Apres le « 11 septembre espagnol »
Trois ans apres les terribles attentats du World Trade Center et du Pentagone, l'Europe a connu son « 11 septembre espagnol ». Les Europeens sont encore sous le choc. Quant aux Espagnols, qui se croyaient jusque la a l'abri du terrorisme et qui ne connaissaient que le terrorisme identitaire et séparatiste de l'ETA, c'est a leur dépend qu'ils ont commencé a prendre au sérieux la principale menace pour les démocraties occidentales: le totalitarisme islamiste, que la plupart des analystes et responsables politiques européens persistent à vouloir nommer « fondamentalisme » ou « intégrisme », comme si nous avions simplement affaire, avec Ben Laden ou les Frères musulmans, à une version « verte » des traditionnels intégrismes issu des « religions du Livre » et naturellement voué à s'apaiser avec l'inéluctable modernité et la « pacification » de l'Irak et du conflit israélo-palestinien.
Or, ce « totalitarisme vert » n'est pas un simple intégrisme religieux comme un autre mais une ideologie de destruction de masse, une forme theocratique de totalitarisme et de racisme d'autant plus redoutable que la haine pathologiquement anti-juive et anti-chretienne qu'il incarne s'exprime au nom des « victimes » palestino-arabes, du « tiermondisme », de « l'anti-imperialisme » et meme de l'anticolonialisme. Ceci lui confere une aura exotique et une force exoneratrice terriblement efficaces a l'heure du « Sanglot de l'Homme blanc » si bien decrit par Pascal Brukner et du Politiquement correct dont le principe de base consiste a criminilaliser a priori toute defense de la civilisation judeo-chretienne et occidentale et a contrario a justifier les pires « reactions » barbares et totalitaires des forces islamo-terroristes que de plus en plus estiment n'etre que la consequence funeste de « l'unilateralisme americain » et du « racisme belliciste » des partisans de Sharon.
Nous verrons tout au long de cet essai qu'il n'en est rien et que les « buts de guerre » du Totalitarisme islamiste ne consistent ni a « defendre les Palestiniens », ou encore le regime « impie » de Saddam Hussein - que Ben Laden a toujours appele a detruire), ni meme encore la population irakienne (depuis la chute de Saddam, Al Qaida est en guerre contre la majorite chiite qui depasse les 60%). Dans un communique du 19 mars 2004, l'organisation d'Oussama Ben Laden a d'ailleurs precise que les democrates americains etaient encore pires (et plus « hypocrites », mounafikoun) que les Republicains, Al Qaida allant jusqu'à souhaiter la reelection de Georges Bush, plus susceptible de susciter le « reveil de l'Islam »
Quant a l'argument de ceux qui expliquent que l'islamo-terrorisme ne frappe que les Occidentaux bellicistes soutenant Sharon ou Bush ou encore les pays musulmans qui empechent l'essor electoral des mouvements islamistes « democratiques », les terribles attentats survenus au Maroc en mai 2003, puis en Turquie en novembre 2003 ont apporte la preuve que la colere islamiste n'est pas le moins du monde apaisee lorsque des partis islamistes remportent des succes electoraux comme cela a ete le cas en Turquie avec l'accession au pouvoir de l'AKP de Recep Taiyyp Erdogan , ou au Maroc avec la forte percee du Parti de la Justice et du Developpement. Sans oublier le Pakistan de Moucharraf en guerre contre les partisans de Ben Laden des regions frontalieres de l'Afghanistan qui ont pourtant des elus au Parlement. Malgre ces realites, et bien qu'Al Qaida n'ait jamais cache ses buts reels qui reposent sur la pure soif totalitaire de conquete-islamisation totale du monde « infidele », les voix ne cessent de monter en Occident qui tentent de temperer, comprendre, voire de disculper partiellement Al Qaida en expliquant que le 11 septembre americain et le 11 mars espagnol n'ont ete que les consequences de la politique etrangere erronee, belliciste et « injuste » des Etats-Unis d'Amerique et d'Israel contre les Arabes et les nations musulmanes, politique neo-croisee soutenue a tort par les seides de l'imperialisme americain que sont les partisans de « l'unilateralisme » de Georges Bush en Europe.
