Banlieues, Islam, et République
En ces temps de confusion et de recrudescence du terrorisme intellectuel Politiquement Correct, et au lendemain même de la sortie scandaleuse de Yannick Noah déclarant solennellement qu'il « quitterait la France » si « Nicolas Sarkozy était élu Président de la République en 2007 », il est clair que La Droite Libre condamne le climat médiatique actuel visant à diaboliser le Ministre de l'Intérieur et à le Lépéniser » jusqu'à lui faire endosser la responsabilité de l'embrasement des banlieues pour avoir lâché le mot « racaille » quelques mois après avoir parlé de « nettoyer les banlieues « au Kärcher ». Il est temps de ne plus inverser les rôles. De nommer les choses. De ne plus pratiquer la langue de bois.
Et surtout c'est là que réside tout le mérite de M. Sarkozy - de séparer le bon grain de l'ivraie. Car nommer les voyous et les pyromanes-criminels par leur nom (délinquants, barbares, criminels, racailles, etc,) plutôt que d'utiliser le mot « Jeunes » (si insultant pour les Jeunes honnêtes et non coupables d'actes de barbarie, bien entendu ultra-majoritaires), ou encore préférer parler de viols plutôt que de « tournantes » participe d'un travail salutaire de défense de la république et des libertés des citoyens, lesquels attendent d'abord d'un Etat une protection et une sécurité. Car l'Etat et la loi sont le garant du non-retour à la « guerre de tous contre tous » qui gagne peu à peu les banlieues. L'action certes parfois choquante ou provocatrice (racaille n'étant pas de lui) du très populaire Ministre de l'Intérieur rentre en fin de compte dans le cadre d'une salvifique contre-offensive sémantique face à la Terreur verbale et psychologique du Politiquement correct qui consiste à donner un sens contraire aux choses. Nicolas Sarkozy a donc mille fois raison sur ce point comme il a raison de tenir un discours réaliste sur les 35 heures, sur l'étatisme, la surfiscalisation, la nécessité d'encourager les entreprises ou encore celle de relancer la machine à intégrer en prônant l'égalité des chances autant que le mérite. Sans oublier sa vision géopolitique originale et équilibrée, visant à défendre l'idée d'une Europe-Puissance cohérente, établissant des partenariats privilégiés avec Israël ou la Turquie (le kémalisme turc étant plus sûr de survivre hors de l'Union européenne) tout en maintenant des relations cordiales et étroites avec la Russie et les Etats-Unis.
Mais parce qu'elle défend une conception laïque, républicaine de la Nation, la droite Libre se demande si Nicolas Sarkozy a tout aussi raison lorsqu'il se félicite du fait que l'UOIF (Union des organisations islamiques de France, tendance Frères musulmans) ramène le calme dans les banlieues et édicte des fatwa condamnant le « désordre » (Fitna) ?
Indépendamment du soutien sans réserve que la Droite Libre apporte au Président de notre Mouvement, c'est-à-dire à l'homme politique de droite le plus courageux et inventif, la question mérite réellement d'être posée. Car il en va de l'avenir même de la République et des valeurs fondamentales de notre société.
Nicolas Sarkozy estime que l'expérience du Conseil Français du Culte Musulman et de l'UOIF en particulier est positive dans la mesure où le CFCM a déclaré publiquement qu'il ne se reconnaissait pas dans les tortionnaires qui avaient enlevé les journalistes français en Irak et sachant que l'UOIF a adressé une fatwa déclarant que l'on ne pouvait pas se dire bon musulman et se faire l'apôtre de la violence dans les banlieues. Plus précisément, la Fatwa de l'UOIF citait à l'appui des versets coraniques, notamment la sourate V : Allah n'aime pas les semeurs de désordre » ; ou VI : Ne semez pas de troubles sur la terre comme des fauteurs de désordre ». Deux remarques doivent être faites concernant cette fatwa :
- Premièrement, aucune référence n'est faite à l'ordre républicain,
- Ensuite, ce n'est pas la violence en elle-même sous toutes ses formes (dont le Djihad, jamais remis en questions par l'UOIF) qui est rejetée, mais une violence « aveugle » (au nom du refus propre au sunnite orthodoxe, du « désordre « ,fitna en arabe.
