Extension du domaine jihadiste de la lutte
A plusieurs reprises, le président de la République islamique iranienne, Mahmoud Ahmadinejad, a suscité l'effroi par des propos négationnistes, anti-occidentaux et judéophobes, tels qu'on n'en avait plus entendus depuis les heures noires du Troisième Reich. Non mécontent de l'effet médiatique qu'il avait produit, en décembre 2005, lorsqu'il avait appelé à la « destruction de l'Etat d'Israël », Ahmadinejad définissait, à la télévision iranienne, la Shoah comme « un mythe sur le massacre de Juifs » et proposait tout simplement aux Juifs de fonder un Etat « en Europe, au Canada ou en Alaska ». Lançant habilement un message de soutien aux antisémites-révisionnistes d'Europe, condamnés par les lois, le zélé Pasdaran iranien déplorait le fait que « les pays européens affirment qu'Hitler a tué et brûlé des millions de Juifs ». [et que dans ces pays], « on peut être jeté en prison pour affirmer le contraire. [ ] Il n'y a pas de raison que les Palestiniens payent le prix de l'oppression des Juifs par Hitler ». Inutile de préciser que ces propos néo-négationnistes et viscéralement judéophobes ont comme objectif, dans le cadre d'une concurrence chiito-salafiste sur le marché du Jihad anti-juif et anti-occidental, de remettre le feu aux poudres du conflit israélo-palestinien et de galvaniser, dans les Territoires, la branche locale des Frères musulmans, le mouvement islamo-terroriste Hamas, vainqueur des élections législatives de l'Autorité palestinienne, le 26 janvier 2006, mouvement directement soutenu et financé par l'Iran tout en étant lié à la fois au Hezbollah, à l'Arabie saoudite et à la Syrie.
Maîtres de la « guerre des représentations »
Avant même d'analyser le contexte international et régional de ces déclarations, deux observations doivent être formulées : premièrement, le caractère redoutablement efficace et démagogique de l'argumentaire révisionniste-pro-palestinien d'Ahmadinejad, qui repose sur une véritable « guerre des représentations », c'est-à-dire sur un retournement des responsabilités et des mémoires : car, dans le monde arabe, l'argument le plus puissant et le plus populaire repose justement sur l'idée selon laquelle les Palestiniens, en payant « injustement » le prix de la faute des « Croisés européens » (Salibiyoun), auteurs présumés de la Shoah, sont les nouvelles victimes par essence, l'équivalent actuel des « Juifs sans terre » d'hier, spoliés de leur Etat et victimes de pogroms et brimades en tous genres.
Une fois admis ce postulat, il apparaît comme naturel d'affirmer que les Palestiniens, « génocidés par les Juifs sionistes » avec la complicité des « Croisés occidentaux », sont les « vraies » victimes d'une Shoah, d'autant plus contestable que la « vraie Shoah » serait celle commise par les « nazis sionistes », responsables du « génocide véritable » : « la Naqbah », nom que les nationalistes et islamistes palestiniens ont donné, depuis 1948, au jour de la naissance d'Israël (commémoré le même jour que la journée de Yad Vashem des Juifs) et que l'on peut traduire de l'arabe par « catastrophe », outre qu'il a exactement la même signification que l'hébreu « Shoah ». D'où l'argumentaire, assassin mais hélas ! - si mobilisateur, des Palestiniens et des antisionistes radicaux de tout poil qui se plaisent à dépeindre les Palestiniens comme l'équivalent des rescapés des camps nazis (ici ce sont « aussi » des « camps » Palestiniens), et Israël comme un « Etat fasciste », « raciste », « génocidaire » et dont le Magen David (l'étoile juive) est souvent accompagné d'une svastika [croix gammée] sur les affiches de propagande palestinienne.
Toute la force de la Subversion et de la guerre des représentations repose sur le phénomène du détournement de Mémoire et de l'inversion sémantique.
