Vers la fin du Kémalisme?
Par Alexandre del Valle*
« Vers la fin du modèle laïque turc ? »
Ou les conséquences historiques de la victoire des islamistes turcs du 22 juillet 2007
FRANCE SOIR: Alexandre del Valle, comment analysez-vous les derniers succès électoraux des leaders de l'AKP en Turquie?
ADV: Comme je l’ai expliqué dans le "Dilemme turc", le pays d’Atatürk, père de la Turquie moderne et laïque, cas unique en terre musulmane, n’est plus le même depuis 2002, date à laquelle le parti de la Justice et du Développement (AKP) et le Premier Ministre « islamo-conservateur » R. T. Erdogan, ont pris le pouvoir. Son objectif: démanteler « par étapes » la laïcité turque et les institutions kémalistes, puis islamiser progressivement la société, au moyen de la conquête des postes-clés et bastions laïque de la République turque.
FS/ La situation s'est donc aggravée depuis début 2007?
ADV: Oui! depuis la grande manifestation anti-islamiste et laïque du 14 avril 2007, surtout, les défenseurs de la Laïcité turque sont très inquiets. Ils dénoncent la stratégie du Gouvernement AKP visant à instrumentaliser les critères démocratiques européens, Bruxelles exigeant comme eux la fin du rôle de l’armée, dernier défenseur de la laïcité. Le Gouvernement et la plupart des grandes Municipalités sont déjà contrôlées par l’AKP, les médias sont devenus « islamiquement corrects », les confréries religieuses islamistes, jadis bannies par Atatürk, ont pignon sur rue ; les minorités juive, chrétienne et alévie* sont de plus en plus menacées, etc. Et surtout la Présidence de la République, bastion de la République laïque, risque d’être bientôt accaparée par l’AKP, à la faveur de sa victoire de dimanche, étape préalable avant l’élection présidentielle au suffrage direct prévue pour la rentrée et donnée favorable à l’AKP.
FS/ Sur quoi est fondée la crainte des Laïques turcs?
ADV: Cette crainte des Kémalistes est fondée sur un constat logique : l'UE représente la liberté religieuse, le pluralisme, et donc un recul de la laïcité et, surtout, la limitation du pouvoir des militaires. Ainsi, en accédant à la Présidence de la République, bastion kémaliste qui permettait jusqu’à aujourd’hui d’invalider des lois trop « islamistes », le Parti d'Erdogan pourra bientôt nommer juges, Recteurs et Hauts fonctionnaires islamistes. Il est vrai que le Président de la République actuel, Ahmet Sezer, laïque proche de l’armée, a été maintenu quelques mois à son poste et a jusqu’à présent repoussé des nominations d’islamistes à la tête d'institutions clés. Mais il sera remplacé bientôt par un islamiste élu au suffrage universel à la faveur de la réforme constitutionnelle votée par le Parlement grâce à la victoire de l’AKP du 22 juillet. L’Armée turque deviendra alors l’unique contre-pouvoir face aux islamistes. D’où la crainte d’un coup d’Etat militaire (dernier recours de l’Armée envisagé par le très anti-islamiste Chef d’Etat major, Yasar Buyukanit) et d’où l’éloignement corrélatif de la perspective d’intégration de la Turquie à l’UE.
FS/ Mais la Turquie a entamé des négociations avec l'UE en vue de l'adhésion?
ADV: Oui, certes, depuis octobre 2005. Mais elle persiste à nier l’un des 27 membres de l’Union : la République de Chypre, qu’elle occupe militairement et colonise depuis 1974. Raison pour laquelle, en décembre 2006, les 27 ont gelé huit des 35 chapitres* de négociation d'adhésion, au motif qu’Ankara refusait d'élargir aux Chypriotes grecs l’accord d'Union douanière* européen. La France s’est ainsi opposée, lors du Conseil européen du 22 juin, à l'ouverture d’un des trois chapitres. La position française est que les chapitres impliquant l'adhésion, comme l'Union économique et Monétaire, sont problématiques, Sarkozy ayant promis d’empêcher l’adhésion turque.
