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Interview de Claude Guéant suite à la polémique sur ses propos relatifs aux civilisations
INTERVIEW - Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a provoqué la polémique en affirmant samedi devant des étudiants proches de l'UNI que «toutes les civilisations ne se valent pas». Ces propos lui ont valu de vives critiques à gauche, alors que plusieurs dirigeants de la majorité l'ont défendu.
LE FIGARO. - Vous attendiez-vous à ce que vos propos soulèvent une telle polémique?
Claude GUÉANT. - Non, pas du tout. Mon propos était général. C'était un discours sur les valeurs républicaines et sur la France. J'ai tenu des propos de bon sens, des propos d'évidence pour rappeler que toutes les civilisations ne se valent pas au regard des valeurs humanistes qui sont les nôtres. Qui peut contester qu'il y a une différence de valeurs entre une civilisation qui favorise la démocratie, qui protège les libertés individuelles et collectives, qui promeut les droits des femmes, et une civilisation qui accepte la tyrannie, qui n'accorde aucune importance aux libertés et qui ne respecte pas l'égalité entre les hommes et les femmes? Je pense qu'il faut défendre clairement ce premier modèle de civilisation.
Nigéria: La christianophobie meurtrière en guise de cadeau de Noël…
Etat le plus peuplé d'Afrique (160 millions d'habitants), divisé entre un Nord majoritairement musulman et un sud chrétien (proportion de 50/50), le Nigéria, qui est par ailleurs le plus grand producteur de pétrole d’Afrique noire, n’est pas n’importe quel pays. Et le fait qu’il soit devenu un haut-lieu de la christianophobie planétaire puis une nouvelle terre d’expansion d’Al-Qaïda, a de quoi inquiéter.
Read MoreA propos de la crise franco-turque et de la loi sur le génocide arménien
Jeudi dernier, l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi de la députée UMP Valérie Boyer pénalisant la contestation de tout génocide, dont celui des Arméniens en 1915. Ce vote, attendu depuis plusieurs années et déjà reporté maintes fois en raison des pressions exercées par Ankara, a provoqué des réactions de colère du Premier Ministre turc Recep Taiyyp Erdogan, qui a rappelé son ambassadeur à Paris et a fustigé la « France de Sarkozy ».
Read MorePrintemps arabe, hiver islamiste? les leçons des premières élections libres en Tunisie, au Maroc et en Egypte
Selon une idée en vogue, le “printemps arabe” aurait consacré la “démocratie musulmane” et devrait balayer à la fois les tyrans corrompus et les terroristes islamistes, dont la violence ne serait qu’une “réaction” aux dictatures militaires. Or cette vision qui présente les "révolutions arabes" comme un bloc unique et idyllique est selon nous fausse. Car ce “printemps arabe”, initié par des jeunes libéraux épris de liberté, de dignité et de laïcité, a vite débouché sur un “hiver islamiste”.
Entre la haine et l'espoir: le nouvel ouvrage de Jean Robin
Avec "Entre la haine et l'espoir", les éditions Tatamis révèlent pour la première fois en français le contenu de nombreuses émissions télévisées diffusées dans le monde arabo-musulman et portant des messages de haine, hélas captées sans le moindre filtre en France via les paraboles et autres satellites.
Read MoreTroubles en Tunisie: interview de Mezri Haddad à France Soir, par Alexandre del Valle
Mezri Haddad, ancien ambassadeur de la Tunisie à l’Unesco qui avait démissionné pour soutenir la révolution ayant renversé Ben Ali, s’inquiète aujourd’hui de l’évolution de cette révolution au profit des islamistes
AdV pour France Soir: Le parti islamiste Ennahda est sorti vainqueur des élections tunisiennes. Partagez-vous l’avis de ceux qui affirment que ce parti serait devenu « démocrate » et qu’il aurait rompu avec toute pensée totalitaire ?
M. H. Je ne partage pas cet avis. Si je ne juge pas les dirigeants d’Ennahda, je constate que son idéologie est fondée sur la confusion totale du religieux et du politique. Elle ne peut donc être que philosophiquement totalitaire.