En réalité, lorsque l'UOIF se positionne contre la violence, contre les attentats, en faveur de l'ordre, allant jusqu'à jouer les « nouveaux médiateurs de la République », il y a d'autant plus lieux de s'inquiéter que l'on connaît parfaitement la tradition de double discours de la Confrérie des Frères musulmans, et en vertu d'une stratégie d'entrisme qui a permis à celle-ci de participer au pouvoir au Soudan, au Koweït, en Algérie, en Jordanie et surtout plus récemment en Egypte, après avoir infiltré l'Université Al Azhar, les Conseils universitaires, les ordres de Médecins ou d'avocats, les tribunaux, etc. Parallèlement à cette réelle stratégie de « respectabilisation » victorieuse dans ces pays comme en France en Italie ou ailleurs en Europe, l'engagement actif des Frères musulmans et de l'UOIF en faveur d'organisations musulmanes « humanitaires » ou autres appuyant financièrement ou humainement le Djihad ici ou là est toutefois plus qu'avéré : Bosnie, Tchétchénie, Soudan, Egypte, Irak, et surtout Israël-Palestine, où l'organisation terroriste Hamas est l'une des branches locales de la Confrérie des Frères Musulmans.
On peut également rappeler que la même organisation UOIF, qui se présente comme pacifique et tolérante, diffuse et cite, comme livre de chevet l'ouvrage (salafiste) de référence des Frères Musulmans européens, Le Licite et l'Illicite de Youssef al Qardaoui, qui donne trois bonnes raison de tuer au nom de la Charià (p 323) :
1/ - « le crime prémédité », en fonction du principe de la loi du Talion telle que comprise dans le Coran (« vie pour vie ») ;
2/ « l'accomplissement prouvé de l'acte immoral de la fornication », ce qui inclut bien sûr l'adultère. Cela concerne des gens mariés, et un témoignage de quatre personnes ou un aveu est nécessaire. ;
3/ « L'apostasie de l'Islam » « après l'avoir embrassé et le dire ouvertement pour défier la société islamique ».
Le même Qardaoui écrit (p 326 de son ouvrage précité) que « l'Islam a rendu la vie humaine sacrée. Il a préservé le respect des individus et a fait de toute agression contre eux le plus grand péché », citant à l'appui la sourate V ;32, qui postule que « Quiconque tue une personne non reconnue de meurtre ou de dépravation sur terre, c'est comme s'il avait tué l'humanité toute entière ». Précisons que cette sourate, la plus fréquemment invoquée par Dalil Boubakeur, président du CFCM, l'UOIF, et les observateurs tentant de « prouver » que « l'islam est une religion de paix », est la plupart du temps reprise dans les médias et les communiqués sans le passage « non reconnue de meurtre ou de dépravation », ce qui change évidemment tout
La majorité des Musulmans de France se sentent trahis par la stratégie obscurantiste visant à respectabiliser les Intégristes
La plus grande critique que l'on peut émettre non pas à l'encontre du seul Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy concernant le Conseil Français du Culte Musulman mais à l'encontre de tous les Ministres de l'Intérieur successifs exceptés Charles Pasqua est de n'avoir accordé qu'une place et importance résiduelle aux tendances laïques et modérés de l'Islam de France. Tendances radicalement anti-islamistes, certes, minoritaires au sein des structures instituées en raison d'une stratégie d'entrisme de longue haleine ayant fini par porter ses fruits, mais majoritaires parmi les Musulmans français de la base.
C'est en partie pour protester contre ce qu'ils ont vécu comme une « nouvelle trahison des Clercs », que plusieurs personnalités démissionnèrent du Conseil français du culte musulman. Ces personnalités, Abderrahmane Dahmane et Betoule Fekkar-Lambiotte, représentaient le courant modéré, démocratique, de l'islam en France.
