La tentation de l'exil des Juifs de France : fatalité ou erreur ?
Mise en perspective du problème dans le cadre de la crise irakienne et de la nouvelle donne internationale
Ce texte est tiré d' ALTALENA.
Rédacteur en chef : DAVID T. REINHARC
Responsable de la section culturelle et universitaire du Tagar.
Travaille dans une librairie/Maison d'édition. Journaliste.
Si vous souhaitez participer de quelque manière que ce soit à ALTALENA : david.reinharc@noos.fr
Depuis le déclenchement de la seconde Intifada dite « Al Aqsa », en septembre 2000, depuis le 11 septembre 2001 et surtout depuis la seconde crise irakienne, qui s'est soldée par le démantèlement du régime de Saddam Hussein, partout en Occident et dans le reste du monde on a pu constater la recrudescence de la haine anti-juive, de l'anti-sionisme et de son corollaire, l'anti-américanisme, le sort des Juifs étant directement lié à la perception négative croissante des Etats-Unis comme du petit Etat hébreu. Constatant à juste titre une montée d'une forme particulière de judéophobie s'exprimant à nouveau ouvertement sous couvert d'anti-sionisme, nombre de Juifs français, qui déplorent la politique résolument pro-arabe de la France et l'anti-sionisme flagrant des médias comme d'une partie de la population française (en provenance des milieux politiques d'extrême gauche et arabo-islamiques), sont de plus en plus tentés par l'option du départ, non pas uniquement l'Alyah vers la Terre promise, mais plutôt l'exil vers d'autres pays occidentaux, principalement les Etats-Unis, perçus comme les « seuls véritables amis d'Israël ». D'une façon générale, l'impression selon laquelle l'Europe aurait sombré dans la « dhimmitude » (Bat Yé'Or) et jouerait globalement la carte arabo-islamiste et pro palestinienne en sacrifiant ses Juifs, à la différence d'une Amérique « non-munichoise » qui défendrait coûte que coûte Israël et ses fils, est fortement ressentie dans l'ensemble de la communauté juive de France et d'Europe. Elle est selon moi partiellement juste et fort légitime, même si des nuances doivent être impérativement apportées.
Deux remarques me viennent immédiatement à l'esprit : premièrement, le racisme anti-juif, la haine anti-israélienne et l'antisionisme d'origine arabo-islamique ou d'extrême gauche ne sont pas le seul fait de l'Europe et de la France. Les Etats-Unis ne sont pas une nation monolithique qui serait pro israélienne, judéophile et anti-islamiste par nature et pour toujours. Comme le déclarait récemment un responsable du Jewish Americain Congress s'exprimant devant l'Union des Patrons Juifs de France (UPJF), « la seule différence entre les Etats-Unis et l'Europe, c'est l'importance et l'action de la communauté juive ». Il ne faut pas se leurrer. Les Juifs doivent avant tout compter sur eux-mêmes. Aucune situation plus ou moins favorable n'est définitivement acquise, pas même celle dont bénéficient les Juifs aux Etats-Unis. Aussi la condition diasporique est-elle l'enjeu d'une lutte permanente et revêt-elle autant d'importance pour la communauté que l'Etat hébreu, lequel a autant besoin de la diaspora que l'inverse.
Deuxième remarque, deux mouvements doivent être impérativement distingués : si le retour à Sion demeure une option positive, une démarche volontaire motivée par un engagement sioniste constructif et/ou une volonté de vivre l'expérience unique et sacrée qu'est le retour en Eretz Israël, la tentation consistant à quitter la France, « pays irrécupérable et hostile », est, quant à elle, une attitude négative, au sens étymologique du terme autant que moral, qui participe d'une forme d'abandon, de résignation, finalement, de rémission. Or l'esprit de résistance commande de rester sur place. Mes deux maîtres en politique et en géopolitique, le Général Gallois et Alain Griotteray, deux grands résistants de la première heure, ont toujours enseigné que la résistance commence par la décision de dire non et d'agir sans même se poser la question des chances de réussites, jamais certaines mais jamais totalement nulles.