Deuxième observation : le monde entier s'est plus ou moins indigné des propos anti-juifs et antisionistes des dirigeants de Téhéran, en oubliant que le Président iranien et l'aile la plus radicale des mollahs khomeynistes ont toujours accompagné leur appels à la destruction d'Israël d'un appel corrélatif, étrangement moins souligné, celui-là, à combattre l'Occident dans son ensemble, invoquant, à ce propos, une sourate du Coran rappelant : « les Juifs et les Chrétiens sont amis les uns des autres, ne les prenez pas pour patrons ».
A la lumière de ce constat, il est à craindre que la politique étrangère occidentale - qui a privilégié, pendant des années, l'ennemi baasiste irakien, au détriment des deux poumons du jihadisme anti-occidental, l'Iran et l'Arabie saoudite -, ait contribué à faire baisser leur garde aux démocraties, et ait permis aux grands pôles rivaux de la conquête islamo-totalitaire de gagner du temps, de s'armer et de profiter de leur statut, toujours revalorisé, de détenteurs des plus grandes réserves de pétrole de bonne qualité. Ceci dans un contexte de raréfaction des énergies fossiles et de surconsommation chinoise et indienne, annonçant une pénurie prochaine.
Concurrence chiito-salafiste sur le marché de la haine anti-juive
L'effervescence islamo-négationniste qui embrase actuellement le monde arabo-musulman et dont le leitmotiv repose sur l'appel à une nouvelle Solution finale des Juifs et des Croisés (Al Yahoud waal Salibiyoun), cher à Ben Laden, était prévisible depuis fort longtemps. L'auteur de ces lignes a payé assez cher le prix de sa franchise, qui consistait à alerter l'opinion plutôt que de pratiquer la politique de l'autruche. Les succès électoraux des Frères musulmans égyptiens ou palestiniens, comme des islamistes turcs ou irakiens, sans oublier l'intégration des Frères musulmans ou autres partis islamistes au sein des pouvoirs algérien, marocain, koweïtien, pakistanais et jordanien, ces dernières années, confirment que l'islamisme, qu'il soit terroriste, intégriste ou « démocratique » a le vent en poupe partout dans la Oumma. Le fait que les versions « jihadistes » continuent à progresser en Irak, au Cachemire, comme en Asie centrale, en Thaïlande, en Indonésie, en Malaisie, ou au Proche Orient, alors que les pouvoirs en place se réislamisent de plus en plus et associent les partis islamistes, a, hélas, démenti l'idée utopique en vogue, selon laquelle l'islamo-terrorisme ne serait qu'une réaction à la « persécution » dont sont victimes les mouvements islamistes dans les pays arabo-musulmans autoritaires plus ou moins « pro-occidentaux ». Bien au contraire, l'histoire de ces dix dernières années a montré que plus les islamistes sont associés aux pouvoirs en place, plus les mouvements islamo-terroristes redoublent de barbarie et surfent sur une « extension du domaine jihadiste de la lutte » [Dar al Harb].
Un constat doit être fait, même s'il contredit les visions béates et les postulats de base des politiques de l'autruche ou néo-munichoises : les nations musulmanes du monde entier sont de plus en plus gagnées par l'idéologie revancharde et haineuse de l'islamisme anti-juif et radicalement anti-sioniste, pour lequel la totalité des maux dont souffrent les « ploutocraties » du Dar al Islam sont dus tant aux « croisés-colonisateurs » qu'aux « américano-sionistes », d'où l'expression chère à Ben Laden : « les Juifs et les Croisés ».
