Entretien avec Calixthe Beyala
Entretien, donc, avec une voix essentielle de la France noire, qui refuse d'abreuver de fausses certitudes l'anxiété identitaire.

Alexandre del Valle / David Reinharc : Vous êtes une intellectuelle reconnue et, présidez, entre autres, le principal mouvement des Noirs en France, qui lutte contre les discriminations. Peut-on dire les choses comme cela ?
CB : Je ne me définis pas comme quelqu'un qui représente quoi que ce soit. Mettons que je me définis d'abord comme une intellectuelle à qui sa communauté reconnaît une certaine capacité de penser et d'agir. Avec le collectif Egalité, j'ai déclenché, en effet, les prémisses de ce que sera la France noire, des rapports entre les Français noirs et la République en signalant les dangers encourus si le problème de représentation des minorités visibles n'est pas résolu. Et déjà à l'époque, j'avais proposé une politique volontariste de mise en place de quotas ou de discriminations positives afin de résoudre ce problème.
ADV / DR : Il semble, oui, que vous ayez abandonné le passé à la député Christiane Taubira pour ouvrir un nouveau front sur l'invisibilité des Noirs en France, surtout dans les médias. Si, grâce à la discrimination positive, on pose des quotas, ne craignez-vous pas que d'autres groupes- les homosexuels, les Jaunes, etc. - ne s'engouffrent dans la brèche d'une balkanisation de la France pour, à leur tour, exiger une meilleure représentativité ?
CB : Etre noir, c'est une captation visuelle immédiate qui discrimine tandis qu'être Juif par exemple, c'est être un Occidental comme les autres. Etre noir, c'est être assigné malgré soi à négritude par le regard de l'autre. Cette assignation à identité on entre là dans le domaine psychologique est mal vécue, et à partir de ce moment, certains revendiquent cette représentation et se radicalisent. Etre juif n'est pas quelque chose de physiquement visible en dehors des signes distinctifs religieux. Etre « homo », de la même manière, ce n'est pas une captation visuelle immédiate, si on ne le clame pas sur tous les toits.
A la différence d'un Juif ou d'un « homo », les Asiatiques sont des minorités visibles. Lorsque je sors dans la rue, immédiatement, je suis vue comme différente : c'est cela, faire partie d'une minorité visible.
ADV / DR : Ne peut-on trouver une contradiction dans votre discours : d'un côté, vous analysez les émeutes des banlieues comme un problème social, de l'autre, vous y apportez, avec la discrimination positive, des réponses ethniques ?
CB : Il n'y a pas de contradiction car ce problème social se pose à cause d'un problème ethnique.
A titre égal, les patrons n'embauchent pas les Noirs. Le taux de chômage chez les Noirs est de 30 % alors que le taux de chômage global en France est de 10 % !
ADV / DR : A propos de minorités visibles, la France noire : combien de divisions ?
CB : Selon moi, il y a 11 millions de personnes d'origine africaine en France si l'on inclut les Nord-africains et les Antillais aux gens d'Afrique Noire. Parmi eux, on peut compter 6 millions et demi de personnes d'origine noire-africaine de nationalité française dont, à mon avis, 700 000 Africains étrangers et parmi eux, pas plus de 10% de clandestins. Sur les 6 millions et demi de Noirs subsahariens, on compte 2 millions 250000 Antillais. On nous dit qu'il est interdit, impensable, impossible de répertorier officiellement en France les origines. Je m'inscris en faux : il existe bien un recensement ethnique informel dés la naissance, en vertu du lieu de naissance de chaque individu et du pays.
ADV / DR : On sent une tentation antisémite depuis ce qu'il est convenu d'appeler l' »affaire Dieudonné ». D'où vient, selon vous, ce rêve secret de voir l'affinité élective entre Juifs et Noirs s'inverser ?
CB : Je pense que cela vient d'une méconnaissance de l'Histoire, et de la souffrance des Noirs en France qui ont été, pour certains, manipulés par des groupes n'ayant aucun rapport avec le monde noir.
Cela n'a pas de racines dans notre Histoire, pas d'idéologues non plus, et donc pas de construction intellectuelle autorisant cette inversion. Les référents du monde noir francophone sont des gens comme Aimé Césaire, Senghor ou moi-même qui n'ont jamais tenu des propos antisémites.