En votant largement en faveur du candidat socialiste Jose Luis Rodriguez Zapatero, les électeurs espagnols ont sanctionne, en mars 2004, la politique étrangère atlantiste de l'ex-Premier Ministre Aznar marquee par un soutien sans complexe apporte a la « croisade » occidentale contre « l'Axe du Mal » et l'intervention americaine en Irak, celle-ci ayant été rendue responsable des attentats de Madrid. Au moment meme ou l'Espagne tombait dans le piege tendu par Al Qaida, d'autres voix rejoignaient- partout en Europe et meme chez les democrates americains - le concert de la culpabilisation occidentale et de la tentation munichoise. Retenant mal sa satisfaction d'avoir « eu raison », un an plus tot, avec Gerard Schroeder et Jacques Chirac, de mener la fronde anti-americaine en brandissant la menace du veto francais a l'ONU, le Ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a explique qu'Aznar a commis une « erreur, une faute », précisant qu'il « y a aujourd'hui deux foyers du terrorisme dans le monde : le premier, c'est la crise au Proche Orient, et le deuxième, c'est l'Irak » . Comme nous l'expliquions lors de l'intervention en Irak dans un article du Figaro, les memes masses de « pacifistes » europeens qui manifesterent leur refus de l'intervention en Irak et les memes dirigeants francais et allemands decides a faire obstacle a la « Croisade » americaine contre l'Irak, avaient a contrario adopte tres largement une attitude de va-t-en-guerre lors de l'intervention americaine et de l'Otan au Kosovo. Les tragiques evenements de mars 2004, durant lesquels le monde entier a pu assister passivement a des pogroms anti-serbes perpetres par les nationalistes albanophones du Kosovo, ont pourtant tragiquement demontre que s'il y avait vraiment lieu de denoncer « l'unilateralisme americain » et la « violation de la souverainete nationale », les dirigeants francais et allemands et les millions de « pacifistes » europeens devraient denoncer les interventions americaines dans les Balkans et l'agression de l'ex-Yougoslavie au meme titre et avec la meme ferveur qu'ils ont denonce « l'agression de l'Irak » de Saddam Hussein. Or tel n'a jamais ete le cas, car dans le systeme du nouveau politiquement correct, les « victimes » arabes meriteront toujours plus d'etre defendues contre « l'imperialisme » que les pseudo victimes serbes ou yougoslaves, qui ne sont, apres tout, que des « judeo-chretiens », donc des Occidentaux malgres eux, donc « bourreaux par essence ». Inversement, les Arabes, les Musulmans, lorsqu'ils sont en « colere » ou lorsque des demons barbares ou totalitaires les emparent, lorsqu'ils dementelent l'ex-Yougoslavie (separatisme-mafieux albanais de l'UCK en Serbie et en Macedoine) ou lorsqu'ils veulent « punir l'Occident croise » et Israel (Hamas, Hezbollah, Al Qaida, GIA, etc), ne font toujours que reagir a une « agression » judeo-croisee originelle. Ce type de representations a la fois victimaires et munichoises aboutit a des absurdites et des inconsequences inegalables, notamment, lorsque le 22 mars 2004, la diplomatie francaise en tete, la plupart des chancelleries europeennes ont condamne avec indignation et energie « l'assassinat » par l'armee israelienne, du chef spirituel du groupe islamo-terroriste palestinien du Hamas, le Chekh Yassine, comme si l'un des plus redoutables commanditaires et ideologues de la Terreur verte, de surcroit l'un des premiers responsables de l'echec des accords de paix avec Yasser Arafat, meritait un seul instant d'etre defendu ou pleure
Face au déferlement de reproches lancées depuis lors contre la politique de Washington et les autres « pro-américains » comme Jose Maria Aznar, Tony Blair ou Silvio Berlusconi, il nous apparaît urgent de formuler quelques remarques :
- premièrement, donner l'impression de céder aux terroristes constitue bien plus une incitation à la récidive qu'une garantie contre de nouvelles attaques,
- deuxièmement, croire que le conflit du Proche Orient (traduisez israelo-palestinien, donc le bellicisme sioniste) constitue la « première cause » du terrorisme islamiste fait inevitablement le jeu d'Al Qaïda et participe du mensonge politique. Car l'instrumentalisation de la « douleur arabe » vise seulement à mobiliser les « idiots-utiles » des islamistes que sont souvent les pro-palestiniens radicaux et autres « altermondialistes » opposés à l'hégémonie « américano-sioniste », thème désormais commun aux Islamistes, aux Nazis et Ultra-Gauche. Pnenomene que j'ai nomme « la convergence des totalitarismes » et l'alliance « rouge-brun-vert » .