Face à cette tentation exprimée par nombre de jeunes Juifs, le même responsable du Jewish American Congress s'était emporté devant l'assemblée de l'UPJF qui l'écoutait et avait fait cette remarque édifiante: « Une attitude de démission est une honte, vous n'avez pas le droit de laisser votre pays aux mains des ennemis des Juifs en baissant les bras. Vous devez vous battre, faire entendre votre voix. »
La nouvelle entente judéo-chrétienne
L'autre attitude consistant à rester et combattre dans l'uf le retour éventuel de la bête immonde métamorphosée, entre au contraire dans le cadre d'une réaction globale (1), républicaine et citoyenne, judéo-chrétienne même. Car il faut garder à l'esprit que la nouvelle judéophobie est essentiellement portée, comme l'ont fort bien montré Pierre André Taguieff et Gilles-William Goldnadel, par les milieux pro palestiniens d'extrême gauche et surtout arabo-islamistes, notamment dans les « banlieues de l'Islam ». Dans ces zones hélas de non-droit, où antisémitisme rime souvent avec délinquance et incivisme, les « Chrétiens Gaulois » (Gaouri) - et même les Kabyles convertis au christianisme, comme on l'a hélas vu avec l'agression, début novembre 2003, d'une jeune kabyle arborant une croix sont autant victimes du nouveau racisme anti-occidental que les Juifs. N'oublions pas les leçons du 11 septembre et des deux guerres du Golfe : les islamistes et leurs complices rouges anti-occidentaux en veulent à la fois aux « impérialistes », aux « sionistes », aux « Juifs » et aux « Croisés » (al Yahoud wal Salibiyoun), selon la formule de Ben Laden. De cet autre point de vue, les Juifs ne sont plus seuls.
N'ayons aucun doute sur ce point, l'extrême gauche anti-sioniste radicale tout comme les anti-sionistes arabo-musulmans mettent sur le même plan les Juifs et les Croisés, les évangéliques américains ultra chrétiens qui inspirent George Bush, que les ultra religieux sionistes israéliens. Dans leur démonologie, un Silvio Berlusconi, vantant la « supériorité » du modèle occidental libéral sur l'obscurantisme saoudien et arabo-islamiste ou le Premier Ministre espagnol Aznar déclarant, comme Charles Pasqua, qu'il faut « terroriser les terroristes » d'extrême gauche et indépendantistes basques qui ensanglantent depuis des années l'Espagne.
La nouvelle judéophobie comme élément central du nouvel axe totalitaire rouge-brun-vert
Il est vrai que l'islamisme, en tant que troisième moment du totalitarisme, accomplit d'une certaine manière les deux premiers : prônant la lutte des civilisations et des religions, puis déclarant la guerre au monde judéo-chrétien au nom des « déshérités » du Tiers Monde, l'islamisme séduit tout autant les nostalgiques du troisième Reich païen - décidés à éradiquer le judaïsme et le christianisme - que les partisans de la Faucille et du Marteau, déterminés à en découdre avec ce même Occident judéo-chrétien « bourgeois » et « capitaliste », dont le centre névralgique demeure Manhattan, « quartier général planétaire des mercenaires de la guerre économique et financière que livre l'Amérique au monde » , selon Carlos (2). Point de surprise donc à voir les Bruns, les Rouges et les Verts se féliciter ensemble du drame du 11 septembre 2001 et identifier Ben Laden au nouveau David vert luttant contre le Goliath impérial « américano sioniste ». Point de surprise non plus à voir converger l'enthousiasme activiste de ces trois mouvances totalitaires autour de la lutte « héroïque » menée par les derniers rebelles baasistes et les islamistes chiites d'Irak contre l'occupation américaine de la Mésopotamie, depuis mars 2003.
