Points de vue d'actualité sur la Turquie, risques islamistes versus scenario militaire ?
En 2003, lorsque je présentais mon premier ouvrage sur la Turquie, La Turquie dans l'Europe, un Cheval de Troie islamiste, le simple fait de parler de l'Islamisme turc ou de ne pas soutenir la candidature d'Ankara constituait un lèse-politiquement correct. L'UMP n'avait pas encore adopté une position aussi claire que celle du président Sarkozy et le scénario d'un coup d'Etat militaire contre le régime islamiste « modéré » pour défendre la laïcité menacée paraissait totalement folklorique, tant la Turquie était présentée sous le seul jour de la tolérance, du pluralisme et de la démocratie, cas unique en terre d'Islam.
En 2003, lorsque je présentais mon premier ouvrage sur la Turquie, La Turquie dans l'Europe, un Cheval de Troie islamiste, le simple fait de parler de l'Islamisme turc ou de ne pas soutenir la candidature d'Ankara constituait un lèse-politiquement correct. L'UMP n'avait pas encore adopté une position aussi claire que celle du président Sarkozy et le scénario d'un coup d'Etat militaire contre le régime islamiste « modéré » pour défendre la laïcité menacée paraissait totalement folklorique, tant la Turquie était présentée sous le seul jour de la tolérance, du pluralisme et de la démocratie, cas unique en terre d'Islam.
Le moins que l'on puisse dire est que 4 ans plus tard à peine, les pires scénarios turcs, à savoir la montée de l'islamisme et du militarisme, sont redoutés par tous, sur fond de montée générale des sentiments anti-européens, de recrudescence de l'anti-américanisme et de l'antisémitisme, et surtout d'un regain de christianophobie qui se traduit par des assassinats de Chrétiens mais également par une nouvelle vague de négationnisme du génocide arménien, lequel s'inscrit dans la cadre d'une volonté récurrente d'éradiquer les Chrétientés autochtones d'une Turquie ambivalente, « Laïque » mais votant islamiste et n'ayant jamais reconnu la « turcité » de ses chrétiens…
Un Négationnisme d'Etat et une christianophobie croissante ignorés par Bruxelles
Rappelons tout de même que les martyrs turcs-évangéliques sauvagement égorgés le mercredi 18 avril 2007 dans une maison d'édition publiant des bibles protestantes avaient été l'objet de campagnes de haine de la part de medias, de partis nationalistes et islamistes et même de la Direction des Affaires religieuses (Ministère du Culte, Dyanet, sunnite). Le journal Hürriyet a décrit la barbarie extrême du meurtre qui rappelle les méthodes d'Al Qaïda ou du GIA (mutilations, égorgements, assassinat filmé par l'un des complices, etc). Même si les circonstances du meurtre du journaliste arménien Hrant Dink, en janvier dernier à Istanbul, obéissait à des mobiles ultra-nationalistes arménophobes évidents, les meurtriers de Dink adhéraient aux mêmes idées « islamo-nationalistes » et anti-chrétiennes en vogue et dénonçaient son affiliation évangélique. La même haine envers les « missionnaires » protestants ou catholiques, perçus comme « croisés de l'Europe », avait été à l'origine du meurtre barbare, l'an dernier à Trabzon, du prêtre italien Don Andrea Santoro, lâchement abattu de plusieurs balles dans le dos aux cris de « Allah Akbar ».