Aussi, par la réactivation d'un discours obsessionnellement antisémite et anti-israélien, l'Iran d'Ahmadinejad ambitionne-t-il tout simplement de redorer son blason au sein d'un monde arabo-musulman majoritairement sunnite, trop souvent demeuré anti-chiite ou méfiant, et de plus en plus investi par les sunnites salafistes, qu'il s'agisse de la branche « canal historique » des Frères Musulmans égyptiens (tendance "modérée"), entrés en force, ces dernières semaines, au Parlement du Caire, avec 88 sièges, ou de celle d'Al Qaïda (tendance jihadiste-terroriste), ou du Hamas, sorti victorieux des élections législatives palestiniennes de janvier 2006.
La nouvelle donne de la seconde guerre d'Irak
Parallèlement, il convient de rappeler qu'après la guerre de 2003 contre le régime de Saddam Hussein, et après de longues années de stratégies de la « tranquillisation » (à travers la figure « sympa » de Khatami, le "modéré"), période qui permit à l'Iran de gagner un temps précieux et de relancer ainsi son programme nucléaire (réel), pendant que l'Administration Bush se focalisait sur le programme coréen (réel aussi et achevé) et irakien (beaucoup plus fantasmatique), le Guide Suprême avait décidé de se débarrasser des mollahs "modérés", afin que les choses commencent à changer dans le sens d'un passage de l'Iran du statut de puissance de troisième plan à celui de puissance de second plan (armements nucléaires et balistiques). La reprise en main totale du régime (menacé de l'intérieur comme de l'extérieur), était d'autant plus vitale, que l'Iran chiite ne pouvait laisser passer une opportunité unique d'élargir sa « profondeur stratégique » dans le berceau arabe irakien du Chiisme puis, à terme, de contrôler la partie chiite de l'Irak en voie de dislocation, en raison des particularismes kurdes et chiites.
Pour mener à bien ce projet, Khamenei a utilisé le corps fidèle des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI), dont la mission allait être de prendre le contrôle de toutes les institutions gouvernementales et stratégiques (y compris les complexes pétroliers). D'où la "nomination" d'Ahmadinejad comme candidat officieux du pouvoir central. On peut dire qu'aujourd'hui, quelques mois seulement après les élections présidentielles de juin 2005, l'opération Khamenei-Ahmadinejad a été un succès quasi total : les « ennemis intérieurs » islamistes "modérés" sont vaincus et marginalisés (Khatami comme Rafsandjani), et les officiers du CGRI occupent à présent non seulement la présidence, mais aussi douze postes au sein même du Cabinet iranien, des centaines de Pasdarans ont été promus au sein de l'Exécutif. dans les médias audiovisuels d'Etat, le Parlement (des dizaines de députés), sans oublier 75 % des postes les plus importants, notamment deux vice-ministres, des gouverneurs, la Direction de la Sécurité interne, la plupart des Banques nationales et même le secteur énergétique et la téléphonie mobile.
Plusieurs changements-clé dans la structure du pouvoir ont par ailleurs été effectués : le plus important concerne le Conseil National Suprême de la Sécurité, qui est devenu l'une des pièces maîtresses de la prise de décision stratégique. Khamenei a, en effet, donné au CNSS de très larges pouvoirs exécutifs, véritable gouvernement officieux en matière d'élaboration de la politique générale. Les anciens « groupes de réflexion » du CNSS ont ainsi été transformés en sept « Directorats ». Cinq de ces Directorats sont d'ailleurs placés directement sous la direction du CGRI et d'Ahmadinejad, qui préside également le CNSS. Par ailleurs, le nouveau ministre de l'intérieur, Hajjatoleslam Mostafa Pour-Mohammadi, qui s'est illustré dans le massacre de prisonniers politiques en 1988 puis dans l'assassinat d'Iraniens à l'étranger, est devenu l'un des hommes les plus puissants de l'Iran.
Khamenei est surtout parvenu à mettre à l'écart des personnalités jadis aussi importantes et incontournables que Rafsandjani, ex numéro-2 du régime. Avec lui, la plupart des fonctionnaires qui lui étaient fidèles ont été marginalisés. Plus précisément, Rafsandjani a perdu tout pouvoir sur l'industrie pétrolière qu'il contrôlait jusqu'alors.