Alors quid des Juifs de France en particulier ? La nécessité de l'alliance judéo-chrétienne face à l'islamisme
Les Juifs doivent donc rester en France, en Europe, tant qu'ils le peuvent encore sans risquer leurs vies. Ils doivent prendre conscience que personne n'est mieux placé qu'eux pour ouvrir les yeux de leurs concitoyens chrétiens (ou ex-chrétiens) et faire comprendre à ces derniers « qu'après samedi viendra dimanche », ainsi que le disent les islamistes du Hamas aux palestiniens chrétiens, c'est-à-dire que les « Croisés » chrétiens seront la prochaine victime juste après les Juifs... Personne mieux que les Juifs ne peut mieux ressentir l'atmosphère particulière et inquiétante des périodes pré totalitaires et chaotiques. De retour de Turquie à peine trois semaines avant les terribles attentats anti-juifs et anti-britanniques qui frappèrent Istanbul, les 15 et 20 novembre derniers, j'avais été frappé par les propos d'un Arménien stambouliote particulièrement conscient de la montée de l'islamo terrorisme et de l'antisémitisme en Turquie : « ici, en Turquie, les Juifs eux-mêmes commencent à s'inquiéter, cela veut dire que les choses vont s'empirer à nouveau pour nous aussi »...
Maintenant que l'anti-judaïsme de l'Eglise catholique, si longtemps responsable des pires dédouanements et forfaits, a été clairement condamné et aboli par le Pape Jean Paul II, l'homme qui osa déclarer à la grande synagogue de Rome devant le grand Rabbin Toaff, « nous attendrons le Messie ensemble » et qui fut reçu triomphalement en Israël où il posa la main sur le Mur occidental ; maintenant que les Chrétiens et les Juifs sont menacés ensemble dans toute la planète par les mêmes « fascistes verts », les Juifs de France doivent garder présent à l'esprit qu'ils ne sont pas seuls.
Lorsque, notamment, pour faire plaisir à tous et pour ne pas avoir l'air « islamophobes », MM Debré et Raffarin envisagent de supprimer le jour férié de la pentecôte pour mettre à la place un jour férié musulman puis d'interdire tous les signes extérieurs religieux (kippas, croix en pendentifs, étoiles de David et voiles islamiques), alors qu'il faudrait interdire le voile dans les lieux publics en tant que symbole de soumission de la femme et uniforme politico-religieux n'ayant rien à voir avec les kippas ou les croix, Chrétiens et Juifs français sont victimes exactement du même phénomène : la tentation électoraliste islamique appuyée par le politiquement correct ambiant. Les Juifs de France et d'Europe doivent comprendre que les Chrétiens sont autant victimes qu'eux de ces compromissions, ces aggiornamentos islamiques des dirigeants français. La meilleure façon d'enrayer la tentation de l'exil hélas fort compréhensible de nombreux Juifs de France passe par le fait de réaffirmer les valeurs fondamentales de la République et des démocraties occidentales dont Israël, seule démocratie du Proche Orient, est partie intégrante. D'après nous, enfin, ce n'est pas à la République à s'adapter à l'Islam, mais à l'Islam à s'adapter à la République. Ses valeurs ne sont pas négociables.
(1) Le mouvement que j'ai créé avec Rachid Kaci, et présidé par le député de Nice, Jérome Rivière, par ailleurs vice président des amitiés franco-israéliennes au Parlement, mouvement rejoint récemment par quatre autres députés dont Etienne Blanc et François d'Aubert, a d'ailleurs pour vocation de susciter ce type de réaction libérale, occidentaliste à l'intérieur même de l'UMP, afin de contrecarrer par l'action démocratique et le dialogue critique les tentations pro islamistes et pro-arabes radicales de certains leaders de l'UMP.
(2) Carlos, L'Islam révolutionnaire, textes et propos présentés par Jean Michel, p. 96.
