La Corée du Nord : pierre d’achoppement sino-américaine
Récemment condamnée par les pays du G20, la dictature communiste nord-coréenne a menacé samedi de recourir à une «puissante dissuasion nucléaire» en « représailles » aux manoeuvres militaires lancées dimanche par les Etats-Unis et la Corée du Sud en mer du Japon. L’US Navy qui dispose de 28500 GI's dans la péninsule, a officiellement pour mission de démontrer la détermination américaine en réaction au naufrage, fin mars dernier, de la corvette sud-coréenne Cheonan (46 marins morts) et qu’une Commission d’enquête internationale attribue à la Corée du Nord. Rappelons que ce régime qui affame sa population et consacre l’essentiel de ses ressources aux armements pour satisfaire les délires paranoïaques de son dictateur Kim Jong il, menace ses voisins sud-coréen et japonais.
Certes, Pyongyang n’en est pas à sa première menace verbale qui ne tiendrait pas plus d’une minute en cas de confrontation globale avec les Etats-Unis. D’où la réaction ironique du porte-parole du département d'Etat américain P.J. Crowley qui a conseillé aux Nord-coréens de « mieux évaluer la situation actuelle » et d’être plus « constructifs ». Dans un communiqué commun, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont averti que « toute nouvelle provocation du régime de Kim Jong-il (le dictateur stalinien de la Corée du Nord) aura des «conséquences graves ». Assisterait-on à un raidissement de l’Administration américaine de Barak Obama après des années de laisser-faire durant lesquelles les Etats-Unis ont étrangement permis à la Corée du Nord d’acquérir une industrie nucléaire civile et militaire alors que l’Irak moins avancé dans le domaine était éradiqué par les bombardements ? En fait, cette fermeté survient juste après l’échec diplomatique de Washington qui n’a pas réussi à faire adopter au Conseil de sécurité une condamnation de Pyongyang bloquée par les diplomates chinois et russes. Certes, la Corée du Nord a été condamnée verbalement au sommet du G20 et le 9 juillet, l'ONU a dénoncé le naufrage attribué à la Corée du Nord sans sanction effective. Les États-Unis et la Corée du Sud ont d’autant plus été déçus qu’ils avaient retardé 2 fois leurs exercices navals pour tenter de rallier la Chine. Prenant acte de l’inefficacité des moyens diplomatiques et onusiens, les Etats-Unis ont donc lancé unilatéralement des sanctions visant les trafics d'armes et de produits de luxe attribués au régime nord-coréen. But de Washington : saper les réseaux financiers qui alimentent ces trafics en menant des frappes ciblées contre certaines banques suspectes. Ce nouvel activisme inquiète la Chine, qui a comme objectif principal géostratégique dans la région de mettre fin à la présence militaire et maritime en Mer de Chine et en Asie. Le dictateur psychopathe Kim Jong-il a réussi à attiser les tensions entre les Etats-Unis et la Chine, rivales pour le contrôle de l’Asie-Pacifique. Ainsi, Washington, qui semblait avoir rallié la Chine et la Russie entre mai et juin derniers pour adopter des sanctions contre l’Iran, accuse maintenant Pékin d’empêcher l’adoption d’une nouvelle condamnation de la Corée du Nord aux Nations Unies. De son côté Pékin prend comme un revers humiliant la décision prise par Obama ce dimanche de reporter jusqu'en 2015 le transfert à l’armée sud-coréenne du commandement des opérations militaires dans l’hypothèse d’un conflit dans la péninsule, ceci au nom de la menace en provenance de PyongYang. Conclusion, si Obama envisage de procéder au retrait des troupes US d’Afgfhanistan, tel n’est pas le cas de l’Asie-Pacifique, région où les budgets militaires sont les plus élevés du monde. D’où aussi la décision américaine et sud-coréenne d’organiser 10 exercices navals dans les prochains mois pour tenter de faire plier la Corée du Nord, qui continue de développer un programme nucléaire et balistique puis continue d’équiper en missiles longue portée son allié islamiste iranien. Quant à eux, les Chinois, qui estiment que la menace nord-coréenne n’est qu’un prétexte pour justifier la domination américaine en Asie, ont annoncé des exercices d'artillerie côtière.