Une chose est certaine : les durs et les ultra-conservateurs n'ont jamais été aussi puissants depuis l'avènement de la Révolution islamique, en dépit même des différences relatives qui opposent les conservateurs au sein du Parlement iranien (7ème Majlis) autour des partisans d'Ahmadinejad et de Ahmad Tavakkoli qui se disputent le contrôle des postes-clé du pouvoir.
Sur le plan international, la "force de frappe" islamiste iranienne et pro-iranienne demeure considérable. L'objectif d'Ahmadinejad consiste, en partie, à montrer à la face du monde que, bien qu'étant non-arabes et non-sunnites, les chiites perses révolutionnaires demeurent les meilleurs « amis » des déshérités palestiniens et d'aussi bons combattants du jihad anti-occidental qu'Al Qaïda.
Malgré l'arrivée au pouvoir à Téhéran, en 1997, d'un Président réputé "modéré", Mohamed Khatami, qui déclarait vouloir dialoguer avec l'Occident, et a fortiori depuis l'élection de Mahmoud Ahmadinejad, en 2005, le pays des Pasdarans n'a aucunement cessé de financer les nombreuses structures islamo-terroristes qu'elle a mises en place aux quatre coins du monde: principalement au Liban, en Palestine, au Soudan, en Asie Centrale, dans les Balkans et en Amérique du Sud.
Les activités secrètes et terroristes financées et contrôlées par Téhéran sont centralisées au sein du Conseil Suprême des Affaires du Renseignement, la Vavak, héritière de la toute puissante Savak, les services de sécurité iraniens. Créée en février 1980, la plus importante des structures d'aide à la révolution islamique dans le monde est le Bureau d'aide à la révolution islamique, ou Cercle des mouvements de libération, ou encore Fondation des opprimés (Mostadhafin). Directement reliés à la République islamique iranienne, le GIA algérien, le Hamas palestinien, comme le Hezbollah libanais, sont en lien permanent avec le Bureau des mouvements révolutionnaires, qui assure, depuis Téhéran, le financement, l'assistance logistique et la coordination des différents groupes islamistes armés.
Parmi les organes de propagation de la révolution islamique iranienne, deux structures internationales ont joué - et continuent encore de jouer, pour la seconde - un rôle considérable dans le monde : le Hezbollah et les commandos Al Qods. Créés en 1987 et dirigés par Ahmad Wahidi, les commandos Al Qods, qui intègrent en un seul corps les forces iraniennes travaillant à l'étranger, sont répartis en huit sections : Irak ; Palestine-Liban-Jordanie ; Turquie ; Afghanistan-Pakistan-Inde ; Europe-Amériques ; Afrique du Nord ; Pays du Golfe ; Asie centrale. Ils disposent de camps d'entraînement, propres à Imam Ali (nord de Téhéran).
Quant au Hezbollah, la plus "belle" réussite de Téhéran en dehors de l'espace persanophone, il permet à Téhéran et au "pôle islamiste chiite", en général, à travers ses ramifications terroristes, politico-religieuses et financières internationales, de disposer d'une puissante structure régionale et internationale de diffusion des idées révolutionnaires islamistes et d'appui logistique aux actions terroristes des différents groupes islamistes, d'ailleurs indifféremment chiites et sunnites, sans pour autant paraître officiellement impliqué.
Du Hezbollah au Hamas
ou l'islamisation annoncée du nationalisme palestinien
La nébuleuse chiite-libanaise et iranienne est étroitement liée aux milieux palestiniens depuis les années 70, avant même l'avènement de la révolution khomeyniste. Les forces islamo-terroristes comme le Hamas ou le Jihad islamique prennent, depuis des années, comme référence suprême le Hezbollah libanais, dont la stratégie est considérée comme seule susceptible de vaincre les "Judéo-Croisés". Jadis incarnée par le Groupe Amal, de l'Imam Sadr, cette connexion libano-irano-palestinienne est aujourd'hui chapeautée, en grande partie, par le réseau tentaculaire de l'Organisation de la Justice révolutionnaire, d'Imad Mughnyeh, et le Jihad Islamique de Hussein Moussaoui (1).
