandahar. Animés par l'islamisme le plus violent et le plus prosélyte qui soit, le régime du mollah Omar envoie des légions islamistes de moujahidines combattre partout dans le monde : Bosnie, Kosovo, Macédoine, Cachemire, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Tchétchénie, Daghestan, Israël, ou encore dans le Nord de la Chine (Xin Jiang musulman) afin de « chasser partout les Infidèles » et de rétablir la Charià, phénomène singulier de sécesionnisme islamiste que New Dheli dénonce sous l'expression de « syndrome afghan ».
La grille de lecture du rejet radical et inévitable du « pouvoir infidèle » (houkm jahili) nous permet surtout de comprendre les réelles motivations et les mobiles géoplitico-théologiques qui ont poussé, depuis 1991, l'un des anciens collaborateurs islamistes de la CIA, Oussama Bin Laden, à rompre violemment avec ses anciens protecteurs américains et avec une partie du pouvoir saoudien, jugé illégitime et « usurpateur », puisque depuis la guerre du Golfe contre l'Irak, les soldats américains occupent le territoire interdit aux Infidèles (haram) d'Arabie Saoudite qu'un Hadith du Prophète aurait décrétée comme l'équivalent d'une immense mosquée. C'est qu'Oussama Bin Laden avait offert ses services à ses compatriotes et coreligionnaires wahhabites saoudiens en mettant à la disposition de Riyad ses 5000 moujahidines, aguérris pendant toute la guerre d'Afghanistan, face à la menace irakienne voisine. Bin Laden, et avec lui une grande partie de la société saoudienne, n'acceptera jamais le fait que le pouvoir saoudien préférera à ses services islamistes la présence militaire coercitive et sacrilège des Américains, « amis des Juifs et des Croisés » (Al Yahoud wal Salibiyoun). Aussi nombre d'observateurs n'ont-ils toujours pas compris les mobiles et revendications réels de Bin Laden et de sa mouvance « néo-wahhabite-salafiste » : Se basant sur le fait que le retournement anti-américain d'Oussama Bin Laden sera opéré au moment de la guerre du Golfe, et se référant à la dénonciation, obsessionnelle chez Bin Laden, des Juifs et des Croisés « américano-sionistes », nombreux sont ceux qui analyseront à tort la geste terroriste du milliardaire terroriste wahhabite comme une vaste opération de vengeance du sort funeste des masses palestiniennes et irakiennes persécutées par la nouvelle croisade « judéo-croisée ». En réalité, Bin Laden, comme les Wahhabites et les Salafistes en général, qui considèrent les Palestiniens et les Irakiens, en particulier leurs leaders marxisants, nationalistes et/ou socialisant comme des « Impies », n'ont jamais entrepris quoi que ce soit pour venir en aide aux Palestiens ou aux Irakiens. Bin Laden fut même l'un de ceux qui poussa le plus loin l'idée de combattre le régime mécréant de Saddam Hussein. Mais il est également indéniable que, dans le cadre d'une tactique de mobilisation et d'une rhétorique de galvanisation, la mouvance de Bin Laden saura merveilleusement canaliser et instrumentaliser la douleur et le sentiment de révolte anti-occidentale et anti-sioniste particulièrement violent et exacerbé depuis la guerre du Golfe et la nouvelle Intifada, de sorte que nombreux sont ceux qui, à tort, interpréteront les attentats anti-américains de Manhattan et du pentagone comme une « vengeance » des Irakiens et des Palestiniens. Les choses sont un peu plus complexes.

De la fin du paradigme de la Guerre froide à la guerre du Golfe, ou l'islamisation du nationalisme arabe et palestinien

