Politique Internationale
Entretien exlusif avec Taslima Nasrin
De passage à Paris, Taslima a répondu aux questions d'Alexandre del Valle pour Politique Internationale. Un témoignage à la fois sincère et touchant. Et qui ne laisse pas indifférent.
Read MoreSOUDAN : LA VOIX DE LA REBELLION
Entretien d'Abdulwahid Al Nour, fondateur du Mouvement de Libération du Soudan (SLM), pour Politique Internationale,
ADV — M. Al Nour, pouvez-vous nous décrire votre parcours ? Dans quel contexte avez-vous fondé le Mouvement de libération du Soudan (SLM) ?
Abdul Wahid Al-Nour — Je suis né en décembre 1968 au Soudan, dans l’ouest du Darfour, dans une petite ville appelée Zalingei. Ma famille est originaire du djebel Marra, dans la province de Torrah, qui a été la capitale du sultanat foiur. du Darfour. Pour comprendre cette région, il faut savoir que le Darfour a été un sultanat indépendant jusqu’en 1916 (1). Nous avons donc une tradition nationale qui nous est propre. J’ai effectué mes études primaires et secondaires à Zalingei, avant d’intégrer le Lycée d’Al Fasher, puis celui de Madani — la deuxième plus grande ville du Soudan et chef-lieu de la région d’Al Ghazira. En 1990, je me suis inscrit à l’Université de Khartoum, dont j’ai été diplômé en droit en 1995. Je suis devenu avocat en 1996.
NAISSANCE D'UN FASCISME ISLAMISTE ?
Au lendemain de la tragédie du 11 septembre, comme lors de chaque vague d'attentats islamistes qui traumatisèrent la France, la dénonciation du terrorisme islamiste est l'occasion de perpétuer le lieu commun du monde islamique "majoritairement modéré" et "ami de l'Occident".
Read MoreROUGES-BRUNS-VERTS: L'ETRANGE ALLIANCE
Le modèle politico-économique occidental - démocratie et économie de marché - a toujours été détesté par les tenants de trois types de totalitarismes : les Rouges (communistes révolutionnaires), les Verts (islamistes radicaux) et les Bruns (nazi-fascistes).
Entretien avec Tassos Papadopoulos, Président de la République de Chypre
Entretien conduit par Alexandre del Valle et Jean Catsiapis
Pour Politique Internationale (février-mars 2008)
Alexandre Del Valle et Jean Catsiapis— Monsieur le Président, à quelques jours de l’élection présidentielle du 18 février, vous restez favori dans les sondages. Pensez-vous que votre popularité soit sortie renforcée du bras de fer qui, en 2004, vous a opposé à l’ONU lors du référendum sur le plan Annan?
Tassos Papadopoulos — Les gens ont, à mon avis, une vision plus globale du bilan de notre gouvernement ; ils ne se limitent pas au plan Annan. En matière économique et sociale, nous avons fait du bon travail. Notre programme électoral a été réalisé à 90 %. À ma connaissance, peu de gouvernements peuvent se vanter d’aussi bons résultats. Si 10 % de nos promesses n’ont pas été tenues, c’est parce que leur mise en œuvre ne dépendait pas exclusivement de nous. Par exemple, nous souhaitions sensibiliser la population aux dangers de la route afin de limiter le nombre d’accidents de la circulation : c’est le genre de chose que le gouvernement ne peut pas faire tout seul car, pour cela, il faut changer la mentalité des gens. Mais, dans d’autres domaines, nos performances sont excellentes.
Pour en revenir au référendum, non seulement j'étais en droit de m’exprimer sur la question mais, en tant que négociateur pour la Communauté chypriote grecque, c’était même mon devoir. Je me devais de dire au peuple ce que je pensais des négociations qui avaient mené au plan Annan. Comme vous le savez, j'y étais fortement opposé. Le fait que 76 % des Chypriotes grecs aient choisi de soutenir ma position n’a aucun rapport avec ma propre personne ou mon parti. Il se trouve que mon point de vue coïncidait avec celui de la majorité des Chypriotes.
Aznar, ou la droite décomplexée, entretien pour Politique Internationale
Les 3 et 9 mars prochains, les Espagnols éliront leurs parlementaires. Le Parti socialiste (PSOE) du premier ministre J.L. Zapatero, apparaît favori. Son principal concurrent sera le Parti populaire (PP, droite libérale), dirigé par Mariano Rajoy. Nombre d’Espagnols estiment pourtant que la droite aurait plus de chances de l’emporter si son ancien leader emblématique, J. M. Aznar*, qui dirigea le gouvernement entre 1996 et 2004, reprenait du service. Mais l’intéressé, dont le nom reste attaché au « miracle économique espagnol », semble avoir définitivement tourné la page… Il enseigne aujourd’hui à la Georgetown University de Washington et sillonne la planète. Son influence morale et intellectuelle sur le PP demeure prégnante, grâce au think tank libéral qu’il dirige, la FAES, dont le rayonnement s’étend jusqu’aux États-Unis et à l’Amérique latine. Une fondation à laquelle il assigne la tâche principale de redonner à la droite sa légitimité face à l’« hégémonie culturelle et intellectuelle » de la gauche. Quatre ans après la fin (provisoire ?) de sa brillante carrière politique, M. Aznar n’a rien perdu de sa détermination... C'est un homme humble, profond et chaleureux, aux antipodes des caricatures forgées par ses adversaires rouges-bruns-verts et par les médias, qui nous a reçu dans les locaux de l'Université de la FAEZ, à Madrid. A.D.V
Alexandre del Valle — Alors que l’Espagne s’apprête à connaître des élections parlementaires déterminantes, vous tirez le signal d’alarme. Selon vous, le pays se trouve sur une pente dangereuse : l’idée même de liberté est remise en question. Cette préoccupation guide votre dernier ouvrage, qui se présente sous la forme d’un recueil de lettres écrites à un jeune Espagnol auquel vous expliquez votre vision politique. En quoi la liberté est-elle en danger en Espagne ?