Le Hezbollah libanais est plus présent que jamais en Palestine, où ses drapeaux sont exhibés autour de la Coupole du Rocher et de la Mosquée Al-Aqsa, phénomène quasi inexistant jusqu'en septembre 2000. Ainsi, outre les Shebab, nombre d'étudiants, d'intellectuels et de militants politiques, y compris ceux qui n'ont jamais eu de sympathie pour l'islamisme politique, exhortent désormais les dirigeants palestiniens à imiter le Hezbollah, vainqueur du "Goliath israélien". Indépendamment des responsabilités israéliennes, la situation de chaos actuel en Palestine est largement due à ce phénomène de "hezbollahisation" de l'opposition palestinienne.
L'antisionisme total et la judéophobie néo-génocidaire : thèmes centraux du Hamas
Mouvement historiquement issu du salafisme des Frères musulmans égyptiens et fortement influencé par le nazisme, notamment via le co-fondateur de la Ligue arabe et ancien créateur des Waffen SS musulman des Balkans, le Grand Mufti de Jérusalem al Hajj al Husseini, le Hamas a fondé, depuis ses origines, toute son action sur la lutte à mort contre les Juifs.
Loin de se cantonner à « réagir » face à une « injustice » israélienne et contre la « répression » ou le « néo-colonialisme sioniste », comme le disent nombre d'analystes occidentaux complaisants, le Hamas et ses inspirateurs islamo-nationalistes, emmenés par le Grand Mufti de Jérusalem, commencèrent leur guerre totale contre les Juifs vingt ans au moins avant la création même de l'Etat hébreu (massacres de Juifs de la Nabi Moussa, de Hébron entre 1929 et 1935), à une époque où les sionistes ne cherchaient qu'à vivre en harmonie avec les Palestiniens. L'organisation des Frères Musulmans, qui revendique la création du Hamas actuel, déclara le jihad total contre les Juifs, jihad ne pouvant prendre fin qu'avec le rétablissement d'un Etat islamique palestinien, où ils soient soumis au statut humiliant de dhimmis.
Dans le cadre d'une collaboration étroite entre le Troisième Reich et les nationalistes et islamistes arabes, une nouvelle judéophobie radicale et à prétention exterminatrice se développa progressivement, alors, dans tout le monde arabo-musulman, en plein processus de « libération nationale ». Un mélange explosif « rouge-brun-vert », à l'origine de l'islamisme totalitaire moderne d'Al Qaïda comme d'Ahmadinejad, fut élaboré à partir de matrices aussi paradoxales que détonantes et porteuses de haine : l'idéologie subversive planétaire des Frères musulmans et des Wahhabites saoudiens ("vert"), l'extrême gauche révolutionnaire antisioniste et anti-occidentale ("rouge"), puis la propagande antisémite des anciens dignitaires et cadres nazis (Aloïs Bruner, Johannes Von Leers, François Genoud, etc) recyclés dans le monde arabe ("brun").
On ne rappelle jamais assez que dans les camps palestiniens du Liban (Tall el Zaatar, Bir Hassan), l'OLP, puis le FPLP, recrutèrent des militants néonazis allemands, comme le Groupe Wehrsportsgruppe de Karl Heinz Hoffman. Après la conférence pronazie de Barcelone, organisée par Léon Degrelle (bras droit d'Hitler pour la Belgique et créateur du "rexisme") en avril 1969, des instructeurs nazis comme Erich Altern, alias « Ali Bella », ancien dirigeant régional des Affaires Juives de la Gestapo pour la région de la Galicie, furent chargés de former les Palestiniens.
