Suffit-il de condamner Ben Laden pour être un « islamiste respectable » ?
L''indignation des Musulmans républicains face à l'institutionnalisation de l'islamisme en France
Un an après le 11 septembre, forts du succès de l'opération Liberté Immuable, nombreux sont ceux qui croient en avoir fini avec l'Islamisme : le régime taleb est tombé, Al Qaïda a subi de lourdes pertes et Ben Laden semble rétrospectivement avoir commis une erreur stratégique en se mettant à dos la première puissance mondiale. Parallèlement, aux Etats-Unis comme en France ou ailleurs en Europe, des centaines de militants islamistes et de « terroristes saints » sont jugés, expulsés ou derrière les barreaux.
Emportés par un élan optimiste, les dirigeants européens semblent avoir déjà abaissé la garde en vertu de ce syllogisme: Si Ben Laden est un intégriste, ceux qui le condamnent ne peuvent être que des Musulmans « modérés ». Tel est par exemple le cas de certaines figures du salafisme (doctrine officielle d'Al Qaïda), comme Youssef Qardawi - auteur d'un ouvrage disponible dans toutes les librairies islamiques de France, Le Licite et l'Illicite (1992) où l'on apprend comment battre sa femme - qui condamna publiquement les attentats du 11 septembre, ou encore le saoudien Al-Djazaïri, qui exhorte les Musulmans français pieux à produire toutes sortes d'armes pour le Jihad (La Voie du Musulman, 1999), mais n'en est pas moins qualifié dans un grand quotidien du soir de « représentant de la mouvance « modérée » du salafisme
Certes, Qardawi, Djazairi ou Tariq Ramadan ont non seulement condamné les méthodes d'Al Qaïda, mais ont proclamé la France « terre de conciliation » (dar al Ahd/ dar al Solh) ou « terre de témoignage » (dar al Shahada), semblant ainsi rompre ainsi avec la conception classique qualifiant l'Ouest de « Terre de la guerre » (Dar al Harb). Mais ils n'en ont pas pour autant renoncé au jihad qu'ils continuent de légitimer, certes non pas en Europe occidentale, puisque l'Islam peut y être annoncé et pratiqué en toute quiétude, mais dans des zones où les Musulmans sont « oppressés », comme les Balkans, la Tchétchénie, les Philippines ou la Palestine, cause favorite des Frères Musulmans depuis la création de l'organisation en 1928 par Hassan Al Banna. Idéologue favori de l'antenne française des Frères musulmans, l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), Tariq Ramadan, propre petit-fils d'Hassan Al Banna, a d'ailleurs expliqué (L'Islam en questions, 1996) que le Jihad terroriste était inévitable en Palestine. N'oublions pas d'ailleurs que l'antenne palestinienne des Frères musulmans s'appelle le Hamas.
Une question se pose alors pour tout républicain, qu'il soit chrétien, juif, « mécréant » ou musulman: lorsque les responsables politiques reconnaissent comme interlocuteurs officiels des organisations « islamistes modérées » issues des Frères musulmans comme l'UOIF ou du Tabligh (secte ultra-fondamentaliste adhérant à la même doctrine dite « déobandie que les Taliban), mouvances qui proclament leur «pacifisme » en France mais qui appuient le Jihad ailleurs puis ambitionnent de voiler les femmes et d'empêcher l'intégration des beurs « menacés » par les valeurs « impies », sont-ils conscients qu'ils agissent en alliés objectifs du totalitarisme islamiste et trahissent tant la démocratie que les Musulmans libéraux, premières victimes du « fascisme vert » ?
Question essentielle pour l'avenir de notre pays.
Depuis quelques années les pouvoirs publics se sont en effet donnés pour mission d'organiser le culte Musulman en France. L'objectif est clairement de trouver des interlocuteurs crédibles au sein de la seconde religion du pays. L'intention est tout à fait louable et le résultat absolument nécessaire. Après les tentatives infructueuses des Ministres Joxe et Pasqua, Jean Pierre Chevènement a engagé à son tour en 1999 un processus visant à créer une instance représentative de l'islam de France. Il créa ainsi, en catimini, la Consultation des Musulmans de France, y invitant des personnalités du monde musulman et des structures prônant soit un islam politique incompatible avec notre conception de la laïcité soit un fondamentalisme identitaire rejetant toute intégration. Pire encore, la consultation a pris le risque de donner les clefs de l'islam de France aux mouvements les plus radicaux et les plus sectaires et contrôlés idéologiquement et financièrement par des puissances étrangères pas toujours animées des meilleures intentions vis à vis de notre modèle de société. Des musulmans éclairés comme le mufti de Marseille, Soheib Bencheickh, n'ont pas manqué de dénoncer à juste titre cet état de fait. La nécessité de favoriser l'émergence d'une structure représentant l'Islam de France ne doit d'aucune manière mener à la création, comme cela semble être le cas, d'un syndicat des islamistes en France.