F.-S. Avez-vous des exemples précis de la volonté des islamistes tunisiens d’instaurer progressivement un régime religieux, liberticide, étouffant les voix discordantes, notamment celles des laïques ?
« Printemps arabe, hiver islamiste » ?, les leçons de la victoire des islamistes d'Ennahda aux élections du 23 octobre dernier en Tunisie
La formule est-elle pertinente? Tout dépend ce que l’on entend par islamiste. Si l’on définit par là les mouvements terroristes ou totalitaires se réclamant de l’islamisme radical salafiste (dans le monde sunnite) ou de la révolution islamique iranienne (chiite), « l’hiver islamiste » n’est pas nécessairement l’expression appropriée, en tout cas pour la Tunisie, où les anti-islamistes veillent au grain (car le parti Ennahda, qui vient de remporter les premières élections libres tunisiennnes, le 23 octobre dernier, devra composer avec eux). L’expression peut paraître également inappropriée en Egypte, où une alliance a déjà été scellée entre les Frères musulmans, qui ont là aussi le vent en poupe, et l’Armée, qui accompagne ce mouvement d'islamisation et l'encadre en même temps. Et a fortiori au Maroc, où l’intelligent roi Mohamed VI a pour l’instant réussi à préserver sa légitimité et son trône face aux révolutionnaires inspirés de l’exemple tunisien, puis à contenir la poussée islamiste radicale en s’appuyant sur les « islamo-conservateurs » soufis, puis ne cédant pas à la tentation périlleuse de réprimer les islamistes du parti de la Justice et du Développement. Mais si l'on entend par "hiver islamiste" tout simplement la progression de l'islam politique, la réislamisation des programmes, des discours, des lois, etc, elle désigne une réalité incontournable dans tout le monde musulman: la réponse à une "demande d'islam" généralisée des masses et des nouvelles élites post-coloniales exclues trop longtemps du pouvoir par les dictateurs soi-disant "anti-islamistes". EN ce sens, "l'hiver islamiste" désigne le second moment des révolutions arabes, celui par lequel le dilemme longtemps insoluble: "la peste de la dictature militaire face au choléra islamiste" a été résolu en faveur du "moins pire" des deux phénomènes: la solution islamique, jugée plus légitime, plus "indigène", plus juste, plus sociale, moins corrompue, et, à l'exemple du "modèle turc", plus "démocratique".
Read MoreLes minorités face à la révolution syrienne, comment sortir du dilemme dictature laïque/ou révolution islamique?
D'après de nombreux commentateurs, la solution qui permettrait au monde arabe et notamment à la Syrie de sortir du dilemme insoluble dictature laïque-nationaliste (genre baas) versus révolution islamque, résiderait dans ce qu'on appelle communément le "modèle turc", c'est-à-dire un régime qui aurait réconcilié l'islam politique, devenu "conservateur" et la démocratie. En théorie, ce modèle proposé par les islamistes tunisiens, lybiens ou égyptiens proches des Frères musulmans est séduisant. Mais les opposants démocratiques des pays arabes attachés à la laïcité, musulmans sunnites ou membres des minorités, y voient parfois un piège, un stratagème conçu par les forces de l'islamisme international pour prendre le pouvoir « par étapes », selon l’expression favorite des Frères musulmans, et faire baisser la garde des forces laïques et de l'Occident... Toute la difficulté pour les démocrates laïques arabes sera de ne pas renoncer à la révolution et même de continuer à y jouer à rôle majeur comme au début, sans pour autant devenir des idiots utiles des Frères musulmans, de loin les plus puissants, organisés, armés, financièrement soutenus et capables de remporter des élections...
Read MoreRévolutions arabes et défi migratroire
L’une des conséquences des révolutions arabes est l’afflux vers l'Eurpe de milliers d’immigrés clandestins en provenance du Maghreb et d’Afrique noire. Ces dernières années, en échange de milliards d’euros, Kadhafi contenait ceux qui transitaient par son pays. Aujourd’hui, la Libye les laisse passer. En cas de chaos révolutionnaire généralisé au Maghreb, la coopération policière avec la Tunisie, l’Algérie ou le Maroc pourrait également voler en éclat et voir le phénomène se généraliser.