Parallèlement, l'islamisation de l'Intifada et du nationalisme arabe, puis la récente victoire des Frères Musulmans en Egypte et de leur branche locale dans les territoires palestiniens, ne sont, en fait, que la conséquence d'un long travail de fanatisation, imputable non seulement aux milieux islamistes mais également aux instances officielles de l'islam mondial, à commencer par Al Azhar en Egypte, Médine, en Arabie saoudite, centre du salafisme, puis le Pakistan et l'Iran, qui financent directement le Jihad islamique, le Hezbollah et le Hamas.
De la fanatisation islamo-nazie à la Charte du Hamas
Au moment où certaines bonnes consciences européennes et américaines envisagent déjà de composer avec la « branche pragmatique » du Hamas ou de l'Iran exterminateur d'Ahmadinejad - dont certains vont jusqu'à dire que l'arsenal nucléaire ne sera pas « forcément » utilisé contre l'Occident -, il est bon de citer dans le texte la Charte du Hamas, jamais déclarée caduque, contrairement à celle de l'OLP, et qui fut adoptée en août 1988 : « La Palestine est une terre d'Islam, attribuée aux générations futures de Musulmans jusqu'au jugement dernier [
] aucune parcelle ne saurait en être abandonnée. Israël, parce qu'il est juif et a une population juive, défie l'islam et les Musulmans, car la conspiration sioniste n'a pas de limites, après la Palestine elle voudra s'étendre du Nil jusqu'à l'Euphrate. Aucun pays arabe, aucun roi, président ou organisations, fussent-ils arabes ou palestiniens, ne possèdent le droit de s'en défaire ». On voit ici toute la difficulté de traiter avec des religieux fanatiques qui, non seulement excluent toute « paix » (salam, terme réservé aux Croyants) mais ne conçoivent les éventuels accords ou négociations que comme des « trêves » momentanées (« Houdna ») que l'on peut interrompre à tout moment, vision qui était déjà celle d'un certain Yasser Arafat, ancien élève des Frères musulmans égyptiens, et qui fit capoter les accords de Paix de Camp David et Taba.
Adepte d'un antisémitisme obsessionnel, directement inspiré de la vulgate pré-nazie ou nazie, la Charte du Hamas adhère à l'idée meurtrière du « complot judéo-maçonnique » développée, de sinistre mémoire, dans le faux célèbre, Les Protocoles des Sages de Sion, document qui inspira Hitler:
« Leur projet a été énoncé dans les Protocoles des Sages de Sion [
] les ennemis juifs complotent depuis longtemps [
] ils ont été à l'origine de la révolution française, de la révolution communiste et de la plupart des révolutions [
] de la Première Guerre mondiale et de la Seconde, au cours de laquelle ils ont réalisé d'immenses bénéfices [
] Ils ont fait usage de leur argent pour créer des organisations secrètes qui se répandent partout dans le monde afin de détruire les sociétés et de satisfaire les intérêts sionistes. Parmi ces organisations : les francs-maçons, les clubs Rotary, les clubs Lions, le B'nai B'rith
».
Vers un nouveau Munich ?
Parce que Téhéran, en dépit des graves querelles chiito-sunnites qui divisent la Oumma, en Irak principalement (ce que déplorait d'ailleurs récemment Al Zawahiri, numéro deux d'Al Qaïda), entend réactiver la Révolution islamique mondiale, notamment à la faveur d'une récupération de la haine anti-juive planétaire montante et au nom du « droit à la bombe islamique », toute faiblesse de l'Occident et toute division entre Occidentaux risquent d'être, à terme, lourdes de conséquences, voire suicidaires. A échelle réduite, la tentative de respectabilisation-institutionnalisation du Hezbollah et du Hamas, pièces maîtresses de la stratégie chiito-iranienne au Proche-Orient, participe de la même tentation obscurantiste et munichoise, même s'il est également vrai que le réalisme impose parfois de composer avec ceux qui occupent le terrain. Mais tout dépend de la façon dont on « dialogue » et des arrière-pensées, plus ou moins capitulardes, qui animent le « réalisme ».