A son arrivée Place Beauvau, Nicolas Sarkozy, en charge du dossier, n'a pourtant pas mis fin à cette scandaleuse consultation qui, à terme, donnera une légitimité et un pouvoir incontestable aux représentants de l'islam politique ou fondamentaliste prenant leurs ordres à l'étranger. Au lieu de dissoudre, le Ministre de l'intérieur s'est contenté de geler le processus.
Avant de tenter d'organiser l'islam en France, il faut d'après nous commencer par couper le cordon qui le lie à « l'internationale intégriste » . Pour se faire, il faut procéder à une étude méticuleuse des comptes de toutes ces structures religieuses pour connaître l'origine exacte des fonds qui servent à implanter, dans nos banlieues notamment, une idéologie dangereuse et surtout contraire à nos valeurs d'égalité, de liberté et de laïcité. A l'heure où l'on prononce à raison la dissolution de mouvements néo-nazis comme Unité Radicale, il serait judicieux de visiter les idées tout aussi fascisantes portées par des mouvements comme celui des Frères Musulmans ou des Tabligh, devenus des interlocuteurs de nos pouvoirs publics. Par ailleurs, il faut procéder à la dissolution des associations religieuses déclarées sous le statut de la loi 1901 alors qu'elles devraient l'être sous celui de la loi de 1905. Elles ne pourraient plus ainsi bénéficier des aides ou facilités accordées de façon inconsciente ou irresponsable par les institutions publiques (municipalités surtout).
Ensuite, pour construire, il faut se tourner vers des personnalités religieuses éclairées et courageuses comme l'est Soheib Bencheickh mais aussi vers des personnalités laïques d'origine musulmane pour ne pas laisser la religion aux seules religieux. Les musulmans Français doivent être, aussi, enfin, coupés de la tutelle de leur pays d'origine ou de pays étrangers souvent totalitaires et ennemis de notre conception humaniste de la vie. Il ne faut en aucun cas transiger avec nos valeurs universelles que représentent les droits de l'Homme et la modernité. C'est uniquement à ce prix que nous éviterons d'installer en France un contre-pouvoir et un Etat dans l'Etat, véritable menace pour la paix sociale. Nos jeunes de banlieues d'origine musulmane, psychologiquement faibles, n'ont certainement pas besoin d'obscurantisme pour améliorer leur situation. Les actes antisémites de ces derniers mois comme la présence de Français chez les terroristes d'Al Qaïda sont là pour nous rappeler à la vigilance et à la méfiance.
Vaincre la pulsion suicidaire des démocraties occidentales : la vraie bataille contre Al Qaïda
Les responsables politiques et intellectuels tiersmondistes qui participent à la respectabilisation et à la reconnaissance des intégristes islamistes sous prétexte que ceux-ci ne sont pas tous des terroristes oublient que la lutte contre Al Qaïda n'est qu'un des volets de la guerre contre le Totalitarisme islamiste, lequel menace d'abord idéologiquement les valeurs des démocraties libérales, la stratégie « pacifiste » de « pénétration par étapes » chère aux Frères musulmans pouvant être plus efficace que celle du jihad terroriste. Faudra-t-il attendre d'autres 11 septembre pour que le Monde Libre comprenne qu'il a tort d'accorder la liberté aux ennemis de la liberté ? Que la démocratie est un trésor d'une extrême fragilité à défendre chaque jour? Que les Islamistes qui luttent « pacifiquement » contre l'intégration adhèrent au même projet totalitaire que les terroristes d'Al Qaïda ? Nos dirigeants seraient bien inspirés de relire La société ouverte et ses ennemis de Karl Popper...
· Rachid Kaci est Président de Democratia, Adjoint au Maire de Sannois (Val d'Oise).
· *Alexandre del Valle, géopolitologue, publie le 11 septembre prochain Le totalitarisme islamiste à l'assaut des démocraties, Syrtes, 2002.
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#1 - LECAILLE DAOUD 30.07.2007 20:06 - (Répondre)
Salaam aleikum ! ne craignez rien ! je ne suis pas venu pour menacer ! loin de moi un si sotte idée ! Le fait est que nous autres, musulmans, ne sommes pas a l'abri des gens de mal ! Ne nous blamez pas pour leurs crimes ! Ne nous tuez pas pour leurs méfaits ! Et aidez nous a aider nos frères du tiers monde qui souffrent ! avant que les méchants ne le fassent a notre place ! Seule la paix est juste ! La guerre est un crime sauf pour se défendre ! Paix sur vous !