L'UE, qui n'a pas eu le courage de mentionner l'héritage judéo-chrétien dans le projet de Constitution européenne, ne semble pas vouloir dramatiser ces affaires « isolées », officiellement déplorées par Ankara. Mais il existe bien un climat général croissant de christianophobie en Turquie, comme dans l'Irak voisin ou ailleurs en terre d'Islam. Parmi tant d'autres incitations à la haine, citons cette déclaration d'Ahmet, Imam de Diyarbakir, selon laquelle « les transferts d'organes sont licites, "sauf pour les prostituées, les drogués et les chrétiens »! (20/04/07 Le Monde). Rappelons qu'à Malatya, ville kurde où les nationalistes et les islamistes dominent, il ne reste plus de chrétiens des Eglises traditionnelles d'Anatolie, éradiqués par les génocides et les guerres entre le PKK et l'Etat turc. De sorte que les Protestants évangéliques - souvent des anciens musulmans convertis - demeurent les principaux dangers prosélytes actuels selon les islamo-nationalistes. Les chefs de la communauté protestante de Turquie dénoncent une véritable "chasse aux missionnaires" qui ne semble pas alarmer outre mesure ceux qui, en Europe, espèrent tant de la Turquie « pont entre l'Orient et l'Occident…
Pour ce qui est de la négation du génocide arménien, il s'agit plus que jamais d'une idéologie d'Etat si populaire qu'il est électoralement productif. Dans un article publié par le Washington Times le 28 mars, le Ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül fustigeait les « allégations arméniennes ». Quant au président de l'Institut Turc d'Histoire (TTK), Yusuf Halaçoglu, supposé ouvrir depuis 2005 les « archives » à une Commission d'historiens », proposition qui, concernant la Shoah, avait valu à Bruno Gollnisch (FN) d'être poursuivi en France pour négationnisme, il n'hésitait pas, dans une conférence de presse du 20 Février dernier, à lancer une provocation à l'endroit des victimes du génocide au sujet des fosses communes de la région de Mardin (qui devaient être fouillées) : « S'ils trouvent encore quelque chose, nous dirons : ce sont les Romains qui ont commis le prétendu génocide, nous n'étions pas ici à cette époque là » . Le 14 mars 2007, le journaliste nationaliste Mehmet Ali Birand dénonçait lui-même le refus de M. Halaçoglu d'ouvrir les réelles archives, ce qui n'empêchait pas les chancelleries occidentales de « saluer » l'effort d'ouverture et de « dialogue » du Gouvernement AKP…
La Fin du Kémalisme en Turquie, victoire pour l'UE ou pour les Islamistes ?…
Comme nous l'avons observé depuis la grande manifestation anti-islamiste et laïque du 14 avril 2007 ainsi que celles qui ont suivi, le camp laïque en Turquie est plus inquiet que jamais face à la stratégie de l'AKP visant à instrumentaliser les critères démocratiques européens pour démanteler le kémalisme en Turquie au profit d'une islamisation « par étapes » de la société. Comme nous l'avions rappelé dans le Dilemme turc, il faut bien garder à l'esprit que la Turquie est un Etat fragile, récent et divisé qui n'a jamais résolu sa guerre fondatrice larvée opposant violemment, dès 1923, islamistes et kémalistes. Derin Devlet versus nostalgiques du Califat ottoman…
Paradoxalement, cette crainte des Kémalistes turcs qui défilent contre l'AKP et l'accusent de suivre un « agenda caché » cautionné par Bruxelles – d'où le regain d'europhobie dans les milieux nationalistes turcs - ne semble pas convaincre les dirigeants et la presse en Europe. Elle est pourtant fondée sur un constat logique : l'UE représente la liberté religieuse, le pluralisme, et donc un recul de la laïcité (« Laïknik » chère aux Kémalistes et à la Gauche), et, surtout, la limitation du pouvoir des militaires, sous couvert de démocratisation. Ainsi, en accédant à la Présidence de la République, bastion du camp laïque - qui permettait jusqu'à maintenant d'invalider des lois jugées trop « islamistes » - le Parti de la Justice et du Développement d'Erdogan risque d'être bientôt en mesure de nommer des juges, des dirigeants d'Universités et autres Hauts fonctionnaires issus de l'islamisme, ce qui était jusqu'alors impossible tant que le Président de la République, Ahmet Sezer, était un farouche laïque proche de l'armée et ennemi juré des islamistes. Aussi les élites kémalistes, régulièrement critiquées par Bruxelles pour leur lien avec l'Armée, se sentent-elles menacées par l'AKP et son allié objectif qu'est l'UE.