Face au totalitarisme islamiste du type de celui des Frères musulmans égyptiens et palestiniens (Hamas), désormais associés au pouvoir, tout comme face à sa variante révolutionnaire islamo-gauchiste, ou rouge-verte, incarnée par le Pasdaran Mahmoud Ahmadinejad, il convient de garder à l'esprit que toute compromission sur les valeurs, au nom du dialogue ou du réalisme, sera analysée comme une victoire islamiste et une faiblesse occidentale.
Parce qu'elle semble avoir renoncé à l'Histoire et à la maîtrise de son destin en renonçant à une politique autonome de défense et de sécurité, puis en désignant ses limites géopolitiques (élargissement à la Turquie), la plus grande épine dans le flanc de l'Unité pan-occidentale demeure la vieille Europe social-démocrate, engluée dans une spirale infernale étatisation-paupérisation-tiersmondisation. Embourbée qu'elle est dans son impuissance stratégique volontaire, la Vieille Europe frappée par un processus vicieux d'involution, ou de progrès à rebours, si bien analysé par Maurice Dantec, s'enracine dans son nouveau statut de dhimmitude avancée, version pro-islamique du syndrome de Stockholm, ou de servitude volontaire, décrit par La Boétie. Phénomène essentiellement psychologico-identitaire, accentué par des considération géostratégiques et énergétiques à court terme, qui poussent les compagnies pétrolières françaises et britanniques à courtiser un Iran néo-khomeyniste qui possède la seconde plus grande réserve d'hydrocarbures de la région et qui constitue une zone alternative cruciale de transit énergétique, face au Caucase instable et à l'Asie centrale chaotique.
Aussi, la Troïka européenne, composée de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et de la France, chargée de gérer le délicat dossier nucléaire iranien, conjointement avec la Russie et les Etats-Unis, devrait-elle, de toute urgence, cesser d'exercer, au sein des instances internationales, des pressions visant à exclure l'option des sanctions contre Téhéran. L'idée de « relancer le dialogue » avec le Gouvernement négationniste et anti-occidental de Téhéran - qui entend reprendre ses activités nucléaires civiles et même militaires est l'une des dernières manifestations de l'esprit néo-munichois qui caractérise de plus en plus l'Europe. Alors qu'il aurait fallu exclure momentanément ce pays de l'ONU et exercer d'impitoyables pressions diplomatico-économiques, tous les pays du monde semblent désormais rivaliser entre eux dans leur soutien indirect au régime totalitaire des mollahs.
Parallèlement - et cela vaut à la fois pour l'Irak, ou le Hamas -, les Etats-Unis et Israël sont, une fois de plus, accusés d'être des « va-t-en-guerre », des « ennemis de la Paix et du dialogue » et sont de plus en plus isolés et critiqués dans leur volonté de réduire la menace chiito-khomeyniste et ses émules que sont le Hamas et le Hezbollah.
Israël devra-t-il, une fois de plus, supporter tout l'effort de guerre et le poids extrêmement lourd d'éventuelles actions préventives visant à le protéger, mais contribuant aussi à assurer la sécurité internationale et occidentale ? Rien n'est sûr, cette fois, étant donné les difficultés stratégiques et tactiques qui rendent extrêmement difficiles une intervention israélienne, ou même américaine, sur les sites nucléaires et balistiques iraniens, à la fois nombreux et disséminés un peu partout et en grande profondeur sur tout le territoire de l'Iran. Nous ne sommes donc plus dans les années 80. Mais plutôt dans les années 30
* Alexandre del Valle, géopolitologue, est notamment l'auteur des ouvrages : Le totalitarisme islamiste à l'assaut des démocraties, et Dilemme turc, les Vrais enjeux de la candidature d'Ankara, paru aux éditions des Syrtes.