Certes, la guerre du Golfe est le véritable moment fondateur de la synthèse « arabo-islamiste » révolutionnaire. La « croisade » occidentale contre l'Irak a suscité une réaction anti-occidentale extrêmement violente, non seulement des masses victimes des bombardements et de l'embargos, mais également de nombreux Islamistes, jadis financés par les services secrets saoudiens, pakistanais et américains, qui ne supportent plus la présence de GI « infidèles » en Arabie (territoire sacré, « haram », interdit aux « Mécréants »). Elle a été l'occasion pour les Islamistes, au départ fort peu enthousiasmés par le régime « impie » de Saddam Hussein, de reconstruire leur légitimité populaire et d'opérer une « OPA » sur le nationalisme arabe, Saddam, l'ancien « apostat» fasciné par Nabuchodonosor, jouant soudain la carte islamique pour souder autour de lui son peuple et les nations musulmanes. Résultat : l'Irak, jadis champion de l'anti-islamisme pendant dix années de guerre contre l'Iran khomeyniste, se réislamise progressivement : constructions de gigantesques mosquées, programmes islamiques à la TV, recrudescence des sentiments anti-occidentaux et anti-chrétiens, inscription sur le drapeau de la mention « Allah ou Akbar », etc. C'est ainsi que Saddam surenchérit avec les Islamistes sur le terrain symbolique et hautement mobilisateur de la lutte contre « l'Occident croisé », le jihad et la geste de Saladin, dont se réclame Saddam, d'où le lien étroit entre les théâtres palestinien et irakien. Ainsi, peu après le déclenchement de la nouvelle intifada palestinienne, en novembre 2000, près de 4 millions de jeunes Irakiens ont signé un « livre blanc » de soutien aux « frères » des territoires occupés, dans le cadre d'une vaste campagne gouvernementale en faveur de la Palestine, sur fond de références à Saladin et au Jihad. La lutte pour la libération d'Al-Qods revêt donc une importance capitale dans le nouveau discours de légitimation du régime baassiste. La ferveur pro-palestinienne en Irak est telle que le thème de la « libération » de Jérusalem et de la Palestine a désormais détrôné celui de la nation irakienne « agressée », Saddam Hussein se présentant comme le « nouveau Saladin » venu « libérer la Oumma » arabo-islamique « occupée » par les « judéo-croisés ». C'est donc plus par réaction à la « croisade » américaine contre l'Irak que par adhésion doctrinale à l'Islamisme wahhabite international de Bin Laden que s'est produite ces derniers temps une sorte de convergence de haines entre les mouvances palestinienne et irakienne, d'une part, en voie de réislamisation, et l'organisation terroriste salafiste de Bin Laden, qui escompte utiliser à son profit les réactions de désespoir et de révolte face à la misère et à l'injustice pour couper l'herbe sous le pied du nationalisme arabe, qu'

Alexandre del Valle est géopolitologue, auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Le Totalitarisme Islamiste" et "Le Dilemme Turc" parus aux éditions des Syrtes.
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#1 - anonyme 27.07.2007 19:26 - (Répondre)

Ce serait très très bien de faire le même travail, mais avec la vraie nature de l'Islam qui est source de Vérité et d'amour. Vous n'avez parlé que des mouvances islamistes, fondamentalistes, est-ce une démonstration en creux que l'Islam est tout autre chose que la violence ? Ou est-ce une manière subtile de donner une mauvaise image de l'Islam en énumérant des actions des hommes ?

#1.1 - rubiwane 29.07.2007 23:07 - (Répondre)

Il est malheureux de ne pas voir ce visage d amour et de vérité dans les pays dont la religion d Etat est l islam, dans les discours des prêcheurs musulmans reconnus, et dans la loi meme de l islam vis à vis des autres religions. Le plus malheureux est le silence coupable de cette majorité de musulmans qui ne se mouillent ni ne s engagent à manifester dans la rue que pour dénoncer "le sionisme" et "l'imprérialisme américain". Il semble que les musulmans en d'occident soient marginalisés pour des raisons économiques mais aussi discrimitoires: pour autant, leurs volontés à s'accoutumer des lois et comportements occidentaux ne se manifestent que lorsqu ils veulent marquer leurs soutiens à des mouvements obscurantistes: indigènes de la république, association pour le port du voile, soutient au hezbollah... La France et l occident attend avec impatience ce message d amour et de vérité qui devrait mettre tout le monde d accord surtout si il est suvi d actes d'ouverture et de tolérance.

