Pour certains, Al Qaïda serait à bout de souffle, et l’islamisme radical ne serait qu’une réaction à « l’impérialisme occidental ». En fait, les nouvelles du Jihad montrent plutôt que les islamo-terroristes tuent d’abord et surtout leurs « frères » musulmans. Au Pakistan, l’attentat suicide perpétré le 9 juillet dans le nord-ouest du pays (région du Mohmand) près de la frontière afghane (102 morts) visait non les forces américaines, mais les humanitaires de l’ONU et des civils musulmans.
Ceux-ci ont été sauvagement massacrés lorsque la moto-bombe d’un kamikaze a été lancée contre le local où le Programme alimentaire mondial de l'ONU distribuait de la nourriture et des fauteuils roulants… Il s’agit de l’attentat islamiste le plus meurtrier depuis celui de mai dernier, à Lahore, contre les membres de la secte soufie des ahmadis. Rappelons que le district du Mohmand, peuplé de pachtounes, l’ethnie des Talibans, est un fief du Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP), affilié à Al-Qaïda depuis 2007. On lui attribue 400 attentats-suicides et 3.500 morts dans le pays en trois ans, dont une grande majorité de musulmans… Un phénomène visible partout ailleurs : à Gaza, les terroristes du Hamas règnent en maîtres absolus, tuent et menacent leurs frères plus modérés de l’Autorité palestinienne, au le prétexte de lutter « plus qu’eux » contre Israël. En Somalie, les insurgés « Shébab » qui contrôlent la majorité du pays, massacrent leur peuple, non les « croisés occidentaux ». Exemple : mercredi, ils ont exécuté à la grenade près de Mogadiscio 2 jeunes musulmans coupables d’avoir regardé en groupe à la télévision la demi-finale du Mondial Espagne-Allemagne, une activité « anti-islamique »… Mercredi dernier, en Irak, des attentats islamistes ont tué des musulmans chiites participant à un pèlerinage dans les rues de Bagdad (33 morts et 99 blessées) et se rendant au mausolée de l'imam Moussa Kazim. D'autres bombes ont explosé à Al-Jadida et Foudaïlia, dans l'est de Bagdad. En trois jours, 70 musulmans chiites ont été tués, non par des G’Is américains, mais par des terroristes musulmans sunnites. Il est vrai que les chiites, minorité de l’islam, mais majoritaires en Irak (pays des lieux saints du chiisme), sont une cible privilégiée des islamistes sunnites qui craignent leur force politique en Irak depuis la chute de Saddam Hussein (sunnite) en 2003. Là dénonciation des chiites « complices des envahisseurs » est ici un prétexte pour régler des comptes qui n’ont rien à voir avec « l’impérialisme américain ». Face à cette follie meurtrière, le théologien Mohamed Tahir-ul-Qadri a rejeté toute justification du terrorisme islamiste et affirmé dans une fatwa que les Kamikazes « ne deviendront pas des héros de l’islam mais du feu de l'enfer". On aimerait voir de telles fatwas adoptées en Arabie saoudite, à l’Université égyptienne d’Al Azhar, ou a fortiori par les leaders musulmans européens qui empêcheraient ainsi que des jeunes soient fanatisés. Mais Muhammad Tahir-ul-Qadri appartient au mouvement soufi Minhaj-ul-Quran, école mystique minoritaire, cible d’attentats terroristes. Or les islamistes radicaux ont justement pour ennemis premiers, avant même les Occidentaux, les « mauvais musulmans » et les minorités musulmanes (soufis, alévis, chiites, etc). La violence islamiste n’est donc pas une réaction d’« opprimés », de « pauvres ». Elle est l’instrument fascisant permettant aux extrémistes islamistes, issus de familles riches, comme Ben Laden, d’assoir leur domination absolue, au nom d’une pensée islamique « officielle » jamais changée depuis le XIème siècle et hostile aux minorités. D’où la nécessité d’une « réforme de l’Islam » et d’écouter les musulmans libéraux avant qu’ils ne soient tous liquidés ou réduits au silence… Citons seulement en France le courageux imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, dont les militants pro-burqa et pro-Hamas réclament la tête pour avoir défendu l’« islam républicain » puis condamné le terrorisme et l’antisémitisme…
Commentaires