Note
(1) Ces deux groupes contrôlent nombre de groupuscules terroristes et radicaux comme le Mouvement indépendant pour la libération des personnes enlevées (Hezbollah palestinien), l'Etendard de l'Islam, l'Organisation de la Justice divine, ou encore le Comité de Solidarité avec les prisonniers politiques arabes détenus en Europe (CSPPA), en perte de vitesse actuellement, mais qui a revendiqué les attentats de décembre 1986, en France, et dont le dirigeant en France, Fouad Ali Saleh, lui-même entraîné au Liban et en Iran, était lié aux terroristes palestiniens. Concernant le Hamas, bien que sunnite, il a été financé et quasiment entièrement contrôlé par Téhéran dès 1992, avec un budget de 10 millions de dollars pour le lancement d'une radio et d'une télévision émettant à partir de la Békaa, au Liban. Les recrues du Hamas sont entraînées dans le camp-école de l'imam Ali, de Karandji (près de Qom), ainsi que dans le complexe de Beït al Makder (également situé près de Qom).


#1 - Kim Jong Ilien 13.07.2007 21:23 - (Répondre)
L' Occident veut tuer tous les Musulmans.La superpuissance Israëlienne possède ,grâce à la France (aide au départ d' EDF pour la centrale de Dimona et du CEA) et aux Etats Unis (Westinghouse) environ 200 têtes nucléaires ,équivalent à 3800 bombes d' Hiroshima de 14 KT de quoi tuer des centaines de Millions de personnes avec des sous marins Dolphin fournis par l' Allemagne lanceurs d' ogives à têtes nucléaires mirvées missiles de croisière Harpoon , des missiles Jericho 1,2 et 3 et des bombes anti-bunker 2B61-11 version nucléaire de la BLU 113 « conventionnelle » fournis par l' aide anuelle des US. Contrairement à ce que l' on pense ,je pense que ces bombes peuvent il est vrai détruire l' ensemble du Moyent Orient, mais avec le développement d' un ICBM Israëlien de portée 6500 Kms dérivée du lanceur spatial Shavit, Israël pourrait tuer tous les Musulmans,y compris les Indonésiens , les Malais et les Pakistanais. D' ailleurs, personnellement, je ne suis pas contre la future destruction du moyen orient par Israël cad la fin des Caucasoïdes d' Asie, mais la probable exterminations des Mongoloïdes d' Asie du Sud Est inquiète. Dans cette perspective, je pense que ni les pays nucléarisés que sont le Pakistan, la Chine et éventuellement l' Inde ne laisseront se dérouler sans rien faire une attaque contre l' Asie du Sud Est.Le seul pays du Tiers Monde capable de provoquer une Mutuelle Destruction Assurée avec Israël est évidemment la Chine qui possède environ 20 Missiles ICBMs DF-31 CSS-9 de 1 Mt ( 70 fois Hiroshima) de portée 8000 km mobile a propergol solide ( 30 minute de préparation) , les futurs missiles Julang 2 lancés à partir des sous marins Type 94 SLBM submarine classe JIN RANGE-7,500 MILESWARHEAD-SINGLE 2.5 MEGATON THERMONUCLEAR OR THREE 90 KILOTON NUCLEAR ,les ICBMs DF 31 A à têtes Mirvées et de vieux missiles DF 5. Mais bon , les Chinois n' ont aucun intérêt à provoquer la superpuissance Israelienne sous peine d' extermination et ont d' autres chats à fouetter. Les Occidentaux ont toujours armé, soutenu et soutiendront toujours les Nazisraëliens qui sont d' ailleurs d' origine Khazars donc Européennes.
#2 - Alexandre del Valle 15.07.2007 13:24 - (Répondre)
Ah bon vous croyez? niente di meno?!!