Indépendance du Kosovo et la géopolitique des oléoducs
Des élections présidentielles serbes sur fond de rivalités russo-occidentales. Le 22 janvier dernier, le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a entériné avec la son homologue Vladimir Poutine un accord énergétique de la plus haute importance portant sur la construction d'un gazoduc vers l'Europe de l’Ouest via les Balkans.
L’accord avec le « grand frère » slave-orthodoxe, conclu sur fond de crise russo-occidentale autour de l’indépendance du Kosovo et de tracés d’oléoducs acheminant le gaz vers l’Europe, bouscule les plans de la Commission de Bruxelles visant à diminuer la dépendance européenne vis-à-vis des hydrocarbures russes (« projet Nabucco »). Pour Moscou, les pays orthodoxes « frères » comme la Bulgarie ou la Serbie représentent un théâtre hautement stratégique où la stratégie de puissance de Moscou fondée sur la concentration des moyens énergétiques et la conquête des marchés européens peut faire échec au projet occidentalo-européen visant à diminuer la dépendance de l’UE envers l’énergie russe en important du gaz en provenance de l’Iran et de la Mer Caspienne (Azerbaïdjan, Turkménistan et Kazakhstan) via les mêmes Balkans et la Turquie. Bref, à la volonté des Américains et des Européens d’imposer à la Serbie l’indépendance de sa province du Kosovo, peuplée majoritairement d’Albanophones et progressivement vidée de ses Serbes, vécue comme une « trahison », Belgrade répond en devenant une tête de pont géostratégique de Moscou en Europe. Se sentant exclue de l’UE et des pays membres de l’Alliance atlantique, la Serbie envoie un message aux Occidentaux qui craignent le retour géopolitique de la nouvelle Russie qui joue à l’envi sur la « solidarité slavo-orthodoxe » et déclare « inacceptable » l’indépendance illégale du Kosovo. Ainsi, de passage en Bulgarie (pays slavo-orthodoxe membre de l’UE), Poutine a voulu répondre à la stratégie euro-occidentale selon lui hostile et qui viserait à « endiguer » la Russie puisque l’UE préfère dépendre des hydrocarbures « musulmans » (Algérie, Arabie saoudite, Libye : d’où l’idée de faire entrer dans l’UE la Turquie, sur laquelle passeraient les gazoducs en provenance d’Iran et des pays turcophones)» plutôt que du gaz russe. Comme si la chute du Mur de Berlin n’avait pas eu lieu, Russes et Occidentaux se livrent - autour des routes et des sources de l’énergie fossile (dont la Russie est l’un des premiers producteurs) – à une sorte de nouvelle guerre froide géo-économique.


#1 - Martin Boyer 02.02.2008 12:39 - (Répondre)
Cher monsieur, Je suis vos différentes interventions avec beaucoup d'intérèt. Toutefois, ceci n'est pas une réaction à un article, mais un essai de reprendre contact avec vous. Vous vous souviendrez être venu me rendre visite sur ma péniche à Paris, et m'avoir emprunté un livre intitulé "La république des diplomates" et, comme je vous l'ai dit au téléphone il y a quelque temps, je souhaiterais beaucoup le récupérer... Ce livre vous intéressait pour son rappel des persécutions des arméniens dans l'Empire Ottoman, déjà particulièrement tragiques en 1896... Ce livre, qui est difficile à trouver, rappelle entre autre le rôle de mon grand-oncle Paul Cambon, alors notre ambassadeur auprès du Sultan, et vous comprendrez mon désir de le retrouver... Avec mes remerciements anticipés, MB
#2 - Pat 05.02.2008 17:35 - (Répondre)
Bonsoir Alexandre, En parlant de livre....Je vous ai envoyé dernièrement un doc puis un ouvrage remis gracieusement. J'aimerais juste savoir si vous les avez bien reçus svp merci ? car je n'ai pas de réponse à mes mails ... Cordialement
#3 - alexandre del Valle said:
08.02.2008 02:08 - (Répondre)
bonsoir! ok je vais regarder dans la bibliothèque, nous pourrons nous voir bien sûr et merci encore Bien à vous, alexandre