Certains accusent le Président d’être bien moins hostile à l’intégration de la Turquie depuis son élection et de s’y être opposé pendant la campagne pour des raisons électorales. La « preuve » serait le choix de Bernard Kouchner, partisan de la Turquie dans l’UE, comme Ministre des Affaires étrangères. En réalité, M. Sarkozy a bien expliqué que la question des frontières de l'Europe se poserait en 2008, lorsque la France présidera l’UE, et a invité à « ne plus mentir aux Turcs » avec une adhésion à laquelle personne ne croit.
Quitte décevoir à moyen terme la Turquie, mais afin de conserver avec elle de bonnes relations à long terme, ne vaut-il pas mieux en effet lui offrir un « Partenariat privilégié » et une place au sein de l’Union méditerranéenne plutôt que de la décevoir encore plus dans 10 ou 15 ans lorsqu’un des 27 bloquera son adhésion par un véto, comme Chypre, qui brandit déjà cette menace si Ankara persiste à occuper l’île et continue de ne pas la reconnaître, ou comme la France, qui a inscrit dans sa Constitution un référendum pour toute adhésion prochaine d’un pays à l’UE….


#1 - isma 05.09.2007 02:54 - (Répondre)
Vous avez une théorie bien extrémiste car vous condamnez un parti qui a su redonner de l'espoir à un pays dominé par les militaires faute de pouvoir civil digne de ce nom. Je trouve que vous bloquez comme d'autre sur la menace de l'islam, toujours la même rengaine qui a pour but de faire sensation. La Turquie cheval de troie??? Mais pourquoi ce terme? Parce que les turcs vont faire du mal aux pauvres européens? Décidément ça frise le racisme...
#1.1 - del valle 06.09.2007 23:56 - (Répondre)
Bonsoir, je ne dis pas que les Turcs font du mal aux Européens, mais que la Turquie se réislamise de plus en plus, ce que vous reconnaissez vous-même, et que l'on juge comme on l'entend. Je ne fais pas de morale et je constate seulement qu'en Turquie comme dans beaucoup de pays musulmans, la démocratie et les élections libre sont des atouts pour les islamistes, tandis que les Laïques souvent incarnés par des militaires éclairés, se méfient de la démocratie électorale et des Occidentaux qui jouent le jeu de ces mêmes islamistes au nom du pluralisme... C'est vrai dilemme, ce que je développe dans mon livre, "Le Dilemme turc", car on a souvent le choix entre le retour de l'intégrisme ou le maintien des militaires laïcs...
#1.1.1 - Fatih 15.09.2007 14:55 - (Répondre)
M. Del Valle, je vais tout d'abord me présenter : mon nom est Fatih et mes parents étaient des militants socialistes turcs qui ont fui la Turquie suite au Coup d'Etat de 1980 pour arriver en France. Vous parlez du rôle de l'AKP vis-à-vis de la question de la laïcité en Turquie et vous l'opposez à une armée que vous jugez "éclairée". Vous avez raison de vous poser des questions à propos de l'AKP, parti dont la base ( anatolienne surtout ) est religieuse. Mais l'AKP de 2002, où la composante religieuse était forte ( on pense à la présence au gouvernement de membres du mouvement national-islamique Milli Görüs ou "Vision Nationale" ) est-il l'AKP de 2007 où la composante conservatrice est beaucoup moins présente suite à une "ouverture" aux libéraux et aux sociaux-démocrates déçus par l'incurie de l'opposition du CHP ? Je ne le sais pas mais je crois que des choses ont changé même si le "passage" en force de la candidature Gül est inquiétant. Vous opposez l'AKP à une armée turque jugée "éclairée". C'est oublier que l'armée turque de 1982 a des commandants clairement réactionnaires tels Kenan Evren, plus