Entre Juifs et Noirs, il y a une alliance naturelle. Dans ses diatribes contre l'esclavage et le colonialisme, Aimé Césaire rappelle que les Juifs sont des alliés.
ADV / DR : L'idéologie antisémite et antisioniste gagne, malgré tout, le monde négro-africain. Afin d'opposer un vrai message de résistance, ne suffit-il pas de puiser dans les ressources spirituelles profondes propres à la culture négro-africaine et rappeler l'analogie établie entre le statut des Noirs et celui des Juifs chez Senghor, Baldwin, Martin Luther King ou Nelson Mandela ?
CB : Tout à fait. Mais dans la désespérance, les peuples sont prêts à accepter des faux prophètes. En l'espace de trois ans, il y a eu quelques noirs prêts à suivre ces faux prophètes pour pouvoir expliquer leur mal-être. Aujourd'hui, je peux parler de cette époque au passé. La tendance, aujourd'hui, dans l'univers noir de France, est inverse.
ADV / DR : Les Juifs stigmatisés comme étant d'anciens « négriers reconvertis dans la finance »
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CB : C'est ridicule. De surcroît, on nous dit souvent que l'Afrique a été détruite par la Traite occidentale et la colonisation. La vérité est que les Noirs Africains avaient déjà été mis à genoux par les Arabes entre le VIIe et le XVIe siècle ! L'Afrique a été, si l'on veut, « achevée » par l'Occident, car la traite qui l'a détruite durant six siècles fut d'abord et surtout la traite arabe, laquelle n'a jamais été dénoncée avec force. La traite et la colonisation arabes se poursuivent hélas dans certains Etats comme le Soudan, l'Arabie Saoudite et la Mauritanie. Les Occidentaux sont arrivés bien après les Arabes. La traite transatlantique fut d'ailleurs bien différente de la traite arabe, qui a consisté en une véritable destruction. Les Arabes occupèrent l'Afrique du Nord et littéralement poussèrent les Noirs toujours plus vers le Sud.
ADV / DR : Dans la loi du 10 mai 2001, qui reconnaît la traite esclavagiste comme crime contre l'humanité, faut-il selon vous, mentionner en plus de la traite atlantique, la traite arabe ?
CB : Oui. Toutes les formes de traites doivent être dénoncées. Les tueries et invasions arabes furent extrêmement destructrices. L'esclavage arabe a annoncé le début de la chute réelle de la culture et de la civilisation noire. Si les Occidentaux avaient trouvé une Afrique solide, il n'y aurait pas eu nécessairement la traite négrière. On a passé sous silence la traite arabe mais il faut, à un moment donné, revenir sur l'Histoire non pas pour juger et se venger, mais juste pour rétablir la vérité historique. Cela continue encore aujourd'hui en Mauritanie - on a tué ces derniers jours 1000 officiers noirs-, au Soudan. Dans les pays arabes, les Noirs souffrent d'un racisme foudroyant et la question noire est taboue. Dans le passé comme au présent, il y a une politique de « purification ethnique » des Noirs par les Arabes.
ADV / DR : Si vous pensez que cette conscientisation existe vraiment, comment expliquez-vous que lors de notre rencontre avec Aimé Césaire, il n'en ait pas parlé ?
CB : Césaire est essentiellement concerné par la traite transatlantique tandis que j'ai, moi, une vision mondialisée. On a passé sous silence la traite arabe au nom du panafricanisme, de l'«Unité africaine », pour des raisons politiques. Je peux vous le dire d'avance : ce silence n'est plus d'actualité.
ADV / DR : Pourquoi alors cette cristallisation de Dieudonné sur les Juifs ?
CB : Dieudonné a peut-être eu des déceptions dans sa vie personnelle et a, c'est certain, été manipulé par des gens qui n'appartiennent pas au monde noir. Sur le plan stratégique et politique, beaucoup ont intérêt à ce que les Noirs soient partis prenante des problèmes au Proche-Orient.
ADV / DR : La souffrance du monde noir serait donc, selon vous, instrumentalisée par la militance antisioniste ?