Pour nombre de Musulmans modérés, issus de « la base » comme de l'élite intellectuelle, avant de créer une institution représentative de l'islam en France (mais il n'est jamais trop tard pour bien faire) il conviendrait d'engager un débat en profondeur sur l'Islam avec cette majorité silencieuse de Musulmans éclairés, seuls capables d'engager une réforme visant à intégrer cette religion au sein de la République laïque et de lui faire épouser son époque.
Nous ne pouvons plus nous contenter de la fameuse rhétorique « pas d'amalgame entre islam et islamisme », qui permet d'éviter le débat et de se dédouaner. Car le fait que certaines organisations fondamentalistes précitées s'abritent derrière ladite « orthodoxie » religieuse sunnite ou qu'elles se félicitent d'avoir été reconnues comme des « pôles orthodoxes » de l'islam (et qu'elles apparaissent même comme de nouvelles forces de médiation et d'interposition face aux casseurs des banlieues) ne prouve en rien que ces organisations « officielles » n'adhèrent pas aux grands principes liberticides, machistes, violents, voire même parfois barbares inclus hélas dans les versions elles mêmes les plus « légales » et « orthodoxes-officielles » de l'islam officiel mondial :Lapidation, autorisation de battre sa femme, refus de la liberté de conscience et de choix des religions ; appels au Jihad, prosélytisme agressif ; condamnation à mort pour les adultères, les fornications pré-matrimoniales et les apostasies, etc, autant de dispositions prévues dans la Charià et revendiquées hélas explicitement par les références suprêmes des Frères musulmans « tendance anti-terroriste », dont Youssef al Qardaoui, référence majeure de l'UOIF.
Quelles propositions pourraient être lancées par le candidat Nicolas Sarkozy en 2007 ?
D'après nous, il serait opportun, sans défaire ce qui a été fait et tout en tenant compte du réel, dont l'UOIF et la FNMF font partie, d'accorder une plus grande place aux mouvances et personnalités de l'Islam de France clairement situé dans le camp des anti-islamistes et de l'Islam des Lumières, voire des courants soufis-libéraux. Il s'agirait là de donner plus de visibilité aux modérés et aux libéraux, majoritaires dans les esprits mais minoritaires dans les mosquées, et de prêter main forte aux tenants d'un aggiornamento de l'Islam, s'il le faut via le statut spécial réservé au culte et la tradition théologique propres à la Région Alsace-Lorraine. (on pourrait pour cela s'inspirer des réformes théologiques audacieuses initiées par Abd al Razeq en 1925 en Egypte , ou Mohamed Charfi en Tunisie.
Pour une Charte de l'Islam de France
Quand on garde présent à l'esprit le fait que l'islamisme est une idéologie fondée sur la terreur psychologique avant même de s'incarner dans la violence terroriste physique, et quand on sait à quel point les Musulmans modérés sont soumis à des pressions souvent difficiles à supporter exercées par les Intégristes circulant dans les « quartiers », le futur président de la République serait particulièrement bien inspiré s'il osait mettre sur pied une Charte du Culte Musulman ou de l'Islam de France invitant les organisations musulmanes à signer un texte solennel consacrant les droits des citoyens musulmans mais aussi l'allégeance envers les principes fondateurs de la République.
Un peu sur le modèle de ce qui fut entrepris par le grand ami du judaïsme que fut Napoléon et qui consacra l'intégration de ces derniers dans les institutions françaises lorsqu'il leur fit signer une Charte établissant les compatibilités entre la Loi juive et la loi française, Nicolas Sarkozy pourrait sommer les « orthodoxes » musulmans de France de faire primer la loi de la République sur celles de la Charià, lorsqu'il y a conflit de valeurs entre les deux systèmes, notamment quant au droit de changer de religion, à l'égalité d'héritages et de droits entre hommes et femmes ; la légitimité du Djihad, la justification de l'esclavage, la haine des Juifs et des Mécréants, etc.