#1.2 - del valle 30.07.2007 22:16 - (Répondre)

votre message est pertinent et intéressant! bien entendu, je réponds négativement, car je sais et je dis souvent qu'il existent des courants modérés de l'Islam et que les Musulmans sont globalment et individuellement les premières victimes de l'Islam radical ou orthodoxe, source de l'islamisme violent ou terroriste. Mais vous avez raison dans le sens où il est vrai que l'on devrait un jour faireune étude ou publier un livre entier sur les modérés de l'ISlam. Cordialement Alexandre

#2 - FTOUH 03.09.2007 15:48 - (Répondre)

Tant que l’islam est antisémite et anti-démocratique, il faut lui interdire l’accès au nucléaire. FTOUH SOUHAIL DE TUNIS ; Après avoir fait du négationnisme une cause musulmane et arabe, suite à la conférence de Téhéran, le président Ahmadinejad tente aujourd’hui, avec sa rhétorique de mensonge, nous faire croire que les Etat -Unis est désormais affaiblie en Irak et en Afghanistan., et que de ce fait, elle ne pourra disposer d’un potentiel de dissuasion face à la république islamique de l’Iran qui se veut de plus en plus menaçante. Pourtant nous savons bien que les Etats Unis, était capable il y’a quelques années de mener deux front de guerres ; l’un contre l’islamisme et l’autre contre le danger qu’avait constituer la Corée du Nord en Asie. En plus, les Etats Unis n’a pas montré aucun signe de faiblesse dans sa lutte acharnée contre le terrorisme, malgré qu’il reste beaucoup du travail à faire pour les prochaines années. Les grandes opérations d’envergures ont été couronnées par un succès immédiat après la chute des talibans et l’effritement du régime de Saddam. Le problème actuel en Irak est que les terroristes, qui soit disant ont l’exclusivité de défendre l’Islam, sont les créatures des plus lâches que l’histoire à connu .Ils se cachent derrières les montagnes et dans des grottes, ils n’osent pas affronter les forces de la libération, et donc , ils se vengent des populations civils, des femmes et des enfants dans les misérables rues de Bagdad jusqu’ à Kaboul. Depuis un moment on savait que l’axe du mal est situé en Iran qui devait être normalement au centre de la croisade anti-terroriste et, de ce fait , il est important d’avoir l’assurance que seul les Etats –Unis sera capable à nos jours de diminuer l’influence iranienne grandissante. Apres le dénouement du dossier nucléaire entre Washington et Pyongyang, il devient possible à ce que le Monde libre songe réellement à contrarier l’escalade et les provocations iraniennes à répétition. Les options musclées ne devaient pas être exclus. D’ailleurs il n’est pas besoin d’accomplir des opérations terrestres de grandes envergures, puisque des attaques aériennes et navals chirurgicales suffiraient à diminuer le risque nucléaire iranien. L’idée du classement de la Garde de la Révolution ainsi que les unités d’El Koods sur la liste noire des organisations terroristes constitue déjà une initiative encourageante dans le bon sens prise par la Maison Blanche. Il ne faut pas craindre la confrontation avec la république des mollahs, c’est une étape inéluctable dans le chemin de la lutte contre l’Islam intégriste. L’Iran est inculpé officiellement dans la guerre civile irakienne et les crimes commis contre les forces de la coalition , qui sont venus à juste titre bâtir un nouvel horizon pour le peuple irakien. Les actions criminels du régime de Téhéran s’étendent au financent des insurgés en Irak jusqu’aux encouragements généreux du terrorisme au Liban et dans les territoires de l’autorité palestinienne. Ce que le Monde libre perdra en s’abstenant à réagir contre Téhéran est plus grand de ce qu’il va sacrifié s’il réagit à temps pour dissuader ce régime islamique qui se veut plus menaçant. Les campagnes militaires d’Afghanistan et d’Irak ne devaient pas être considérées comme des guerres classiques Au contraire, nous devrions les considérer comme des fronts ouverts contre le danger que représente la dérive de l’islam de nos jours. L’Iran constitue le moteur de l’idéologie islamo fasciste, il n’a y’a question de se douter la dessus. Il est le principal acteur du terrorisme qui est l’arme de choix dans la culture contemporaine islamo fasciste. De plus, le projet de la république des Mollah d’obtenir un arsenal nucléaire le qualifie comme le plus dangereux parmi tous les ennemis de la liberté. Je peux dire hélas, que la grande majorité des musulmans ont bien toujours l’habitude à mentir