CB : C'est précisément ce qui s'est passé. On a voulu nous prendre en otage dans une histoire où nous ne sommes pas directement concernés. Certains ont essayé de manipuler des gens qui avaient une voix au sein de la communauté noire. Je peux vous dire que Dieudonné commence à se rendre compte de son erreur. Récemment, il m'a téléphoné très longuement et a reconnu qu'il a eu tort, qu'il aurait dû m'écouter.*
ADV / DR : On sent malgré tout une vraie rivalité mimétique entre Juifs et Noirs, une concurrence victimaire notamment avec la constitution du Collectif des Filles et Fils Africains déportés (référence aux FFDJF de Serge Klarsfeld), les demandes de réparation, l'exigence de repentance de l'Eglise et du droit, in fine, de disposer de sa propre Shoah
CB : Ce n'est pas cela. Les Noirs, estimant que les Juifs ont beaucoup souffert dans la société occidentale et s'en sont sortis, les Juifs deviennent non pas un concurrent mais un modèle à imiter.
ADV / DR : La communauté juive comme modèle. Les leçons apprises par les Israéliens, engagés dans le même processus de construction d'une nation que les Africains, ne devraient-ils pas servir de modèle à ces derniers ? Comme eux, ils ont été engagés dans la lutte anticolonialiste contre les Anglais qu'ils ont chassé.
CB : Le peuple juif est pour le peuple noir le peuple le plus proche. Ce qui a perturbé la donne, parasité la situation, ce sont les antisionistes qui n'ont rien à voir avec la question noire et ont tenté de se servir d'une infime minorité d'Afro-français. Et ces derniers, plus lucides, font marche arrière.
ADV / DR : Comment envisagez-vous de consolider une alliance qui souvent existe déjà dans les faits entre votre communauté et la communauté juive ?
CB : J'ai créé, par exemple, un club d'élite noire de réflexion. Et nous allons lancer, dés la rentrée, des initiatives, des rencontres, des projets afin de recevoir des représentants et des intellectuels juifs notamment, je l'espère, Roger Cukierman, le président du CRIF. La tentative de mainmise des antisionistes sur le monde noir nous a brisé et fait sensiblement reculer le combat pour l'égalité.
Il est temps de remettre les pendules à l'heure.
ADV / DR : Quant à Nicolas Sarkozy, n'êtes-vous pas sévère envers lui lorsque vous le qualifiez de raciste ou d'extrémiste, lui qui fut un des premiers à prôner la discrimination positive, à dénoncer la double peine puis à préconiser le vote des étrangers aux élections locales ?
CB : Je ne traite pas Nicolas Sarkozy de raciste ou d'extrémiste. C'est l'image qu'il renvoie aujourd'hui aux minorités. D'ailleurs, jusqu'en octobre dernier, les minorités mettaient leur espoir en lui et étaient prêts à voter pour lui. Puis, il y eut ses réflexions sur la polygamie, le Karcher et la « racaille ». S'ensuivit l'intime conviction qu'il mettait dans ses discours à l'Assemblée Nationale, les Noirs hors de la communauté nationale. Il a été perçu comme stigmatisant les Noirs et à ce jour, on ne le lui pardonne pas.
ADV / DR : Certains, au sein de l'UMP, lui reprochent pourtant le contraire, c'est-à-dire d'être l'homme des communautarismes. Et surtout, il n'a jamais stigmatisé les Noirs
CB : Peut-être mais alors qu'à un moment donné, il fut perçu comme un homme providentiel, capable de désamorcer la ghettoïsation de la société, aujourd'hui il sert de repoussoir. Pire que Le Pen !
ADV / DR : Pourtant, il dénonce depuis toujours et combat fortement l'extrême droite
CB : Peut-être. Reste qu'en l'état actuel des choses, il ne pourra obtenir les voix des Noirs qui ainsi, j'en témoigne, le perçoivent. Son image a été transformée en quelques mois. On a trouvé son image segmentante et non pas fédératrice. Je suis bien placée pour vous dire qu'il n'aura pas de bulletins noirs.