Car jusqu'à présent, le grand malentendu concernant l'Islam de France que la pensée politiquement correcte somme de considérer comme intrinsèquement « tolérant » et « ouvert », repose sur le fait que les « modérés » de l'UOIF, de la FNMF, du BOLIM, du Milli Görüs ou du Tabligh, n'ont jamais saisi la moindre occasion de dénoncer les dispositions de la Charià, hélas enseignées dans les mosquées les plus officielles, pas seulement celles des caves, qui légitiment le Djihad, les corrections physiques des femmes, la peine de mort pour l'adultère ou l'apostasie, et l'infériorité des non-Musulmans, des esclaves et des femmes. Il serait temps et ce serait l'honneur de la République de refuser que ce type d'enseignement soit promulgué au sein de l'Islam de France. Du moins au sein des courants désormais reconnus au sein du CFCM et par là revêtus de l'aura de la respectabilité officielle.
Alexandre del Valle, Secrétaire Général de la Droite Libre, auteur du Dilemme turc, Les Syrtes, 2005.
Aznar, ou la droite décomplexée, entretien pour Politique Internationale
Bat Ye'or, L'Union européenne: entre Dhimmitude et Eurabia
“La strategia a doppio bordo di Zawahiri”
Retour sur l'affaire tchadienne et le scandale de l’Arche de Zoé
Enjeux géopolitiques de la bombe atomique iranienne


#1 - Champion Maurice said:
13.11.2007 18:05 - (Répondre)
La liberté dite « religieuse » n’est pas un choix de liberté. La schizophrénie, toujours cette "maladie" qui mène le monde et fait sa loi. Croyances et psychose. Ni Dieu, ni Diable, seulement et totalement une maladie psychiatrique. D’un autre âge, ceux qui se disaient en communication avec Dieu étaient et sont encore appelés «prophètes» avec leurs paroles et écrits indiscutables. De nos jours, ceux qui entendent des voix ont pour certitude que Dieu leur parle ; ce sont nos jeunes en psychose hallucinatoire paranoïde dont le traitement relève de la psychiatrie. Bien et Mal, Bons et Méchants, Dieu et Diable, Enfer et Paradis, tout ce monde binaire, sans positions intermédiaires, ainsi que les angoisses sur le futur, avec son extrémité qu’est la fin du monde, sont toutes les perceptions qui envahissent le psychotique schizophrène. Vous pouvez croire que Dieu existe et communique en toutes langues, tous patois, tous dialectes à des millions de personnes en même temps; NON, c’est votre psychose qui vous parle, de jour, avec votre vocabulaire, avec vos mots identifiés dans votre culture - d’où les diverses religions - à la manière de vos rêves et cauchemars de nuit. Sortons de cet omerta, en France, chaque année, 8000 jeunes entrent dans cette maladie de la croyance faite de souffrance psychique avec toutes ses dérives désastreuses dont un taux de suicide élevé. Aidons les à se sortir de la psychiatrie, et surtout à ne pas y entrer, par la compréhension de leurs symptômes. Cette relation croyances/psychose vous semble inadmissible, alors je vous mets au défi de citer une seule autre manifestation qui soit à la fois l’œuvre présumée de l’Au-delà et également les symptômes répertoriés d’une maladie. Est inscrit sur une notice pharmaceutique dédiée: «... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées...». La schizophrénie, cette « maladie » que vous l’on appris à ne pas comprendre, le fond de commerce des religions ; nos enfants ne doivent plus en être les dégats collatéraux. Maurice Champion – Père de jumeaux psychotiques. Cordialement et bienvenue sur mes sites : http://monsite.orange.fr/champion20
#2 - alexandre del Valle said:
15.11.2007 12:18 - (Répondre)
merci pour votre témoignage fort intéressant et original!! j'irai voir par curiosité votre site; bien cordialement; alexandre