Les réactions ont été extrêmement vives de la part de l’Iran, de la Syrie et des milieux terroristes anti-israéliens, après l’assassinat à la voiture piégée, à Damas, le 13 février dernier, du chef terroriste du Hezbollah Imad Moughnieh. Directement lié aux services secrets iraniens, l’homme il était considéré comme ''ministre de la Défense du Hezbollah''.
Dimanche, 17 février 2008
Bloc-Notes proche-Oriental
Véritable officier des opérations de la milice libanaise pro-iranienne, Moughniyeh animait un courant particulier du Hezbollah et avait son actif non seulement l’attentat de 1983 contre la caserne des Marines américains à Beyrouth (plus de 200 morts), l'assassinat d’Occidentaux au Liban dans les années 80 et l'enlèvement des soldats à la frontière libanaise en 2000 et en juillet et 2006, mais aussi nombre d’opérations « extérieures » effectuées pour le compte de l’Iran : détournement de l'avion de la TWA en 1985 ; attentats anti-juifs qui firent plusieurs centaines de morts en 1993 et 1994 et avaient pris pour cibles le centre communautaire juif (AMYA) et l’ambassade d’Israël à Buenos Aires. Israël avait depuis lors mis sa tête à prix, conformément à la « doctrine Golda Meir » promettant de punir les assassins d’Israéliens civils impunis où qu’ils se trouvent dans le monde (voir assassinat des auteurs de l’attentat contre les athlètes israéliens). Certes, le Bureau du Premier ministre Ehoud Olmert a démenti toute implication d'Israël dans l'assassinat du numéro deux du Hezbollah, mais personne n’en est convaincu dans les milieux islamistes, comme d’ailleurs dans les chancelleries arabes. A Damas, Mohamed Habash, membre du Parlement, a affirmé qu'Israël et '' ses agents sionistes '' étaient responsables du meurtre de Moughniyeh ». L'ambassadeur d'Iran à Damas, Ahmed Moussavi, avertit que l'assassinat imputé d’office à l’Etat hébreu, allait provoquer un véritable ''tremblement de terre pour le régime sioniste''. Le FPLP (Front National pour la Libération de la Palestine), a également menacé Israël d'une riposte visant des hommes politiques israéliens. Le Hamas palestinien a lui aussi violemment condamné l'assassinat, appelant « les Musulmans dans le monde et les pays arabes à agir radicalement contre l'ennemi sioniste qui menace la sécurité du peuple arabe ». Le Hezbollah a quant à lui placé ce samedi ses 50 000 miliciens en état d'alerte, suite aux déclarations de Nassrallah appellant à « venger la mort de Moughnieh ». Le Hezbollah aurait même demandé d'évacuer les installations non-militaires et les institutions politico-sociales du mouvement en vue d'une confrontation avec Israël. L'Ambassade américaine à Beyrouth aurait de surcroît invité de son côté son personnel au Liban d’être vigilants et d'éviter d’utiliser les téléphones portables. C’est que les Etats-Unis se sont officiellement satisfaits de la mort de Moughniyeh et s’attendent à un embrasement régional, dans le contexte général de durcissement de ton face à l’Axe Iran-Syrie-Hezbollah et du renforcement des sanctions contre l’Iran sur le point d’acquérir l’arme nucléaire. D’après les experts de l’antiterrorisme, l’Iran et le Hezbollah risquent de répliquer vite à l'assassinat de Moughniyeh. Toujours est-il que l’étau se resserre autour de la Syrie et de son allié, l’Iran islamiste, officiellement solidaire de terroristes comme Moughniyeh et qui se militarise toujours plus avec le renforcement des Pasdarans dans les structures décisionnelles: Ainsi, le Président Bush a annoncé l’extension des sanctions et restrictions contre les membres du gouvernement syrien. Parallèlement, la Russie a, malgré les contentieux croissants russo-américains, annoncé qu’elle pourrait voter un renforcement des sanctions contre Téhéran, appuyé sans réserves par la France : Kouchner comme Sarkozy ont publiquement émis des doutes quant aux soi-disant « progrès » réalisés par Téhéran souligné dans le dernier rapport controversé du directeur de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), M. Baredei. Pour Paris, loin d’être abandonné son programme militaire nucléaire, Téhéran serait sur le point d’atteindre cet objectif d’ici à deux ans, si l’enrichissement de l’uranium à 90% était décidé par Téhéran. De leur côté, les pays sunnites du Golfe persique, qui redoutent autant qu’Israël « l’Axe irano-syrien), ont d’ores et déjà annoncé qu’ils appelleraient Israël et les USA à la rescousse au cas où l'Iran se doterait de l'arme atomique. Sami al-Fradj, conseiller stratégique du gouvernement koweitien, est allé jusqu’à déclarer que : ''les pays du Golfe n’accepteront pas que l'Iran détienne l'arme nucléaire », tablant sur le fait « qu’Israël bombardera l'Iran, comme il l'a fait à Osirak en Irak en 1981 ».
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