sur leurs souhaites et leurs volontés de se créer un arsenal nucléaire et pourtant dans la foulée, ils n’hésitent pas à imaginer (dans leurs prières et leurs discours religieux) l’usage qu’ils en feraient. Leur première priorité comme l’indique sans relâche les imams, même dans les pays considérés jusque ici comme modérés, est "d’effacer Israël et libérer la Palestine ", une priorité qui ne peut être obtenue que par les armes non -conventionnelles. Le mois de Ramadan qui se rapproche (vers le 13 septembre) constituera la période propice de prier pour des millions d’antisémites afin que les imaginations et les tentations génocidaires se réalisent. Mais les ambitions des musulmans ne sont pas limitées à la destruction d’Israël. Ils veulent aussi dominer le grand Monde. Déjà qu’ils contrôlent les riches champs de pétrole de la région du Golf c’est trop ! S’ils obtiennent une capacité nucléaire, ce sera plus grave !!! Tant que l’islam est antisémite et anti-démocratique, il faut lui interdire l’accès au nucléaire pour l’empêcher à parvenir à ces objectifs D’ailleurs, les ambitions de la grande majorité des musulmans ne se limitent pas à toucher l’existence Israël, mais se prendre aussi à tous les pays civilisés amis d’Israël. C’est pour cela que la présence de l’Islam en Europe devait être contrôler et maîtriser idéologiquement (et non pas seulement démographiquement) . Profitant de la liberté offerte, les musulmans comptent bien aujourd’hui sur les nouvelles technologies des médias en espèrent obtenir, que leur existence au cœur du monde libre conduise à une politique européenne pro arabe, pour ne pas dire anti–israélienne. L’islam, que nous voyons aujourd’hui, utilise les moyens matériels de la modernité pour menacer les acquis de cette même modernité, qui lui a donnée pourtant cette chance de se développer. L’islam a choisi le repli et l’enfermement. De nos jours, un Imam, qui prêche à la télé depuis Riyad ou Téhéran peut facilement nourrir la haine et l’antisémitisme à ses millions de spectateurs à travers le vaste monde arabo-musulman . Le constat de la multiplication ces derniers années des chaînes religieuses sur les satellites arabophones constituent déjà un risque permanent engendrant la mobilisation des foules et la propagation des doctrines islamiques les plus pures et dures. A certains moments je me pose la question suivante (peut être qu’une autre personne l’avait posée aussi avant moi ) : Pourquoi l’Occident a-t-il donner jusqu’ici tous les moyens technologiques – entre autres médias et communications - pour que l’Islam grandit alors qu’il savait déjà , depuis le Dix -septième siècle au moins , que cette religion emporte un grand potentiel d’handicap et de danger contre la modernité ? Si aujourd’hui, il faut retenir une leçon, c’est qu’il ne faudrait pas que les pays musulmans accèdent à la technologies des armes de destruction massives afin d’éviter un affrontement nucléaire. Dans le cas contraire, pensiez-vous, le résultat ? Au début, on pensait que l’arrivée des nouvelles technologies des médias et des moyens de communications aller relancer une nouvelle ère de paix et d’amitié grâce à laquelle la haine et les hostilités seraient abandonnées après la Seconde Guerre. Donnant ainsi aux musulmans une liberté complète pour accéder aux moyens de communications et de transports sans rencontrer d’obstacles significatifs. Très vite l’Occident se réveille sur les véhicules qui sont devenus, dans certains pays musulmans, des engins piégés destiner pour tuer les civils innocents. Les avions sont se sont transformés en bombes humaines crachées sur des immeubles et les téléphones mobiles se sont convertis en détonateurs pour déclencher les bombes à distances .Voila comment l’Islam utilise les moyens de la modernité occidentale ! Il n’est pas nécessaire aussi de rappeler comment la télé, le satellite et l’Internet sont devenus les relais principaux pour la propagation de la haine et de la barbarie dicté par l’islam dans le vingtièmement siècle. Donc il y’a bien de raisons pour que les musulmans à travers le monde (surtout ceux qui se veulent modérés) comprennent définitivement pourquoi il n’est pas possible qu’un pays musulman détienne dans les circonstances actuelles la technologie nucléaire surtout un pays comme l’Iran .Il faut tout d’abord renoncer à la violence et se soigner de l’antisémitisme viscéral qui imprègne nos sociétés. Personnellement , je vais plus loin je préfères que