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Entretien avec Tassos Papadopoulos* - CHYPRE : DEMAIN, LA REUNIFICATION ?
*Président de la République de Chypre depuis février 2003
Depuis l'été 1974 et l'intervention militaire de l'armée turque à Chypre, le sort de cette petite île de la Méditerranée constitue un véritable casse-tête tant pour l'ONU que pour l'Union européenne. Le récent plan de réunification proposé par Kofi Annan (1) fut, en effet, un échec cinglant : accepté par les Chypriotes turcs, ce texte a été rejeté par les Chypriotes grecs lors d'un référendum tenu le 24 avril 2004. Mais l'espoir n'est pas mort pour autant. Ne serait-ce que parce que l'adhésion de Chypre à l'UE, le 1er mai 2004, et les négociations d'adhésion entamées avec la Turquie le 3 octobre 2005 pourraient contribuer à débloquer la situation. Reste, il est vrai, que le gouvernement d'Ankara persiste dans son refus de reconnaître diplomatiquement Nicosie, d'ouvrir ses ports et ses aéroports aux bateaux et avions chypriotes et de mettre fin à l'occupation de la partie nord de l'île
Élu président de la République de Chypre en février 2003 pour un mandat de cinq ans, Tassos Papadopoulos s'est fixé comme objectif la réunification de son pays par une solution juste, viable et fonctionnelle . Sa rencontre avec Kofi Annan, le 28 février 2006 à Paris, a permis d'établir les conditions d'un nouveau tour de négociations entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs. Ces discussions devraient intervenir dans un avenir proche. Sera-ce l'occasion, pour l'homme fort de Nicosie, de rebattre les cartes et de faire enfin triompher une cause en suspens depuis plus de trente ans ?
La Turquie dans l'Europe : une fausse bonne idee ?
Le 8 décembre 2002, prenant acte de la réticence exprimée par nombre d'Européens dont 75 % des Français (1) vis-à-vis de l'intégration de la Turquie dans l'Union, le président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, Valéry Giscard d'Estaing, jeta un pavé dans la mare en déclarant au Monde : « La Turquie est un pays proche de l'Europe, un pays important, qui a une véritable élite, mais (...) sa capitale n'est pas en Europe ; elle a 95 % de sa population hors d'Europe ; ce n'est pas un pays européen » (2).
Read MoreLes rouges, les bruns et les verts, ou la convergence des totalitarismes
Depuis le déclenchement de la seconde Intifada Al Aqsa, en septembre 2000 ; depuis le 11 septembre 2001, qui scella la fin de l’inviolabilité du sanctuaire stratégique américain ; et, surtout, depuis la seconde crise irakienne, qui s’est soldée par le démantèlement du régime de Saddam Hussein, on a pu constater, partout en Occident, l’émergence d’un axe rouge-vert-brun (le rouge de l’extrême gauche, le brun de l’extrême droite et le vert de l’islamisme). Ses différentes composantes ont pour objectif commun de combattre ces nouvelles figures du Mal que seraient l’Amérique, Israël, « l’impérialisme » et même l’Occident dans son ensemble.
Read MoreLa Nouvelle Judéophobie : Pierre André Taguieff
Dans son dernier essai La nouvelle judéophobie, le philosophe et politologue Pierre André Taguieff, qui venait tout juste de commettre un décapant Résister au bougisme, persiste et signe dans son entreprise de résistance à la « pensée unique » et à la « correction politique », lesquelles fonctionnent comme des principes inhibiteurs empêchant, selon lui, de désigner les deux principaux pôles de production idéologique de la nouvelle judéophobie, à savoir l'islamisme radical et les idéologies radicales d'extrême-gauche et tiersmondistes, ces deux pôles ayant désigné comme adversaires principaux premièrement l'Amérique « impérialiste » et deuxièmement son allié sioniste colonialiste, « raciste » et « fasciste ».
Read MoreLe « fascisme islamiste », ou la nouvelle menace totalitaire de l'après guerre froide
Depuis les terrifiants attentats du 11 septembre 2001 attribués au terrorisme islamiste international, les médias comme les politiques et les innombrables « experts » en « islamologie» n'ont jamais autant parlé de l'« islamisme » et de l'Islam en général.
Politique Internationale, été 2002, 13 pages
Read MoreL'islamisation de l'Intifada, ou le fondement religieux du conflit israélo-palestinien
Le processus de paix entamé à Madrid et à Oslo au début des années 90 prévoyait la mise en place d'une « Autonomie palestinienne », embryon d'État doté de compétences propres (1). Depuis 1997, ce processus s'est progressivement grippé.
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