préoccupés par la chasse aux "rouges" ( parfois sur simple dénonciation ) que par l'anti-islamisme ( le MSP/Milli Selamet Partisi de Erbakan est juste dissous pour réapparaître plus tard sous le nom de Fazilet Partisi ). N'oublions pas que c'est la Constitution de 1982 rédigée peu ou prou par l'armée, qui impose des cours de religion musulmane dans les collèges et lycées turcs ! Cours qui vont sans doute être abolis par la prochaine constitution proposée par ... l'AKP. Même si je comprends vos inquiétudes, je pense aussi que la société civile turque est très forte, bien plus que les sociétés des autres pays musulmans : garantie peut-être contre un scénario "à l'iranienne". La Turquie est un pays où l'on assiste aussi à un affrontement entre l'armée et la bourgeoisie traditionnelle kmaliste ( CHP ) et les milieux économiques et la nouvelle bourgeoisie turque ( AKP ) pour le contrôle du pouvoir politique. Amicalement, Fatih
#1.1.1.1 - alexandre del Valle 16.09.2007 11:43 - (Répondre)
Cher Monsieur Fatih, je dois dire que j'ai lu avec attention votre billet que j'ai trouvé fot instructif, équilibré et intéressant, et je vous en remercie. Je pense que d'ici 5 à 10 ans nous verons les résultats de l'islamisation rampante de la Turquie de l'AKP. Certes, des libéraux et conservateurs modérés se sont agrégés à la majorité AKP depuis 2002, mais le noyau-dur Erdogan-Gül-Bulent Arinc reste un noyau de dirigeants islamistes réels, liés aux Saoudiens et aux confréries jadis ennemies d'Atatürk qui sont nostalgiques du Califat. Puis vous avez raison de parler de l'Anatolie, le gros du pays, qui adhère à cet islam néo-ottoman et rêve de détruire en douceur la Turquie "roumélienne" de l'Ouest. Enfin, vous avez raison sur les Militaires dans les années 80 dont le jeu, comme d'ailleurs celuides Occidentaux, fut trouble et souvent pro-islamiste face à l'ennemi communiste commun... bIEN CORDIALEMENT ALEXANDRE
#1.1.1.2 - alexandre del Valle 17.09.2007 00:01 - (Répondre)
je partage votre point de vue en partie, sauf sur le rétablissement de l'appel à la prière en arabe, qui a été le fait du Gouvernement de Menderes à ma connaissance et pas d'ONUNU, qui était très laïcard, il serait bon de vérifier ce point, car je suis pratiquement sûr de cela, ce qui n'empêche pas qu'il est vrai que les néo-kémalistes ont souvent été incohérents, et que les Kémalistes tout court nt fait l'erreur formulée par le Tunisien réformiste Habib Bourguiba: au lieu de réformer l'Islam dans le cadre d'un débat libéral, Atatürk, que j'admire mais qui n'est pas parfait comme son surnom le laisserait penser à tort, a domestiqué et réprimé l'Islam. Et la dernière réaction à cette répression de l'Islam est l'AKp et la revanche des nouvelles élites anatoliennes, Cordialement Gule Gulé!! alexandre
#1.1.1.2.1 - Fatih 17.09.2007 16:48 - (Répondre)
Vous avez en effet raison : mon père m'a confirmé que c'est bien Menderes qui a restauré l'appel à la prière en arabe puisque ce thème fut la pierre d'angle de sa campagne lors des législatives de 1950, Inönü alors Président de la République, se retirant suite à ces élections multipartites perdues. Amicalement, Fatih
#2 - Fatih 16.09.2007 17:10 - (Répondre)