ADV / DR : Ne pourriez-vous pas tout de même reprendre un dialogue avec lui ? Accepteriez-vous un débat contradictoire avec lui, dans nos colonnes ou ailleurs ?
CB : Pourquoi pas ! Je vous prends au mot !
Ndlr * Hélas, les dernières déclarations de Dieudonné, son appel à ce que la France s'aligne sur la position vénézuelienne le président Hugo Chavez vient de rappeler son ambassadeur en Israël ont au moins le mérite d'être claires : le chantre de l'antiracisme reste le symbole de la barbarie antisioniste et antisémite.


#1 - drzz 17.02.2011 01:56 - (Répondre)
http://www.scribd.com/doc/8260385/Roger-Garaudy-Le-Proces-Du-Sionisme "En 1974, dans le journal Yediot Aharonoth, Menahen Barash utilisait les textes bibliques pour définir l'attitude israélienne à l'égard des Palestiniens : Cette peste déjà dénoncée dans la Bible... Pour nous emparer de la terre promise par Dieu à Abraham., nous devons suivre l'exemple de Josué pour conquérir la terre d'Israël et nous y installer, comme le commande la Bible... Il n'y a pas de place, en cette terre, pour d'autres peuples que celui d'Israël. Ce qui signifie que nous devons en expulser tous ceux qui y vivent... C'est une guerre sainte exigée par la Bible. Lorsque j'écoute, à la télévision française, l'émission israélite du dimanche matin, une conférence sur Les qualités morales et spirituelles de Josué, je suis bien obligé de conclure que la dénaturation de la parabole en récit biblique conduit au crime. Et de dire à des sectaires de ce genre ce que Jean Jacques Rousseau leur disait déjà dans son Emile : Votre Dieu n'est pas le nôtre. Celui qui commence par choisir un seul peuple pour détruire les autres n'est pas le Père de tous les hommes. Le sionisme entrait ainsi dans le droit commun de tous les nationalismes utilisant la religion pour justifier leur politique. "Gesta Dei per Francos" (ce sont les Français qui accomplissent l'œuvre de Dieu), depuis les Croisades jusqu'aux conquêtes coloniales; "Gott mit uns", Dieu est avec nous, disaient les ceinturons des soldats de Bismarck ou d'Hitler, pour vaincre par le fer et par le feu. "Nous avons une mission divine de 13 civilisation", disaient les Afrikaners en créant l'apartheid. Les colons puritains d'Amérique, dans leur chasse à l'indien pour s'emparer de leurs terres, invoquaient Josué et les exterminations sacrées des Amalécites et des Philistins. (Thomas Nelson )"The Puritans of Massachusetts",Judaism, vol. XVI, n·2, 1967.) 1 Nous verrons plus loin les conséquences de cette politique sous Hitler : la coopération de son antisémitisme et du sionisme qui aidait à "vider l'Allemagne de ses Juifs" (Judenrein) au détriment des "Allemands de religion juive" contre lesquels il s'acharna parce qu'ils voulaient rester en Allemagne et qu'on y respectât leur religion et leur culture. Néanmoins cette revendication pseudo-biblique demeurera liée à la politique intérieure et extérieure du sionisme pour en consacrer l'unicité, au nom d'un privilège divin. C'est par exemple au nom de cette unicité métaphysique que je suis accusé de minimiser les crimes nazis parce que je les relie à l'histoire universelle et non pas seulement à l'histoire juive. C'était déjà le reproche adressé à Bernard Lazare, puis à Hannah Arendt lorsqu'elle parlait de la banalité du mal. L'on est invariablement accusé de minimiser les crimes nazis lorsqu'on replace la Shoah c'est-à-dire la persécution sanglante et incontestable des citoyens Juifs par l'antisémitisme hitlérien, dans le contexte de l'histoire universelle. Le massacre d'un seul juif par le nazisme est inacceptable... Mais la sacralisation de ce massacre, de cette Shoah, est, elle aussi, inacceptable 19 Les peuples sont aujourd'hui écœurés par les notions de races supérieures, de peuples élus, du fardeau de l'homme blanc, desalliances avec Dieu et des terres promises, prétentions qui sont aujourd'hui exploitées par les forces agressives et immorales des nationalistes contre les peuples les plus faibles." (p. 244). "Ils n'ont plus qu'un Dieu : l'espace vital (Lebensraum), le nationalisme chauvin." (p. 496) Il montre qu'à l'encontre de l'universalisme des prophètes juifs, l'interprétation tribale et nationaliste de l'alliance et du peuple élu, par ceux qu'il appelle "les barbares tribaux comme Ben Gourion, Moshe Dayan, et tout le gang militaire qui a dévoyé Israël" (p. XIII) ont fait de l'Agence juive et des organisations sionistes, dans le monde entier "des organes du gouvernement d'Israël" (p. 350, 429 et 457) avec la même idéologie raciale que les antisémites. (p. 308) C'est exactement le langage des nazis, celui de Heydrich par exemple : "Le but de la politique juive : l'émigration de tous les juifs", avec la même justification de peuple élu : la race aryenne destinée à dominer le monde pour lui inculquer ses vertus De là découle la nécessité sinon d'une extermination (dont celles de Josué sont la parabole), du moins d'une expulsion de la terre promise au peuple élu, de tout ce qui n'est pas juif. Sur ce point encore ce n'était pas seulement l'opinion, d'un journaliste, c'était la doctrine officielle. Weitz ajoutait : "La terre d'Israël sans les Arabes, car il ne peut y avoir de compromis... Les Arabes doivent être chassés vers la Transjordanie, la Syrie ou l'Iraq." Article 2 : Les mariages et divorces des Juifs s'effectueront, en Israël, en vertu de la loi établie par la Thora." Après 1967, il fallut donc dans le même esprit, donner une signification messianique à toute l'histoire, la fondation de l'Etat d'Israël devenant un événement eschatologique et se trouvant ainsi sacralisé comme une nouvelle idole. La coopération militaire, commencée en 1961, prit une ampleur considérable après Camp David: le Protocole d'entente stratégique signé à Washington, le 30 novembre 1981, comportait une livraison d'armes par Reagan, plus grande que celle prévue par les accords antérieurs, notamment 75 nouveaux chasseurs F-16, quelques jours avant l'invasion du Liban. Si bien que six semaines après l'évacuation du désert du Sinaï, se produisait l'invasion du Liban. Ainsi commençait à se réaliser le projet de Grand Israël et d'un véritable empire du Moyen Orient qu'Ariel Sharon avançait déjà en décembre 1981. A l'exemple des Etats-Unis chassant les Indiens sans fixer de limites à leur propre expansion, Moshe Dayan en 1982, ajoutait: "Prenez la Déclaration américaine de l'indépendance. Elle ne contient aucune mention de limites territoriales. Nous ne sommes pas obligés de fixer les limites de l'Etat." (Jerusalem Post du 10 août 1967). Tout ceci sous la protection inconditionnelle des Etats-Unis, non seulement opposant leur veto à toute sanction, mais fournissant les armes du crime. L'International Herald Tribune du 22 juillet 1982 nous apprend que "le gouvernement israélien aura dépensé cette année 5 milliards et demi de dollars en armements et équipements militaires. Le tiers de cette somme provient du Trésor américain. Cette propagande donne ceci chez l'homme de la rue, eût-il été victime des nazis, comme beaucoup de résistants et moi-même (qui écrivis mon principal ouvrage sur la philosophie de Hegel). Un homme par ailleurs respectable en arrive, intoxiqué par cette propagande funèbre, à déclarer: "Si vous me demandez ce que je réclamerais au peuple allemand, je dirais: une mère pour une mère, un père pour un père, un enfant pour un enfant. Mon âme serait en paix si l'on me disait que six millions d'Allemands mourraient pour contrebalancer les six millions de morts Juifs. Si cela n'est pas en notre pouvoir alors accomplissons au moins une action historique qui leur causera une souffrance similaire à celle du sang versé, crachons-leur au visage." (Mair Dworcezki, au Comité central du Mapaï. 13 décembre 1951) Même l'expression du Lévitique (XIX, 16): "Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l'égard des fils de ton peuple: c'est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même" est interprété de la manière la plus exclusive: utilisant la formule "à l'égard des fils de ton peuple" l'on conclut: le non-juif n'est pas ton prochain.