C'est surtout oublier que les « islamikazes » en veulent depuis bien plus longtemps à la Vielle Europe des Chrétiens-Croisés et aux « mauvais musulmans » comme Atatürk ou Bourguiba (« Mécréants francs-maçons ») qu'aux Américains ou aux Israéliens, somme toute apparus bien recemment et donc ennemis depuis bien moins longtemps. C'est pourquoi les Brigades Abou Hafs Al Masri ont à la fois revendiqué les attentats du 11 mars contre les « Croisés espagnols », ceux perpètres à Istanbul contre les Britanniques, les Juifs et les Francs-maçons (novembre 2003 et 9 mars dernier), sans oublier ceux de Casablanca (mai 2003) ou même ceux annoncés par Al Zawahiri, bras-droit de Ben Laden, contre la France, certes tête de file du camp pacifiste, mais « coupable » d'avoir « persécuté » les musulmans avec la loi contre le voile.
Il serait temps que les Occidentaux comprennent que les objectifs réels des islamistes sont avant tout de :
- rétablir le Califat aboli par « l'apostat» Atatürk;
- punir les Musulmans ayant tété le « lait vénéneux » des laïcs colonisateurs;
- et surtout, comme le commande l'Islam conquérant des « Pieux ancêtres » («AsSalaf»), d'islamiser la planète, a commencer par « l'Ouest Croisé » (Al Gharb al Salibi).
Cela signifie que même si les Israéliens désavouent la politique de Sharon et les Américains celle de Bush, ou même si l'Occident finit par abandonner Israël, l'Ouest croise n'aura jamais la paix tant qu'il n'aura pas embrasse la « vraie religion »
Les Espagnols ont semble cédé au terrorisme, comme hier la France face a l'Iran et au Hezbollah. L'Espagne s'en mordra les doigts dans peu de temps. Car la spirale du chantage et des concessions munichoises ne s'arrete que dans le chaos et les grincements de dents. Les prochaines exigences d'Al Qaida seront-elles l'enseignement du Coran dans les écoles, l'interdiction des « islamophobes » Dante ou Voltaire ou le droit de porter le voile dans les services publics ? Le communiqué d'Abou Hafs al Masri explique que les attentats du 11 mars (six mois après la rencontre Bush-Aznar dans les Açores) ont pour but de régler « de vieux comptes avec l'Espagne croisée, alliée des Etats-Unis dans leur guerre contre l'islam ». Cette vielle rancune remonte en fait à la reconquista, à la chute du Califat de Grenade et à l'expulsion des Musulmans par los Reyes catolicos. Dans les consciences des Musulmans du monde entier, la « perte d'Al Andalus » demeure un souvenir aussi « humiliant » que le la chute du Califat d'Istanbul ou la « Catastrophe » (Nakba) de la création d'Israël. D'où le rôle croissant des « convertis », de plus en plus sollicites par Al Qaida, ainsi qu'on l'a vu avec les attentats de Casablanca et de Madrid ou a l'occasion des procès des « filières tchétchènes » (David Courtailler).
Sait-on que la plupart des grandes organisations islamiques d'Espagne sont implantées en Andalousie, a Valencia et à Madrid (Société pour le Retour de l'Espagne à l'islam, Communauté islamique en Espagne ou Al-Morabitoun, Société islamique de Séville, Al-Andalus-Ligue morisque) ; que grâce à l'aide extérieure des Frères musulmans, du Qatar, de l'Iran, de l'Arabie saoudite (qui contrôle le centre islamique et la grande mosquée Abou Bakr de Madrid), du Pakistan (qui finance depuis 1995 l'Université Islamique Internationale Averroes de Cordoue), ou du Maroc, ces structures sont parvenues à s'implanter dans toute l'Espagne et parfois même a y établir des enclaves, comme celle d'Aibaicîn a Grenade, qui dispose de ses propres écoles coraniques, maisons d'éditions, cimetières, cliniques et journaux (La hora del Islam) ? A-t-on oublie les declarations nostalgiques des princes saoudiens exprimant le desir de faire « revivre l'Espagne a l'Islam » lorsqu'ils sejournent a Grenade, Cordoue ou Marbella, lieux qu'ils n'ont jamais cesse de considere comme « leur », jadis joyaux du Califat islamique ?