Read MoreEt si la Syrie basculait ?
A Deraa, ce week-end, trente manifestants ont été tués par les forces de sécurité syriennes. Dans la presse occidentale, cette ville est présentée comme un haut lieu de la contestation. Or Deraa était jusqu’à peu un fief du parti Baas au pouvoir à Damas. Lorsque la vague révolutionnaire a gagné la Syrie, en février, les clans de Deraa étaient encore fidèles au régime.
Read MoreLes vrais responsables de la lepénisation des esprits
Pourquoi le FN nouveau de Marine Lepen attire-t-il des électeurs de l’UMP et même de gauche ? Répondre que 25 % de Français sont "fascistes" ne tient pas. Selon certains, les Français voudraient ainsi protester contre la non-application du programme présidentiel de 2007, contre l'insécurité, l’islamisme et les communautarismes, la baisse du pouvoir d’achat, imputée à la mondialisation et à l’Europe, puis contre l’immigration incontrôlée, qui les priverait de logements sociaux et menacerait la France.
Read MoreLe syndrome du divorce: Côte d'Ivoire, Belgique, Soudan, Kosovo...
Deux pays paralysés. Deux situations bloquées, apparemment sans issue. Et si une séparation valait mieux qu'un long conflit ?
Après avoir participé à l'infructueux sommet d'Addis-Abeba (Ethiopie), Alassane Ouattara a eu des difficultés à retourner dans son pays. Son adversaire Laurent Gbagbo a décrété vendredi une interdiction de survol de son pays par les vols des Nations unies. Le blocage est complet.
Révolutions et contre-révolutions…
Les révolutions arabes se suivent et ne se ressemblent pas. Nous sommes entrés à la fois dans une phase de radicalisation et de « révolutions dans la révolution » : en Tunisie, les islamistes attendent des élections qu’ils espèrent gagner, tandis que les communistes de l’UGTT se radicalisent par peur de les perdre. Partout, les dictateurs préparent la contre-révolution. Kadhafi achète des milliers de mercenaires africains, distribue des billets aux civils et brandit la menace de la partition, dans ce pays d’1,8 millions de km2 qui était encore divisé en 3 entités dans les années 30. D’Après Khattar Abou Diab, enseignant à Paris XI, Kadhafi agite les épouvantails d’Al-Qaïda, de la partition ou de l’immigration illégale pour contraindre l’Occident à garder des liens avec son régime.
Read MoreDe la dictature à la démocratie, par Alexandre del Valle
De nombreux acteurs des révolutions qui secouent les pays arabes en ce moment s’inspirent d’un manuel révolutionnaire, De la dictature à la démocratie (1993), écrit par l'expert américain Gene Sharp. Ce best-seller mondial traduit en 30 langues, téléchargeable sur internet, http://www.aeinstein.org/organizations/org/FDTD_French.pdf, enseigne les techniques permettant de renverser pacifiquement toutes les dictatures.
Read Morele dilemme égyptien
Le dilemme égyptien
Toute révolution doit être achevée faute de quoi elle tourne à la guerre civile ou finit par être récupérée par les extrêmes, comme on l’a vu en Iran en 1979 avec l’Ayatollah Khomeiny. En Egypte encore plus qu’en Tunisie, le chaos qui s’installait n’était pas viable longtemps. Le pire scénario pour la stabilité au Proche-Orient serait le basculement de ce pays, officiellement allié à Israël, dans le camp islamiste radical. Le Raïs ne pouvait pas faire autrement que de transmettre ses pouvoirs à l’armée, seule structure de pouvoir organisée et encore populaire au sein des populations. Hosni Moubarak ne devait pas être plus « humilié » comme l’a requis son ami le roi d’Arabie saoudite qui a accusé les Etats-Unis d’avoir exercé des pressions "inacceptables et humiliantes" sur le président égyptien.


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