On va dire que, étant né en France tout comme mon frère et ma soeur, mon intérêt vis-à-vis de la politique turque est avant tout le fruit d'une simple curiosité. Cependant, même si je n'aime pas l'AKP, je ne comprends pas trop l'image qu'ont les militaires turcs en occident. Ce sont ces militaires qui ont placé sous sequestre les biens des eglises chrétiennes après le coup d'état de 1970, qui ont poussé à l'invasion de la partie nord de Chypre ( même si dans ce cas précis, les motifs étaient peut-être moins contestables ), qui s'opposent à la réunification de l'Ile, etc ... Pour en revenir au Kémalisme, je crois que nous assistons pour paraphraser Michel Winock, aux quatre saisons du Kémalisme : le Kémalisme a été un authentique mouvement national de modernisation dans les années 1920, mais déjà, à partir de la fin des années 1930, on perçoit le second acte de la pièce : comme tout mouvement révolutionnaire, le Kémalisme commence à évoluer dans un sens plus répressif, qui culminera avec les pogroms anti-grecs dans les années 1950. C'est sous Inönü, que l'appel à la prière en arabe est rétabli alors que jusque là, il était fait en turc. Avec la victoire du DP de Menderes puis avec le coup d'état de 1960-1961, nous entrons dans les deux dernières phases, plus néo-kémalistes que réellement kémalistes, marquées avant tout par un nationalisme sectaire et agressif ( répression accrue contre les sociaux-démocrates, les libéraux et les minorités ethniques ou religieuses ), le tout avec un soutien explicite aux islamistes ( MSP, Fazilet, Refah etc ) et de fait, les coups d'état de 1970 et 1980 sont dirigés avant tout contre la gauche et pas tellement contre les islamistes ( alors que ces derniers avaient été désignés comme principal adversaire par Mustafa Kemal en son temps ). La saison du (néo)kémalisme turc est actuellement marquée par un renforcement de la frange nationaliste extrêmiste du mouvement ( cf. Baykal ) et conduit à un délire complet sur la Turquicité menacée à leurs yeux par les Kurdes, les Européens, les Américains etc ... Bref, cette "opposition" est inaudible mais les sociaux-démocrates (un de mes cousins est dans ce cas) en sont réduits à soit voter pour le CHP soit s'abstenir... Quant à l'AKP, il est un peu présomptueux de prétendre comme le fait Isma, que ce mouvement politique a fait naître l'espoir, l'AKP a profité de l'incapacité de ses prédecesseurs à réformer convenablement le pays et à le remettre sur les rails de la croissance et à l'intégrer dans la mondialisation et dans le circuit diplomatique mondial. L'AKP est apparu pour beaucoup de libéraux comme le seul moyen de renforcer la société civile en raison de certaines de ses réformes favorables à une "libéralisation" (même si celle-ci est encore relative) de la vie publique... Je pense donc que le Kémalisme est mort et ... enterré pour le moment, laissant la place à un "Néo-kémalisme" un peu bâtard mêlant socialisme, autoritarisme, nationalisme dur, militarisme etc ... La mort du Kémalisme ce sont les "Kémalistes" ou plutôt ceux qui se revendiquaient de la pensée kémaliste qui l'ont provoquée, en tentant de râtisser large, en essayant de rassembler nationalistes, sociaux-démocrates, militaires, répblicains autoritaires dans un ensemble peu cohérent, et qui a montré ses limites quand Erdogan s'est essayé à "l'ouverture allaturca". Cordialement, Fatih
#2.1 - alexandre del Valle said:
18.09.2007 12:23 - (Répondre)
ouvz-vous me traduire? gelsin c'est jolie (belle journée?),merci d'avance, alexandre
#3 - Fatih 17.09.2007 18:40 - (Répondre)
J'avais oublié : Allahismarladik ! Kolay Gelsin ! :) Cordialement, Fatih
#3.1 - alexandre del Valle said:
18.09.2007 12:21 - (Répondre)
bonjour Fatih, merci pour votre message et à votre père qui vous a transmis et confirmé l'info sur Menderes. D'ailleurs, Menderes est l'une des références préférée de Erdogan, n'est-ce pas? Bien cordialement, tuchukur ederim!; Alexandre