Au niveau européen, la péninsule ibérique est une plaque tournante fondamentale pour les Islamo-terroristes. Tout d'abord, Gibraltar, Ceuta et Melilla, Tétouan et Tanger (« la Naples du Maghreb), d'ou viennent les suspects des attentats de Madrid, sont des zones de trafics (financiers, clandestins, drogues, armes) aussi incontrôlables que le no man's land mafieux albano-sud-italien. Ensuite, les Espagnols ont a la fois trop focalise sur ETA et cru que leur laxisme vis-à-vis des islamistes les épargneraient. Les polices francaise, algérienne et espagnole savaient pourtant que depuis des années 90, Valence, Barcelone, Gibraltar et Alicante et Madrid ont accueilli nombre de sociétés d'import-export du GIA puis du GSPC et du Takfir wal Hijra algériens par lesquelles transitent les différents trafics (« trabendo »).
Rappelons que quinze jours à peine après les attentats du 11 septembre 2001, une cellule du GSPC de Hassan Hatab avait été démantelée entre Murcie, Almeria, Pampelune et Huelva. En juin 2001, l'un des présumés bras-droit en Europe d'Oussama Ben Laden, Mohamed Bensakhria, avait été arrêté à Alicante. Le juge Baltazar Garzon avait révélé l'implication du chef présumé d'Al Qaïda en Espagne, le Syrien naturalisé espagnol Abou Dahdah, dans la mise en uvre des attentats anti-américains, ainsi que la formation du réseau en Espagne dès 1994. Le réseau Dahdah recrutait les futurs moujahidines envoyés dans les camps afghans à partir des mosquées ibériques, en particulier la même mosquée saoudienne Abou Bakr - hélas peu surveillée par les autorités espagnoles confiantes envers Riyad - où ils avaient formé le groupe des « soldats d'Allah ». En lien étroits avec Abou Ilyas en Allemagne et Abou Qatada à Londres (représentant d'Al Qaida en Grande Bretagne), Dahdah avait rencontré deux fois Ben Laden. Mohamed Atta s'est lui-même rendu à plusieurs reprises en Espagne en juillet 2001 afin d'y rencontrer les réseaux logistiques du GSPC avant de partir pour Miami. Les principaux suspects du 11 mars, Mohamed Chaoui et Jamal Zougam, étaient eux aussi connus du juge Garzon, puisque l'on détenait des preuves de conversations téléphoniques entre Dahdah et Zougam des septembre 2001. Les polices occidentales connaissaient également les liens de Zougam avec l'un des nouveaux piliers d'Al Qaida en zone irakienne et kurde, le Mollah Krekkar, chef du Ansar al Islam, mais aussi avec le francais converti Pierre Robert et le franco-algérien Salahddin Benyaich, impliques dans les attentats de Casablanca du 16 mai 2003 et en cheville avec les réseaux terroristes marocains des « Lions Eternels ».
Loin d'être la simple conséquence de la politique pro-americaine d'Aznar, les attentats du 11 mars ont été la réaction inéluctable d'Al Qaida a la détermination anti-terroriste des juges comme Garçon et du gouvernement du partido popular, lesquels avaient decide, des septembre 2001, de ne plus permettre que l'Espagne demeure une base-arriere sure d'Al Qaida. Ceux qui, lors des manifestations « pacifistes » organisées le 20-21 mars en Italie, en Turquie, en Espagne ou en Grande Bretagne, ont cru que le désengagement en Irak ou la critique de Bush ou Sharon suffiraient à calmer la colère des « fascistes verts » risquent d'avoir de mauvaises surprises
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#1 - greem 28.12.2009 18:22 - (Répondre)
je suis vraiment étonné de voir ce style d'écriture, des accusations gratuites au monde musulman et musulmans, qui explique la pur haine caché our l'auteur, je vous demande monsieur de lire juste un peu de vérité un peu sur l'islam dans les écritures des gens de votre peaux, soit un peu intellectuel dans votre écriturese plutôt que un acharné de la croisade merci de revoir les leçons de l'histoire de l'Andalousie au moins.