L'enjeu est de taille, car après la réforme (2004) du MGK (le Conseil National de Sécurité), qui pouvait invalider des lois et était contrôlé par le Chef d'Etat Major de l'Armée - désormais dépourvu de ses prérogatives politiques et démilitarisé sur exigence de Bruxelles - les derniers bastions de la Laïcité républicaine turque sont – en dehors de l'Armée - la Présidence de la République, menacée par l'AKP, le Conseil Constitutionnel, également menacé par le futur pouvoir présidentiel, et le Conseil d'Etat, tout autant menacé par la nomination de nouveaux juges islamistes et depuis l'assassinat d'un Juge du Conseil d'Etat au printemps 2006 par un avocat islamiste ayant traduit à sa manière les violentes diatribes de Recep Taiyyip Erdogan dénonçant les « juges opposés au voile»… Si tous ces bastions sautent à la faveur de l'évolution « démocratique » de la Turquie et de la « Stratégie du Cheval de Troie » de l'AKP, fondée sur l'instrumentalisation des Critères de Copenhague comme boucliers juridiques anti-kémalistes, l'Armée turque demeurera dans un avenir proche l'unique contre-pouvoir des « islamo-conservateurs », les médias et industriels laïques étant de plus en plus terrorisés et réduits au silence par Erdogan (arrestations, procès en diffamation et en lèse-majesté au nom de l'article 301 ; confiscations des industries et Banques des minorités alévies comme les Groupes Suzer ou Uzzan, etc) sans que l'UE ne réagisse.
La situation est d'autant plus grave que plusieurs nominations importantes interviendront dans les prochains mois en Turquie, comme celle du nouveau président de la Cour constitutionnelle. Certes, le président de la République sortant, Sezer, a été maintenu quelques semaines supplémentaires à la tête de la magistrature suprême. Mais il sera remplacé dans un avenir proche par un islamiste de l'AKP, probablement Abdullah Gül, élu au suffrage universel à la faveur de la réforme constitutionnelle votée par le Parlement et avalisée par la victoire de l'AKP aux Législatives anticipées. Ce fervent laïque a jusqu'à présent repoussé plusieurs nominations à la tête d'institutions clés, estimant inadéquates les prestations des candidats soumis par le gouvernement. Parmi eux, le PDG suppléant de la compagnie de radio-télévision publique TRT, un ancien imam, qui administre ce consortium disposant de sept chaînes de télévision et employant quelque 8.000 personnes.
La dérive islamo-nationaliste et la main-mise islamiste sur les médias et la société
Depuis l'intervention américaine en Irak et l'ouverture des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, le pays d'Atatürk n'a jamais été autant travaillé par ses vieux démons néo-ottomans, irrédentistes (Irak), ultra-nationalistes et islamistes. Dans les médias, les discours politiques et les diatribes islamistes, ou même au sein de l'aile radicale de l'AKP incarnée par le Président du Parlement, Bulent Arinc, on retrouve le mêmes rengaines américanophobes, arménophobes, judéophobes et christianophobes, dénonçant les minorités juives ou chrétiennes « complotant contre la Turquie », notamment en Irak, où « Occidentaux croisés » et Kurdes s'évertueraient à « exterminer » les « Turkmènes », au nom desquels Ankara menace d'intervenir si les Américains « continuent de laisser faire »…
Cette idéologie ultra-nationaliste, panturquiste et néo-islamiste, qu'Atatürk condamnait et avait bannies, est la même que celle qui a fanatisé les auteurs « Jeunes Turcs » du génocide arménien et qui est à l'origine du meurtre de Chrétiens aujourd'hui.
Etonnamment, lorsque le Grand turc est coupable de dérives intolérantes et persécutions de minorités (Chrétiens, Alévis, journalistes, oligarques, etc) - que les Eurocrates ne pardonnent jamais lorsqu'elles sont le fait de nations extérieures à l'OTAN come la Russie ou la Serbie - les droit-de l'hommistes sélectifs refusent de « trop accabler Ankara » au motif qu'il ne faut pas « décourager les efforts de la Turquie»…
A l'heure où Tony Blair, José Luis Zapatero et la présidence allemande de l'UE s'évertuent à trouver des circonstances atténuantes à Ankara - lorsque elle s'obstine à refuser de reconnaître la République de Chypre ou le génocide arménien (et même à appliquer le protocole d'Ankara d'Union douanière l'obligeant à ouvrir ses ports aux pavillons chypriotes) -; à l'heure où l'on nous explique dans les débats d'experts que les Minorités sont « respectées » en Turquie et que ce pays est un « allié-ami » de l'Occident ; à l'heure où le Pape Benoist XVI semble cautionner la candidature turque et salue le rôle de la Turquie, « pont entre les civilisations » et « ancienne terre chrétienne », il convient de rester lucide. Prenons garde à ce que le processus d'intégration de la Turquie dans l'UE au nom du refus du Choc des Civilisations ne masque pas un Munich européen sacrifiant sur l'Autel du pacifisme et du dialogue islamo-européen le sort des minorités oubliées de Turquie.