les dirigeants occidentaux empêchent , tous les pays musulmans à tout accès à la technologie nucléaire ( même à la technologie nucléaire civile ) juste par mesure de précaution et rien de discriminatoire . Il faut que nous reconnaissions que dans les pays musulmans , on est hélas, loin de la civilité et de la maturité pour détenir la technologie nucléaire. Il faut que nous combattions le mal qui nous anime. Il faut vaincre l’antisémitisme et la tentation génocidaire. ! Il faut instaurer la démocratie, la liberté d’expression et cultiver la tolérance dans le cœur et les esprits des nouvelles générations. C’est beaucoup plus urgent que de détenir les armes nucléaires alors que nous sommes encore des barbares entre nous-mêmes. L’Irak n’est t-il pas un exemple vivant ? D’autres part , il est certain, que seul avec monsieur G .W .Bush que l’Occident pourrait relevé le défi de cette guerre mondiale contre l’islam intégriste et offensif , car nous sommes loin de gagner seul la victoire contre l’islamisme dans les pays musulmans . L’usage de la force militaire reste la seule chose que les extrémistes comprennent .Monsieur G. W .Bush était le seul qui avait comprit que la "diplomatie tranquille" « wait and see » qui a fait perdre beaucoup de temps - et pourtant si appréciée par certains - n’est plus efficace en face des fanatiques qui ont osés un jour utiliser des avions de ligne comme des bombes humaines. Aujourd’hui aussi, toute démonstration d’impuissance n’est plus pas acceptée envers un pays comme l’Iran, à qui le Conseil de Sécurité est incapable de réagir en concertation devant les intimidations et les objectifs annoncés par Ahmadinajad. Ce tyran sulfureux continu à ordonner plus d’attaques en Irak et même à armer les organisations terroristes qu’elles soient chiites (Hezbollah) ou sunnite (Hamas). Si dans les circonstances actuelles, il y’aura des voix au Conseil de sécurité qui bloqueront une réaction militaire rapide et efficace contre le pays des Mollahs , il faut s’attendre alors à que des bombes nucléaires placées sur des missiles toucheront l’Europe . Cela n’est pas un scénario lointain, ni une science fiction d’un citoyen scandalisé de la folie grandiose de l’Islam .La volonté des décideurs iraniens de nuire existe, l’idéologie islamique ne manque pas de souffle et le pays des Mollahs développe ce qui est déjà la plus importante force offensive de missiles de la région . De plus il travaille en étroite collaboration avec les intégristes en Irak qui auront un jour un accès direct aux armes les plus fatales. (Surtout dans le cas d’un retrait anticipé des forces de la coalition). C’est une occasion importante qui se représente aux intellectuels illuminés dans le monde arabe, celle d’anticiper un travail de prévention contre la propagande islamique qui voulait faire de l’accès de l’Iran au club des pays nucléaire une nouvelle cause musulmane commune. Une guerre contre les doctrines nauséabondes devait être lancée afin d’empêcher un Auschwitz en Proche –Orient et couper le chemin de cet islamisme qui voulait à tout prix accéder nucléaire. De l’autre coté, les forces US et toute les hommes et les femmes de la coalition qui sont sur le terrain en Irak et en Afghanistan devaient susciter notre plus grand respect et on est certain qu’ils finiront par emporter la victoire finale contre l’islam radical. Ils méritent notre confiance et notre considération vue la tache qu’ils remplissent avec courage et professionnalisme .Nous devons s’associer au travail avec ceux qui nous aident à enlever ce mal persistant. Je pense autant à Tsahal qui , à terme , finira aussi par imposer une défaite historique au Hamas et au Hezbollah. En somme,l’obscurantisme grandissant de l’islam que nous vivons chaque jour concerne désormais tout le monde, l'opportunité de se débarrasser du totalitarisme islamique n’est pas ratée pour autant , elle a tout juste commencé avec la libération de l’Afghanistan et de l'Irak… Ftouh .SOUHAIL, Tunisie tunirael@laposte.net

#2.1 - del valle 07.09.2007 00:02 - (Répondre)

Merci pour votre message si complet et argumenté M. Ftouh, je vois qu'il existe encore des Tunisiens bourguibistes et lucides dignes de ce nom! je partage en grande partie vos points de vue notamment sur les dangers de l'Iran, la détermination américaine et le drame de l'antisémitisme relooké par l'islamofascisme comme vous dites. Bien cordialement, Alexandre


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