Les enseignements de la banqueroute grecque
Selon l’Eurogroupe, qui exclut une intervention directe des Etats, la Grèce peut éviter le pire en appliquant son plan d’austérité (4,8 milliards d’euros d’économies) jugé convaincant par la Banque centrale européenne.
Après la crise financière des subprimes, nous risquons de connaître celle encore plus grave des Etats en faillite. Pour certains, ce n’est pas seulement l’euro mais aussi l’Union européenne qui est en danger. Il est temps de tirer les leçons de la faillite de l’Etat grec. L’euro est une bonne chose, mais pour être viable, il devrait être le reflet d’économies coordonnées et harmonisées. De plus, à la différence des Etats-Unis, l’Europe ne dispose pas de fond fédéral habilité à injecter des milliards pour rééquilibrer les comptes d’Etats en faillite.
Ainsi, depuis l’abandon des monnaies nationales, le rééquilibrage des comptes ne peut plus se faire en douceur par des moyens comme la dévaluation, mais uniquement par la solution brutale des politiques d’austérité drastiques, tel le plan adopté par le gouvernement grec qui fait payer la facture au peuple : gel des retraites, baisse des revenus des employés du public, réduction des primes salariales, augmentation de la TVA et des prix de plusieurs produits, etc. Des sacrifices qui seront contestés par la violence des rues. Car la Grèce est déjà au bord de l’explosion.
« Les Européens vivent tous au-dessus de leurs moyens »
C’est en tout cas ce que craint Jean-Luc Schaffaeuser (*), l’influent et discret conseiller des princes qui avait prévu la crise des subprimes dès 2005, « l’injustice perçue par l’opinion repose sur le constat que les mêmes Etats qui ont dépensé des milliards pour sauver des banques responsables de la crise financière (dont beaucoup auraient dû être sanctionnées), refusent de débourser un euro pour sauver les peuples »… Par ailleurs, la grave erreur est de croire que la crise est terminée ou que la reprise est là. Car « la crise est profonde et structurelle. Les Européens – et pas seulement les Grecs – vivent tous au-dessus de leurs moyens ». Le déficit public français a pris plus de 20 % de plus en trois ans : sur cette lancée, dans quatre ans, la France connaîtra la même tragédie que la Grèce… Au niveau européen, en effet, le problème de fond n’a pas été traité : les déficits publics de plusieurs Etats menacés de faillite sont intenables.
D’après un autre expert iconoclaste, Jean Ewald Kramer (**), haut fonctionnaire international ayant contribué à la création de l’euro, l’exclusion de l’euro des « très mauvais élèves » comme la Grèce permettrait d’éviter le pire. Athènes pourrait régler son problème d’endettement colossal en « adoptant le drachme, dont la parité de change inférieure rendrait les exportations plus compétitives, ce qui « permettrait de rétablir une balance commerciale assez positive pour générer des revenus imposables supplémentaires, lesquels permettraient d’augmenter les recettes fiscales, d’où une réduction de la dette du pays ». D’ailleurs « rien juridiquement ne s’opposerait à ce que la Grèce, Etat souverain, transforme par une loi sa dette en euros en une dette libellée en drachmes », comme le gouvernement français le fit en 1999, en transformant sa dette (libellée en francs) en une dette en euros. Mais cette option est totalement exclue par l’Eurogroupe et la BCE.
Une Europe à géométrie variable
Ainsi, d’après notre expert, qui conteste le dogme de « l’euro fort » cher à Jean Claude Trichet, l’euro serait « plus viable s’il prévoyait, grâce à un contrôle strict des banques commerciales par la BCE, de pratiquer autant de politiques monétaires que de pays, selon qu’ils sont en croissance ou en récession, car rien dans le Traité de l’UE ne l’interdit ». Pour Kramer, « la BCE devrait donc réformer sa politique monétaire, en pratiquant des taux différenciés par groupes d’Etats Membres » présentant des caractéristiques d’homogénéité économique. En conclusion, il semblerait qu’une Europe à géométrie variable ou à plusieurs cercles serait plus réaliste qu’une Europe unique niant les disparités persistantes sans pouvoir y remédier.