Ne serait-ce que par amitié envers les Turcs et par fidélité aux valeurs humanistes fondatrices de l'UE, les Européens auraient tort de laisser la Turquie s'enraciner dans l'intolérance envers les minorités, l'islamisme, et le nationalisme europhobe sans tirer la sonnette d'alarme. Plutôt que de fustiger le seul kémalisme laïc « autoritaire », jugé contraire aux valeurs européennes, Bruxelles serait bien inspirée de se soucier un peu plus, comme l'a d'ailleurs réclamé le Pape Benoist XVI, du sort tragique des Assyro-chaldéens et des Catholiques, dépourvus de statut-légal, puis de celui non plus enviable des rares Grecs et Arméniens de Turquie, harcelés et menacés à Istambul après avoir été exterminés ou chassés d'Anatolie.
En cette période d'alternance présidentielle, il convient de saluer les déclarations du Président Nicolas Sarkozy, qui déclarait, dans France-Arménie (mars 2007), que « les génocides juifs, arméniens et rwandais ne portent pas seulement atteinte à ceux qui en sont les victimes directes, mais sont une offense à l'humanité toute entière ». Nicolas Sarkozy avait déclaré sur France-Inter le lundi 9 octobre 2006 : « Pour rentrer en Europe, le fait qu'un pays fasse son devoir de mémoire comme l'Allemagne l'a fait, c'est le minimum. Mais ce n'est parce qu'on fait son devoir de mémoire qu'on a le droit de rentrer en Europe. J'ajoute qu'il est très étonnant qu'un pays comme la Turquie qui veut rentrer en Europe commence par expliquer, alors même qu'elle n'est pas membre de l'Union, que l'Europe c'est 24 pays pas 25, puisque la Chypre ne lui plait pas. La seconde condition, c'est que la Turquie rouvre ses frontières avec l'Arménie. Et la troisième condition c'est que la Turquie renonce à la législation pénale qui fait interdiction en Turquie de parler du Génocide ».
On connaît la position de M. Sarkozy sur l'entrée de la Turquie dans l'UE, à laquelle il préfère un « partenariat privilégié » et l'intégration au sein d'une « Union méditerranéenne ». Sensible à la question du génocide et spécialement aux questions humanitaires, et non dénué de courage moral, le nouveau ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, atlantiste convaincu, est quant à lui connu pour ses positions favorables à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Gageons seulement que la fermeté du nouveau Président français, connu pour sa volonté de « moraliser » les relations internationales, seront confirmées lors des prochaines négociations UE-Turquie, notamment en ce qui concerne Chypre, par M.Kouchner, en dépit des différences de vues entre les deux hommes sur la Turquie. Et surtout le génocide arménien et la levée de l'embargo turco-azéri sur l'Arménie demeureront au centre des préoccupations de la nouvelle majorité présidentielle.