#4 - Fatih 18.09.2007 18:08 - (Répondre)
Kolay = facile Kolay gelsin = "que ça te soit facile" ou "Bon courage" si vous préférez ! :) Tesekkür ederim/sagol = merci joli = güzel iyi = bien Bonne journée = iyi günler (gün = jour) A propos de Menderes, je suis l'affaire d'assez loin, mais en effet, selon certains de mes amis ou membres de ma famille en Turquie, Menderes est "réhabilité" par le gouvernement Erdogan ... enfin pas officiellement puisque cela risquerait de provoquer l'ire de l'Etat-Major Général. J'étais à Istanbul en juin dernier et j'ai alors constaté la présence d'un panneau qui établissait une filiation intellectuelle entre Menderes, Özal (Premier Ministre puis Président dans les années 1980, fondateur de l'ANAP actuellement ANAVATAN Partisi ou Parti de la Mère-Patrie) et Erdogan. Cela n'est guère étonnant si l'on se souvient que Özal ainsi que son frère, étaient membres du Milli Selamet Partisi de Erbakan (heureusement pour lui, Özal a été battu aux élections précédant le coup d'état, ce qui lui a sauvé la mise quelques années plus tard). Cela dit, Menderes n'était pas franchement un islamiste, enfin, pas au sens où le terme est entendu actuellement, il est plus issu du conservatisme provincial turc. Il n'a jamais été franchement revendiqué par un islamiste pûr et dur comme Erbakan, par exemple. Il a donc servi d'icône au Conservatisme turc tel qu'il a été pensé par Özal puis Erdogan, c'est-à-dire un gouvernement plus souple pour ne pas dire laxiste à l'égard de l'application d'une laïcité "de combat" (enfin, la "laïcité" alaturka, i.e. la nationalisation de la religion musulmane sunnite) et s'appuyant sur le suffrage universel (les plus de 50 millions d'Anatoliens et de Kurdes, souvent assez conservateurs), le progrès économique (sous Menderes, l'agriculture fut mécanisée, le secteur de la banque et de l'assurance se développa, l'effort fut porté sur l'éducation, un peu comme sous Özal et maintenant sous Erdogan I et II). Menderes fut impliqué dans les pogroms anti-grecs de 1955, mais bon, ça, tout le monde l'était plus ou moins. Ensuite, Menderes fut un symbole à cause des circonstances troubles de sa mort : jugé puis exécuté sur une île isolée. La thèse officielle fut qu'il prsentait une menace pour la République, mais d'aucuns disent que le problème fut le renforcement des liens avec l'OTAN et les Etats-Unis, ainsi que la reconnaissance d'Israël par le gouvernement Menderes, le tout en développant les relations avec les Etats musulmans voisins (le type n'avait pas peur de la contradiction). Menderes est donc devenu un héros de la cause conservatrice turque, si l'icône de Mustafa Kemal reste présente, l'opposition se fait de plus en plus entre Inönü et Menderes. Cordialement, Fatih
#4.1 - alexandre del Valle said:
20.09.2007 11:04 - (Répondre)
Tuchukur ederim cher Fatih!! je dois dire que les liens quevous établissez entre Erdogan et Menderes puis les contradictons de la politique habile de ce dernier sont très intéressants et conforment ce que j'ai écrit dans le Cheval de Troie à propos de la réislamisation de la Turquie depuis Menderes et l'éviction progressive du kémalisme laïc historique. Mais les Tucs viennent d'Asie, n'est-ce pas,et les Asiatiques ne nous ont-ils pas appris, avec le Ying et le Yan, que la contradiction est humaine et que le paradoxe est parfois plus proche du réel et de l'efficacité que la cohérence logique fomelle? Bien cordialement