(*) La crise financière : stop ou encore ?, Jean-Luc Schaffaeuser, à paraître. ** L’Euro, Jean Ewald Kramer, Les Syrtes, 2008.


#1 - le turc 13.03.2010 23:58 - (Répondre)
ca doit vous faire mal,très mal, de voir la turquie que vous attaquez depuis tant d années,de prendre de plus en plus d importance sur la scène mondiale, aussi bien sur le plan politique qu' économique.Ne vous en déplaise monsieur delvalle, la Turquie continue son chemin;la caravane passe même si vous aboyez. Comment avez vous vécu les excuses humiliantes d israêl à la Turquie? votre rage a t elle décuplée, ou alors était elle deja à son paroxysme? Vous savez plus vous êtes anti-turcs plus on se réjouit.Comment vivez vous le fait qu on est la 16ème économie mondiale? Je crois que ces derniers années la Turquie a bien montré aux sionistes, aussi bien en israêl que dans le monde,qu' elle aura toujours une réponse adéquate. Ce que j aime chez mon peuple,c est qu elle soit un des peuples le plus fière et le plus lucide sur le sionisme. En turquie ,les chantages à l antisémitisme ne passent pas ,bien au contraire, on se laisse pas entrainez dans cette manipulation destiné a occultez les vrais problèmes et les causes des conflits:le sionisme. Nous ne sommes pas des gens qui pensent que les juifs contrôlent le monde et que c est irréversible, au contraire , bien que le sionisme contrôle en partie les leviers de pouvoirs dans certains pays comme la france et les états-unis, nous pensons que c est juste un château de carte et qui va bientôt et inévitablement s'écrouler. Erdogan n arrange pas les affaires du sionisme, notamment en se rapprochant de l iran, de la syrie et des autres pays de la région .En effet, Erdogan réalise en quelque sorte le cauchemar du sionisme qui fait tout pour affaiblir et divisés les pays de la région. Moi ,je prévois que c est la Turquie qui va mettre fin à l existence d israel et non l iran. Je leur recommande de tirer les leçons du passés et cette fois de n en laisser aucun vivant. Ca sera la , peut etre la derniere guerre auquelle participera israel car les turcs n aiment pas troj jouer avec le racisme et les juifs qui représente le pire.Plus de juifs , plus de conflits!
#1.1 - alexandre del valle 20.03.2010 12:09 - (Répondre)
monsieur, vos propos n'honorent pas votre pays. Je trouve votre message plein de haine, pas seulement envers moi mais envers le sionisme comme vous dites, Israël, les Juifs. En plus, vous vous trompez, je n'attaque pas la Turquie, lisez mes livres, j'attaque ceux qui veulent rétablir progressivement l'ordre de la Sharià en turquie et utiliser l'Europe pour renverser le système kémaliste et le derin devlet. Vous savez très bien cela...
#2 - Wolf25KRISTINA said:
16.03.2010 13:12 - (Répondre)
People in all countries get the loans from various creditors, because this is easy.
#2.1 - alexandre 20.03.2010 12:17 - (Répondre)
yes it's true.. untill they can not pay back anymore... Thanks, all the best, let's share more reactions about that, alex
#3 - conte said:
16.03.2010 15:11 - (Répondre)
Ce que nous redoutions semble malheureusement en passe de se produire, on le saura lundi prochain : l’Allemagne, la France, et d’autres pays européennes, vont offrir des garanties financières à leurs institutions financières pour qu’elles achètent des emprunts grecs, pour un montant de 20 milliards d’euros
#4 - alexandre del Valle 20.03.2010 12:14 - (Répondre)
intéressant, merci de développer votre point de vue, si vous le voulez bien, que redoutiez-vous exactement? Comme vous constatez, mon scénario passimiste de l'exclusion de la zone euro de certains pays dans un futur proche n'est pas un phantasme d'eurosceptiques mais devient une menace sérieuse brandie par Angela Merkel elle-même. Mais je pense que l'UE ne laissera pas le FMI agir avant, et Sarko veut à tout prix empêcher (il a raison) DSK de récupérer le dossier grec à son avantage et utiliser cela pour 2010...
#5 - finn said:
17.09.2010 15:02 - (Répondre)
Very informative post. Thanks for taking the time to share your view with us.