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#1 - PEREIRA Orlanda 30.05.2007 12:05 - (Répondre)
Bonjour Mr Del Valle, J'ai eu pour ma part le plaisir de vous entendre hier à alforville (Emmanuel NHJO) et je dois avouer que je vais faire des recherches plus approfondies sur le sujet! Votre discours était trop riche pour que je n'essaye pas de mon coté d'en savoir davantage! La désinformation, la non connaissance conduit à des jugements stériles!!!! JE pense que votre livre m'y aidera et je ne manquerai pas après lecture de vous faire part de quelques impressions! Merci encore pour ce que vous nous avez fait partager et au plaisir de vous réécouter de nouveau peut être bientôt! Cordialement Melle Pereira
#1.1 - del valle 17.07.2007 11:21 - (Répondre)
merci pour votre message si aimable. Ce sera avec plaisir que nous échangerons et poursuivrons le débat teu à Alforville avec le candidat UMp et la commuauté arménienne. La prochaine échéance se sont les élections turques du 22 juillet; Bien cordialement
#2 - Samuel Gourio 14.06.2007 17:09 - (Répondre)
Bravo et merci pour cet article très intéressant. Restons vigilants. Très cordialement, Samuel Gourio
#2.1 - del valle 17.07.2007 11:31 - (Répondre)
bonjour M Gourio, ravi de vous relire ici Bien amicalement alexandre
#3 - SIL said:
15.06.2007 23:34 - (Répondre)
Bonsoir cher Monsieur Del Valle, je suis trés heureux de decouvrir votre blog. voici en echange un echantillon des billets que l'on trouve sur le mien et qui ne manqueront pas de vous faire rire. Les SIL du http://republicoin.blogspot.com Trés bonne continuation et merci beaucoup pour votre travail 300 000 CROISSANTS TURCS…LAICS ?!? Le 23 avril dernier, je vous expliquais que la laïcité turque avait ceci de paradoxal que si elle aime à couper le sifflet de l’islam dominateur, elle adore bien plus encore s’en prendre au christianisme dominé, en coupant les gorges des orthodoxes grecs, des monophysites arméniens, des assyro-chaldéens ou de toute autre religion minoritaire. Il faut croire que l’islam est la seule religion digne de se faire laïciser en Turquie. Les autres se devant de disparaître. Le laïc turc étant particulièrement démonstratif, voici qu’il s’est mis la semaine dernière à illustrer magistralement mon propos. Lors d’une manifestation massive, en faveur de la laïcité, voici que 300 000 Turcs défilèrent en portant des drapeaux frappés des deux symboles de l’islam. L’étoile et le croissant. Eh, oui messieurs dames, le Turc est le seul laïcard au monde à défiler avec un étendard religieux. Épatant non ?!? Tiens, histoire de rire un peu, moi aussi, j’ai décidé de militer pour l’instauration dans notre pays, d’un jour dédié à la laïcité. On n’aura qu’à fixer la date au jour de pâques. Nous pourrons ainsi faire de la défense de la laïcité, un chemin de croix. Un chemin où chacun portera un joli drapeau bleu-blanc-rouge frappé d’une croix de lorraine, d’une croix de malte ou de la croix du Sud. J’hésite encore. Il faut que je demande conseil à mon curé. N’est-ce pas Anne-Marie Delcambre qui parle de « schizophrénie de l’islam » ? C’est bien ça n’est-ce pas… SILidin le Magnifique
#4 - Agnus_Cybioni 02.07.2007 17:58 - (Répondre)
L'origine et les modèles occidentaux du kémalisme sont fort douteux. Si on se replonge un peu dans les caractères intrinsèques de l'Etat laïque d'Attatürk, on s'aperçoit qu'ils ont des racines communes avec ce qu'on appelle l'autoritarisme étatique. Bien entendu, ce fut les modèles de l'époque et une avancée irréfutable vers un modernisme patent (que l'on songe au passage de l'écriture vers l'alphabet occidental, reconnaissons tout de même qu'il s'agissait de pouvoir tourner les relations commerciales vers l'Ouest). Mais la situation actuelle fait peur puisqu'il semble inévitable d'après les données récentes que l'Armée turque et les islamistes vont s'affronter (d'une manière ou d'une autre). Or dans un cas comme dans l'autre, il y a des dangers bien palpables. Dans celui de l'islamisme, inutile d'argumenter, mais dans l'autre cas, nous pourrions craindre un régime de type lybien (style Kadhafi, même si celui là, qui est en place depuis longtemps, s'est "assagi", les leçons de l'Irak, je suppose) ou Tunisien/Algérien ou les Corps de Sécurité Militaire deviennent des Etats dans l'Etat et bien entendu, ne respectent pas les droits de l'homme (remarquez là, ils le feraient pour tous, musulmans ou pas)... En bref, entre les islamofascistes et les militaristes, j'ai de la peine à voir de l'avenir pour la Turquie, à moins (impensable voyons !) d'une conversion de masse au christianisme (sic!)
#4.1 - del valle 16.07.2007 23:11 - (Répondre)
je comprends ce que vous dites! tout le "dilemme turc " est là! c'est ce que j'explique dans mon dernier livre merci encore pour votre message alexandre