Mise au point
Entretien avec Alexandre del Valle
Propos recueillis par David T. Reinharc
Alexandre del Valle, vous avez été mis en cause à plusieurs reprises par la presse de gauche et d'extrême gauche pour votre soi-disant « islamophobie » ou votre « arabophobie ». Certains sont même allés jusqu'à dire que vous veniez de la Nouvelle Droite et du GUD avant de passer chez Pasqua ou Villiers puis de devenir membre de l'UMP et co-fondateur avec Rachid Kaci de la Droite Libre, l'un des courants majeurs de l'UMP rassemblant les libéraux madelinistes et autres partisans d'une droite libérale, ferme, républicaine et occidentaliste. Que répondez-vous ?
Je réponds seulement que je dérange beaucoup à cause de ma vision non complaisante sur l'islamisme et même l'Islam, mes critiques de l'intolérance anti-chrétienne et anti-juive dans le monde arabe, de mon engagement en faveur des Serbes (contre la guerre du Kosovo et le démantèlement de l'ex-Yougoslavie) puis d'Israël, etc. Mais, faute de pouvoir contredire mes thèses (fouillées et fruits de travaux universitaires difficilement attaquables) de façon démocratique, mes détracteurs d'extrême gauche et de gauche n'ont trouvé d'autres solutions que de me créer une généalogie quasi-fascisante : récemment, un site Internet islamo-marxiste, Arabesques, ainsi qu'Oumma. Com, ont même prétendu que mon père serait, tenez vous bien, un « néo-fasciste italien »... Agé de 74 ans, Pied-noir d'ascendance italienne né à Tunis, émigré en Algérie, puis marié à une anti-franquiste espagnole, on fait mieux comme « néo-fasciste » ! Premièrement, l'accusation de gudar ou de néo-droitiste est à la fois insultante et scandaleuse. Manque de chance pour eux, je fais un procès à tous ceux qui osent souiller mon honneur ou celui de ma famille. J'ai déjà gagné un procès contre Libération grâce à mon avocat William Goldnadel. J'ai étudié à Aix-en-Provence, Marseille et Milan. Je n'y ai jamais croisé quelqu'un du GUD. Là-bas, le GUD n'existait pas. J'ajoute que si la revue du GUD a pu vanter, paraît-il, mes premières thèses sur les liens entre Ben Laden et la CIA (cf mon livre de 1997, Islamisme Etats-Unis), cela ne fait pas de moi un des leurs, d'autant que d'autres numéros de leur revue (Jusqu'à Nouvel Ordre) m'ont dénoncé comme un sale sioniste. Désolé pour eux, mais les positions pro-arabes, pro islamistes (il y a de plus en plus d'islamistes dans leurs rangs), pro palestiniennes et antisémites du GUD n'ont jamais été ma tasse de thé. J'ajoute même que si je connais le GUD, c'est surtout parce que ce groupuscule incarne le sujet central de ma thèse de sciences politiques sur les Rouges-Bruns-Verts ! Ayant moi-même été victime de l'antisémitisme de tous ces obsédés du judaïsme et du « Complot juif », et en tant que fils de Pieds-noirs engagé contre l'aggiornamento arabo-islamiste de la France, je vois mal comment on peut m'accuser d'être proche de gens qui représentent tout ce que je rejette et combats ! Il suffit de prendre mes livres, y compris le premier où j'étais encore assez dur avec l'Amérique : j'y dénonce toujours explicitement la Nouvelle Droite néo-païenne et même le GUD (Totalitarisme islamiste). Sans parler de nombreux articles dans Le Figaro, Politique Internationale ou L'Observatoire du Monde Juif où je dénonce l'extrême droite du GUD et du GRECE, l'organisme de la Nouvelle Droite dirigé par Alain de Benoist. Malgré le caractère à la fois totalement faux et stupide de l'accusation, l'officine trotskyste pro palestinienne Ras le Front m'a accusé d'avoir « formé le GUD » du seul fait que l'un des leurs aurait exprimé son intérêt pour mon premier livre dans un forum Internet... Ça fait quand même un peu léger ! Quant à la Nouvelle Droite, je la connais bien, puisque deux profs de Science Po Aix en étaient proches et nous invitaient aux colloques : Christiane Pigacé, anti-chrétienne païenne d'extrême droite, et le politologue pro-arabe d'extrême gauche Bruno Etienne, qui aimait le GRECE et la Nouvelle Droite en raison du tiers-mondisme et du pro arabisme de cette autre mouvance de l'extrême droite. J'ai souvent été à des colloques de cette mouvance. J'ai même parlé dans des conférences où étaient présents des gens de la Nouvelle Droite : or non seulement cela ne fait pas de moi l'un des leurs, mais cela m'a permis de mieux connaître leur pensée rouge-brun-verte, leurs alliances pro islamistes, leur anti-christianisme viscéral. Enfin, on me reproche notamment d'avoir donné des articles à une revue païenne druidique ultraconfidentielle axée sur l'ésotérisme religieux, Muninn, lorsque j'étais étudiant à Aix en Provence. J'y ai analysé (déjà) les liens de l'Occident avec Ben Laden, le statut d'humiliation des Juifs et des Chrétiens en terre d'Islam, puis écrit que la démocratie était une illusion, reprenant mon sujet de mémoire de l'Université de Milan sur la théorie des élites minoritaires de Gaétano Mosca. Depuis quand tout cela constitue-t-il une marque de fascisme ou de filiation à la Nouvelle Droite ? Sachez que j'ai intenté un procès à Canal Plus qui a parlé de cette revue de façon truquée et calomnieuse. J'ai connu la Directrice de publication de Muninn, une fille d'anti-franquistes espagnoles. Il n'y a jamais eu de déclarations antisémites dans cette revue, encore moins pro fascistes. William Goldnadel a dans ses bureaux des articles de Muninn qui attaquent vigoureusement les puissances de l'Axe, le franquisme, le nazisme et le fascisme. J'ajoute aussi que toutes les revues druidiques néo-païennes ne sont pas liées à la Nouvelle Droite. Muninn est liée au mouvement anarchiste européen et au Mouvement druidique des Gaules et a été étroitement liée aux Rose Croix à l'époque où je lui avais remis des textes. La grande astuce de mes détracteurs consiste à monter en épingles tel ou tel évènement et à occulter tout ce que j'ai fait qui pourrait montrer que je n'appartiens à aucune mouvance : mes conférences au centre Karl Marx, parmi les Amis du Monde diplomatique (ce n'est pas ce que j'ai fait de mieux !), ou encore mon adhésion passée à une association liée au PS (Démocratie), etc. Là aussi, plutôt que de m'accuser bêtement, je conseille à mes détracteurs de contacter mon avocat William Goldnadel, qui a rassemblé des centaines d'articles de la Nouvelle Droite ou de revues d'extrême droite qui expriment leur haine de « Del Valle le sioniste ». On pourrait d'ailleurs demander aux intéressés eux-mêmes, les chefs du GUD ou de la Nouvelle Droite, s'ils m'apprécient... En tout cas, dans les publications officielles de la Nouvelle Droite (Cartouche, Krisis, Eléments, etc), les néo païens de la ND dénoncent mes thèses assez violemment et écrivent un moment noir sur blanc que « Del Valle n'appartient pas à notre famille de pensée » et qu' « il est plutôt proche à la fois des sionistes et des catholiques traditionalistes », lesquels ont d'ailleurs récemment repris certains de mes articles dans un numéro spécial. Nul doute que pour le seul fait que l'on retrouve un écrit de moi à côté d'articles de catho-tradi, je troquerai bientôt mon image de « néo païen pro sioniste » contre celle de « sioniste catholique réactionnaire » !

